ACTE DE FOI
LA grâce insigne que vous m'avez accordée, ô mon Dieu, en me faisant connaître les plaies de mon âme, m'a révélé toute la profondeur de mes maux. J'ai compris que je n'étais que ténèbres, et quel besoin j'avais de votre divine lumière. Mais si le flambeau de la fui a éclairé pour moi les tristes ombres de ma nature, il m'a fait voir aussi tout ce que votre amour pour une créature ingrate vous a fait entreprendre, dans le but de la relever et de la sauver. C'est pour moi que vous avez pris naissance dans une chair mortelle ; c'est pour moi que, dans ces jours, vous avez versé tout votre sang sur l'arbre de la croix ; tels sont les prodiges de votre bonté que vous m'ordonnez de croire. Je les crois, ô mon Dieul avec autant de soumission que de reconnaissance. Mais je crois aussi d'une foi non moins vive que dans peu d'instants, par le plus ineffable des mystères, vous allez venir vous unir à moi dans votre sacrement. Votre parole est formelle ; malgré le cri de mon indignité, je m'abaisse devant votre souveraine raison. Il n'y a rien de commun entre le Dieu de toute sainteté et ma misère coupable : cependant, vous dites cjuc c'est vous-même qui venez à moi. Je tremble, mais je crois en vous, ô vérité éternelle ! Je confesse que votre amour pour moi est infini, et que rien ne saurait l'arrêter, quand il a résolu de se communiquer à une humble et infidèle créature.