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de la Passion, igq
déchiré encore; l'alliance entre Dieu et Juda n'est pas rompue. Caïphe est un homme de sang, un lâche, un sacrilège; mais il est pontife. Dieu parle encore par sa bouche. Ecoutons ce nouveau Balaam : « Jésus mourra pour la nation, et non pour la nation seulement, mais aussi pour rassembler et reunir les enfants de Dieu qui étaient dispersés. » Ainsi la Synagogue expirante est contrainte de prophétiser la naissance de l'Eglise par l'effusion du sang de Jésus ! Çà et là sur la terre il y a des enfants de Dieu qui le servent, au milieu de la gentilité, comme le centenier Corneille; mais aucun lien visible ne les réunit. L'heure approche où la grande et unique Cité de Dieu va apparaître sur la montagne, « et toutes les nations se dirigeront vers elle i ». Après c^ue le sang de l'alliance universelle aura été répandu, après que le sépulcre aura rendu le vainqueur de la mort, cinquante jours seront à peine écoulés, que la trompette sacrée de la Pentecôte convoquera, non plus les Juifs au temple de Jérusalem, mais tous les peuples à l'Eglise de Jésus-Christ. Caïphe ne se souvient plus déjà de l'oracle qu'il a lui-même proféré ; il a fait rétablir le voile du Saint des Saints qui s'était déchiré en deux, au moment où Jésus expirait sur la croix ; mais ce voile ne cache plus qu'un réduit désert. Le Saint des Saints n'est plus là; « on offre maintenant en tout lieu une hostie pure - », et les vengeurs du déicide n'ont pas encore apparu, avec leurs