‹ L'Année liturgique (volume 5)Chapitre 246 sur 249 · Le Samedi Saint · texte numérisé non relu

Le Samedi Saint

Au centre de la terre s'étendent quatre vastes régions où nul homme vivant ne pénétrera jamais ; la révélation divine nous a seule renseignés sur leur existence. La plus éloignée de nous est l'enfer des damnés, séjour épouvantable où Satan et ses anges sont voués, avec les réprouvés de la race humaine, aux flammes vengeresses de l'éternité. C'est l'atfreuse cour du prince des ténèbres, au sein de laquelle il ne cesse de former contre Dieu et contre son œuvre des plans pervers et sans cesse déjoués. Plus près de nous est le limbe où sont détenues les âmes des enfants qui sortirenc de ce monde avant d'avoir été régénérés. Selon la doc- ' trine la plus autorisée dans l'Eglise, les hôtes de ce séjour ne souffrent aucun tourment, et quoiqu'ils ne soient point appelés à voir jamais l'essence divine, ils ne sont pas incapables d'un bonheur naturel et proportionné à leurs désirs. Une troisième région audessus de celle qu'habitent les âmes de ces enfants, est le lieu des expiations où les âmes sorties de ce monde avec le don de la grâce achèvent de purifier leurs souillures, pour être admises à la récompense éternelle. Enfin, plus près de nous encore, est le limbe où le peuple entier des saints qui sont morts depuis le juste Abel jusqu'au moment où le Christ a expiré sur la Croix, est retenu captif sous les ombres. Là sont nos premiers parents, Noé, Abraham, Moïse, David, les Prophètes anciens ; Job, le saint Arabe, et les autres justes de la gentilité; les saints personnages dont la vie tient déjà à celle du Christ : Joachim, père de Marie, et Anne s4

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mère; Joseph, l'Epoux de la Vierge et le Père nourricier de Jésus; Jean, son précurseur, avec ses vertueux parents Zacnarie et Elisabeth

Jusqu'à ce que la porte du ciel ait été ouverte par le sang rédempteur, aucun juste ne peut monter vers Dieu. Au sortir de ce monde, les âmes les plus saintes ont dû descendre dans les entrailles de la terre. Mille endroits de l'Ancien Testament désignent les enfers comme le séjour des justes qui ont le mieux servi et honoré Dieu ; et c'est seulement dans le Nouveau qu'il est parlé du Royaume des Cieux. Cette demeure temporaire ne connaît cependant pas d'autres peines que celles de l'attente et de la captivité. Les âmes qui l'habitent sont pour toujours dans la grâce, assurées d'un bonheur sans fin ; elles supportent avec résignation cette rélégation sévère, suite du pèche ; mais elles voient avec une joie toujours croissante approcher le moment de leur délivrance.

Le Fils de Dieu ayant accepté toutes les conditions de l'humanité, et ne devant triompher que par sa résurrection, et n'ouvrir les portes du ciel que par son Ascension, son âme, séparée du corps par le glaive de la mort, devait descendre aussi dans ces lieux bas de la terre, et partager un moment le séjour des justes exiles. « Le Fils de l'homme, avait-il'dit, sera trois jours dans le cœur de la terre i. » Mais autant son entrée dans ces lieux sombres devait être saluée par les acclamations du peuple saint, autant devait-elle

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