Cant. u
Préface générale.
réveiller aux accents de cette solennelle prière qu'ils ont répétée si longtemps ! Puissent la foi et la munificence des fidèles faire revivre les prodiges de ces siècles passés, qui ne furent si grands que parce que les institutions publiques elles-mêmes rendaient alors hommage à la toute-puissance de la prière !
Mais cette prière liturgique deviendrait bientôt impuissante, si les fidèles la laissaient retentir sans s'y joindre de cœur, quand ils ne peuvent y prendre une part extérieure. Elle ne vaut pour le salut des nations qu'autant qu'elle est comprise. Dilatez donc vos cœurs, enfants de l'Eglise catholique, et venez prier de la prière de votre mère. Venez par votre adhésion compléter cette harmonie qui charme l'oreille de Dieu. Que l'esprit de prière se ranime à sa source naturelle. Laissez-nous vous rappeler cette exhortation de l'Apôtre aux premiers fidèles: Que la paix du Christ tressaille dans vos cœurs ; que le Verbe du Christ habite en vous en toute sagesse ; et vous-mêmes instruisez-vous et exhortez-vous mutuellement dans les Psaumes, les Hymnes et les Cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs, par sa grâce l.
Assez longtemps, pour remédier à un malaise vaguement senti, on a cherché l'esprit de prière et la prière elle-même dans des méthodes, dans des livres qui renferment, il est vrai, des pensées louables, pieuses même, mais des pensées humaines. Cette nourriture est vide ; car elle n'initie pas à la prière de l'Eglise : elle isole au lieu d'unir.
i. Col. m, i5, 16.