I. Matth. XXVI
Le Jeudi Saint. 4g i
toutes ses forces avec un courage sublime : « Levez-vous, dit-il; marchons; celui qui « me trahit est près d'ici i. »
\\ parlait encore, et tout à coup le jardin est envahi par une troupe de gens armés, portant des flambeaux et conduits par Judas. La trahison se consomme par la profanation du signe de l'amitié. « Judas! tu trahis le Fils « de l'homme par un baiser 2 \ » Paroles si vives et si touchantes, qu'elles auraient dû abattre ce malheureux aux pieds de son Maître ; mais il n'était plus temps. Le lâche n'eût pas osé braver la soldatesque qu'il avait amenée. Mais les ^ens du grand-prêtre ne mettront pas la main sur Jésus qu'il ne l'ait permis. Déjà une seule parole sortie de sa bouche les a renversés par terre ; Jésus permet qu'ils se relèvent; puis il leur dit avec la majesté d'un roi • « Si c'est moi que vous « cherchez, laissez ceux-ci se retirer. Vous « êtes venus avec des armes pour me saisir, « moi qui tous ces jours me tenais dans le (( Temple, sans que vous ayez tenté de m'ar- « rêter * mais c'est maintenant votre heure et « le règne des ténèbres. » Et se tournant vers Pierre qui avait tiré l'épée : « Est-ce que « je ne pourrais pas, si je le voulais, prier <( mon Père qui m'enverrait aussitôt plus de (( douze légions d'Anges ? Mais alors comment « s'accompliraient les Ecritures ^ ? »
Après ces paroles, Jésus se laisse emmener. C'est alors que les Apôtres, découragés et