I. MaTTH. XIV
de la Passion.
croiront en lui'; et les Romains viendront et ruineront notre ville et notre nation.
L'un d'eux, nommé Caïphe, qui était le grand-prêtre de cette année-là , leur dit :
Vous n'y entendez rien, et vous ne songez pas qu'il est expédient pour vous qu'un seul homme meure pour le peuple, afin que toute la nation ne périsse pas. Or il ne disait pas ceci de lui-même ; mais, étant grand-prêtre cette année-là , il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation, et non pas pour la nation seulement, mais aussi pour rassembler et réunir les enfants de Dieu qui étaient dispersés. A partir de ce jour, ils songèrent donc à le faire mourir. C'est pourquoi Jésus ne se montrait plus en public parmi les Juifs; mais il s'en alla dans une contrée près du désert, en une ville nommée Ephrem, et il s'y tint avec ses disciples.
eum sic, omnes credent in eum : et venient Romani, et tollent nostrum locum et gentem, Unus autem ex ipsis, Caiphas nomine, eum esset pontifex anni jUius, dixit eis : Vos nescitis quidquam. nec cogitatis quia expedit vobis ut unus moriatur homo pro populo, et non tota gens pereat. Hoc autem a semetipso non dixit ; sed eum esset pontifex anni illius, prophetavit quod Jésus moriturus erat pro gente, et non îantum pro gente, sed ut filios Dei, qui erant dispersi, congregaret in unum. Ab illo ergo die cogitaverunt ut interficerent eum.
Jésus ergo jam non in
Îalam ambulabat apud udaeos, sed abiit in regionem juxta desertum, in civitatem quas dicitur Ephrem, et ibi morabatur eum discipulis
suis.
La vie du Sauveur est menacée plus que jamais. Le conseil de la nation s'est réuni pour aviser à se défaire de lui. Ecoutez ces hommes que la plus vile des passions, la jalousie, a rassemblés. Ils ne nient pas les miracles de Jésus; ils sont donc en mesure de porter un jugement sur sa mission, et ce jugement devrait être favorable. Mais ce n'est pas dans ce but qu'ils sont venus; c'est pour s'entendre sur les moyens de le faire
If) s Le Vendredi de la Seynaine
périr. Que se diront-ils à eux-mêmes? quels sentiments exprimeront-ils en commun pour légitimer cette résolution sanguinaire.'' Ils oseront mettre en avant la politique, l'intérêt de la nation. Si Jésus continue de se montrer et d'opérer des prodiges, bientôt la Judée va se lever pour le proclamer son Roi, et les Romains ne tarderont pas à venir venger l'honneur du Capitole outragé par la plus taible des nations qui soit dans l'Empire. Insensés, qui ne comprennent pas que si le Messie eût dû être roi à la manière de ce monde , toutes les puissances de la terre seraient demeurées sans force contre lui ! Que ne se souviennent-ils plutôt de la prédiction de Daniel, qui a annoncé que dans le cours de la soixante-dixième semaine d'années, à partir du décret pour la réédification du temple, le Christ sera mis à mort, et le peuple qui l'aura renié ne sera plus son peuple 1; qu'après ce forfait un peuple commandé par un chef militaire viendra, et renversera la ville et le temple; que l'abomination de la désolation entrera dans le sanctuaire, et que la désolation s'établira à Jérusalem, pour y demeurer jusqu'à la fin - ! En mettant à mort le Messie, ils vont du même coup anéantir leur patrie.
En attendant, l'indigne pontife qui préside aux derniers jours de la religion mosaïque s'est revêtu de l'éphod, et il a prophétisé, et sa prophétie est selon la vérité. Ne nous en étonnons pas. Le voile du temple n'est pas