I. Luc. xxni
6o4 L^ Vendredi Saint,
point de ténèbres pour le cœur d'une mère qui rcmpôchcnt de reconnaître son tïls. Le tumulte s'est apaisé depuis (|uc le soleil a dérobe sa lumière, et les soldats ne mettent pas obstacle à ce douloureux rapprochement. Jésus regarde tendrement Marie, il voit sa désolation; et la souffrance de son cœur, qui semblait arrivée au plus haut degré, s'en accroît encore. Il va quitter la vie; et sa mère ne peut monter jusqu'à lui, le serrer dans ses bras, lui prodiguer ses dernières caresses! Madeleine est là aussi, éplorée, hors d'elle-même. Les pieds de son Sauveur
Qu'elle aimait tant, qu'elle arrosait encore e ses parfums il y a quelques jours, ils sont blessés, noyés dans le sang qui en a jailli et qui déjà se fige sur les plaies. Elle peut encore les baigner de ses larmes; mais ses larmes ne les guériront pas. Elle est venue pour voir mourir celui qui récompensa son amour par le pardon. Jean le bien-aimé, le seul Apôtre qui ait suivi son maître jusqu'au Calvaire, est abîmé dans sa douleur; il se rappelle la prédilection que Jésus daigna lui témoigner, hier encore, au festin mystérieux ; il souffre pour le fils, il souffre pour la mère; mais son cœur ne s'attend pas au prix inestimable dont Jésus a résolu de payer son amour. Marie de Cléophas a accompagné Marie près de la Croix; les autres femmes forment un groupe à quelque distance i.
Tout à coup, au milieu d'un silence qui n'était interrompu que par des sanglots, la