Ibid. xliv
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plation, la prière liturgique est tantôt le principe, tantôt le résultat des visites du Seigneur.
Mais elle est surtout divine en ce qu'elle est à la fois le lait des enfants et le pain des forts ; en ce que, semblable au pain miraculeux du désert, elle prend à la fois tous les goûts de ceux qui s'en nourrissent. Ceux même qui ne sont pas du nombre des enfants de Dieu, admirent quelquefois en elle cette incommunicable propriété, et conviennent que l'Eglise catholique seule connaît les mystères de la prière ; et c'est parce qu'il n'y a pas à proprement parler de prière liturgique chez les protestants, qu'ils n'ont pas non plus d'écrivains ascétiques. Sans doute, le divin Sacrement de l'Eucharistie étant le centre de la Religion, son absence suffirait bien pour rendre raison de ce défaut absolu d'onction qui caractérise tous les produits de la Réforme ; mais la Liturgie est tellement liée à l'Eucharistie dont elleïorme la glorieuse auréole, que les Heures Canoniales ont cessé, et devaient cesser en effet partout où le dogme de la Présence réelle était aboli.
Jésus-Christ même est donc le moyen, aussi bien que l'objet de la Liturgie, et c'est pourquoi l'Année Ecclésiastique que nous nous proposons de développer dans cet ouvrage, n'est autre que la manifestation de Jésus-Christ, et de ses mystères dans l'Eglise et dans l'âme fidèle. C'est là le Cycle divin où rayonnent à leur place toutes les œuvres de Dieu : le Septénaire de la Création ; la Pâque et la Pentecôte de l'ancien peuple ;
Préface générale.
l'ineffable Visite du Verbe incarné, son Sacrifice, sa Victoire ; la descente de son Esprit ; ta divine Eucharistie ; les gloires inénarrables de la Mère de Dieu, toujours Vierge ; la splendeur des Anges; les mérites et les triomphes des Saints : en sorte que l'on peut dire qu'il a son point de départ sous la Loi des Patriarches, ses progrès dans la Loi écrite, sa consommation toujours croissante sous la Loi d'amour, jusqu'à ce qu'étant enfin com-
Elet, il s'évanouisse dans l'éternité, comme la oi écrite tomba d'elle-même, au jour où l'invincible force du Sang de l'Agneau déchira en deux le voile du Temple.
Combien nous voudrions pouvoir raconter dignement les merveilles saintes de ce Calendrier mystique, dont l'autre n'çst que la ligure et l'humble support ! Que nous serions heureux de faire bien comprendre toute la gloire qui revient à l'auguste Trinité, au Sauveur, à Marie, aux Esprits bienheureux et aux Saints, de cette annuelle commémoration de tant de merevilles! Si l'Eglise renouvelle chaque année sa jeunesse, comme V aigle'1, c'est parce que, au moyen du Cycle liturgique, elle est visitée par son Epoux dans la proportion de ses besoins. Chaque année, elle le revoit enfant dans la crèche, jeûnant sur la montagne, s'offrant sur la croix, ressuscitant du sépulcre, fondant son Eglise et instituant ses Sacrements, remontant à la droite de son Père, envoyant l'Esprit-Saint aux hommes; et les grâce's de ces divins mystères se renouvellent tour à tour en elle, en sorte que, fé-
i. Psalm. eu.
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condé selon le besoin, le Jardin de l'Eglise envoie à l'Epoux en tout temps, sous le souffle de V Aquilon et de VA.uster, la délicieuse senteur de ses parfums1. Chaque année, l'Esprit de Dieu reprend possession de sa bien-aimée, etlui assure lumière et amour; chaque année, elle puise un surcroît de vie dans les maternelles influences que la Vierge bénie épanche sur elle, aux jours de ses joies, de ses douleurs et de ses gloires ; enfin, les brillantes constellations que forment dans leur radieux mélange les Esprits des neuf chœurs et les Saints des divers ordres d'Apôtres, de Martyrs, de Confesseurs et de Vierges, versent sur elle chaque année de puissanfs secours et d'inexprimables consolations.
Or, ce que l'Année Litur^que opère dans l'Eglise en général, elle le répète dans l'âme de chaque "fidèle attentif, à recueillir le don de Dieu. Cette succession des saisons mystiques assure au Chrétien les moyens de cette vie surnaturelle, sans laquelle toute autre vie n'est qu'une mort plus ou moins déguisée; et il est des âmes tellement éprises de ce divin successif qui se déploie dans le Cycle catholique , qu'elles arrivent à en ressentir physiquement les évolutions , la vie surnaturelle absorbant l'autre , et le Calendrier de l'Eglise celui des astronomes.
Puissent donc les lecteurs catholiques de cet ouvrage se garder de cette tiédeur de la foi, de ce sommeil de l'amour qui ont presque effacé le Cycle qui fut autrefois, et qui doit