‹ L'Année liturgique (volume 5)Chapitre 174 sur 249 · PSAUME LXXXVII · texte numérisé non relu

PSAUME LXXXVII

ominï: Deus salutis 1 -jeigneur mon Dieu qui meae : * in die cla- | ^ êtes mon Sauveur, je crie

Le Vendredi Saint,

vers vous le jour et la nuit.

Que ma prière pénètre en

votre présence: inclinez votre

oreille à mes supplications.

Car mon âme est accablée de maux, et ma vie s'avance vers la tombe.

Déjà l'on me met au rang de ceux qui descendent dans le sépulcre ; on me regarde comme un homme sans appui, rangé entre les morts et quitte j de la vie.

I On me considère comme un ! de ceux qui ont été tués et renfermés dans le tombeau, que vous avez effacés de votre mémoire, et que votre main a retranchés du nombre des vivants.

Ils m'ont précipité dans le plus profond de l'abîme; ils m'ont jeté dans les lieux les plus ténébreux, dans les ombres de la mort.

Votre indignation est ve- : nue fondre sur moi, et vous i avez amassé sur moi tous les I flots de votre colère, f Vous avez éloigné de moi ' tous mes proches ; et je suis I devenu pour eux un objet d'horreur.

J'ai été livré sans pouvoir échapper ; mes. yeux, à force de pleurer, sont devenus languissants.

J'ai crié vers vous, Seiizneur, tout le jour: j'ai étendi vers vous mes mains.

Est-ce donc en faveur des

mavi et nocte coram te, Intret in conspectu tuo oratio mea : * inclina aurem tuam ad precem meam.

Quia repleta est malis anima mea: * et vita mea inferno appropinquavit.

iEstimatus sum cum descendentibus in lacum :

* factus sum sicut homo sine adjutorio, inter mortuos liber.

Sicut vulnerati dormientes in sepulchris, quorum non es memor amplius : * et ipsi de manu tua repulsi sunt.

Posuerunt me in lacu inferiori : * in tenebrosis, et in umbra mortis.

Super me confîrmatus est furor tuus : * et omnes fluctus tuos induxisti super me.

Longe fecisti notos meos a me : * posuerunt me abominationem sibi.

Traditus sum, et non egrediebar : * oculi mei langueruntprae inop'i.

Clamavi ad te. Domine, tota die :* expandi ad te manusmeas.

Numquid mortuis fa-

Le Vendredi Saint.

cics mirabilia ? aut mcdici suscitahunt, et confitebuntur tibi ?

Numquid narrabitaliquis in sepulchro misericordlam tuam : * et veritatera tuam in pcrditione?

Numquid cognoscentur in tenebris mirabilia tua : * et justitia tua in terra oblivionis ?

Et ego ad te, Domine, clamavi : * etmaneoratio mea praeveniet te.

Ut quid, Domine, repellis orationem meam :* avertis faciem tuam a me?

Pauper sum ego^ et in laboribus a juventute mea : * exaltatus autem, humiliatus sum et conturbaïus.

In me transierunt irae tuas : ' et terrores tui conturbaverunt me.

Circumdederunt me sicut'aqua tota die : * circumdederunt me bimul.

Elongasti a me amicum et proximum : * et notes meos a miseria.

Ant. Longe fecisti notes meos a me: traditus sum, et non egrediebar.

morts que vous faites vo8pr'>digcs ? Les médecins les ressusciteront-ils pour chanter vos louanges ?

Est-ce dans le tombeau que l'on célèbre vos miséricordes ?

est-ce dans le séjour de la mort qu'on annonce votre v-rité?

Au sein des ténèbres, connaît-on vos merveilles, et votre justice dans la terre de l'oubli ?

Mais moi. Seigneur, j'élève mon cri vers vous : et dès le matin je vous adresse ma prière.

Pourquoi, Seigneur, rejetez-vous mes vœux .•' pourquoi me cachez-vous votre visage ?

Dès ma jeunesse, j'ai été dans la pauvreté et dans les traverses; relevé un moment, je suis tombé dans l'humiliation et le trouble.

Les impressions de voircolère ont pénétré mon âme ; et j'ai été saisi des frayeurs de vos jugements.

Elles m'ont environné tout le jour comme des torrents ; elles m'ont inondé de touteb parts.

Vous avez éloigné de moi mes amis et mes proches; ceux qui me connaissaient n'ont pu soutenir la vue de ma misère.

Ant. Vous avez éloigné de moi tous mes proches: j'ai été livré sans pouvoir échapper.

Le Vendredi Saint.

Le neuvième Psaume appelle la vengeance de Dieu sur ces )uges pervers qui versent le sang innocent, comme si le juste n'avait pas au ciel un témoin de son immolation. Les princes des prêtres, les docteurs de la loi, le lâche Ponce-Pilate, y sont désignés sous les traits des juges iniques que le Psalmiste voue à la colère céleste.

Ant.

LS ont conspire contre la vie du juste, et ils ont condamné le sang innocent.

Ant.C

APTABUNTin

animam justi, et sanguinem innccentem condemnabunt.

LE Seigneur est le Dieu des vengeances : il a fait éclater son pouvoir, le Dieu des vengeances.

Vous qui jugez la terre, montez sur votre siège ; rendez aux superbes ce qu'ils méritent.

Jusques à quand, Seigneur, les pécheurs triompherontils ?

Jusques à quand tous ces ouvriers d'iniquité, ces auteurs de l'injustice se répandront-ils en discours ?

Ils ont écrasé votre peuple, Seigneur, et tenu dans l'oppression vx)tre héritage.

Ils ont tué la veuve et l'étranger, répandu le sang de l'orphelin.

Et ils disent : Le Seigneur ne le verra pas ; le Dieu de Jacob n'en aura pas connaissance.

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