I. Matth. xxvn
Le Vendredi Saint. f)o5
voix de Jésus mourant a retenti pour la troisième fois. C'est à sa mère qu'il s'adresse : <( Femme, lui dit-il » ; car il n'ose l'appeler sa mère, afin de ne pas retourner le glaive dans la plaie de son cœur ; « Femme, voilà votre fils ». Il désignait Jean par cette parole. Puis il ajoute, en s'adressant à Jean luimême : « Fils, voilà votre mère i ». Echange douloureux au cœur de Marie, mais substitution fortunée qui assure pour jamais à Jean, et en lui à la race humaine, le bienfait d'une mère. Nous avons exposé cette scène avec plus de détail, au Vendredi de la semaine de la Passion. Aujourd'hui, en cet anniversaire, acceptons ce généreux testament de notre Sauveur, qui par son incarnation nous avait procuré l'adoption de son Père céleste, et dans ce moment nous fait don de sa propre mère.
Déjà la neuvième heure (trois heures de l'après-midi) approche ; c'est celle que les décrets éternels ont fixée pour le trépas de l'Homme-Dieu. Jésus éprouve en son âme un nouvel accès de ce cruel abandon qu'il a ressenti dans le jardin. Il sent tout le poids de la disgrâce de Dieu qu'il a encourue en se faisant caution pour les pécheurs. L'amertume du calice de la colère de Dieu, qu'il lui faut, boire jusqu'à la lie, lui cause une défaillance qui s'exprime par ce cri plaintif: « Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m'avezvous abandonné 2 ? » C'est la quatrième parole ; mais cette parole ne ramène pas la