Matth. XXVII, i3, 14. — Luc. xxiii
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croit avoir un trait de lumière. Hérode, tétrarque de Galilée, est en ce moment à Jérusalem. Il faut lui remettre Jésus; il est son sujet; et cette cession d'une cause criminelle débarrassera le gouverneur, en même temps qu'elle rétablira la bonne harmonie entre Hérode et lui.
Le Sauveur est donc traîné dans les rues de Jérusalem, du Prétoire au palais d'Hérode. Ses ennemis Vy poursuivent avec la même rage, et Jésus garde le même silence. Il ne recueille là que le mépris du misérable Hérode, du meurtrier de Jean-Baptiste; et bientôt les habitants de Jérusalem le voient reparaître sous la livrée d'un insensé, entraîné de nouveau vers le Prétoire. Ce retour inattendu de l'accusé contrarie Pilate; cependant il croit avoir trouvé un nouveau moyen de se débarrasser de cette cause qui lui est odieuse. La fête de Pâque lui fournit occasion de gracier un coupable; il va essayer de faire tomber cette faveur sur Jésus. Le peuple est ameuté aux portes du Prétoire; il n'y a qu'à mettre en parallèle Jésus, ce même Jésus que la ville a vu conduire en triomphe il y a quelques jours, avec Barabbas, ce malfaiteur qui est un objet d'horreur pour Jérusalem; le choix du peuple ne peut manquer d'être favorable à Jésus. « Qui voulez-vous que je \^ous délivre, leur dit-il, de Jésus ou de Barabbas ? » La réponse ne se fait pas attendre; des voix tumultueuses s'écrient : « Non Jésus, mais Barabbas! — Que faire donc de Jésus ? reprend le gouverneur interdit. — Crucifiez-le ! — Mais (quel mal a-t-il fait ? Je vais le châtier, et je le ren-
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verrai ensuite. — Non, non; crucificz-lc ' ! )> L'épreuve n'a pas réussi; et la situation tlu lâche gouverneur est devenue plus critique qu'auparavant. En vain il a cherché à ravaler l'innocent au niveau d'un malfaiteur; la passion d'un peuple ingrat et soulevé n'en a tenu aucun conijne. Pilate est réduit à promettre qu'il va faire châtier Jésus d'une manière assez barbare pour étanchcr un peu la soit de sang qui dévore cette populace; mais :1 n'a fait que provoquer un nouveau cri de mort.
N'allons pas plus loin sans offrir au Fils de Dieu une réparation pour l'indigne outrage dont il vient d'être l'objet. Mis en balance avec un homme infâme, c'est ce dernier qu'on lui préfère. Si Pilate essaie par pitié de lui sauver la vie, c'est à condition de lui faire subir cette ignoble comparaison, et c'est en pure perte. Les voix qui chantaient Hosannah au fils de David, il y a quelques jours, ne font plus entendre que des hurlements féroces; et le gouverneur, qui craint une sédition, a osé promettre de punir celui dont il a tout à l'heure confessé l'innocence.
Jésus est livré aux soldats pour être flagellé par eux. On le dépouille avec violence de ses vêtements, et on l'attache à la colonne qui servait pour ces exécutions. Les fouets les plus cruels sillonnent son corps tout entier, et le sang coule par ruisseaux le long de ses menabres divins. Recueillons cette seconde eftusion du sang de notre Rédempteur, par laquelle Jésus expie pour l'humanitc tout