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LE MERCREDI

DE LA QUATRIÈME SEMAINE DE L'AVENT

Prope est jam Dominus : venite, aduremus.

De Isaia Propheta.

Cap. LL

AUDITE me, qui sequimini quod iustum est, et quaeritis Dominum : attendue ad petram unde excisi estis. et ad cavernam laci, de qua pra;cisi estis. Attendue ad Abraham patrem vestrum, et ad Saram quse peperit vos ; quia unum vocavi eum, et benedixi ei, et multiplicavi eum. Consolabitur ergo Dominus Sion, et consolabitur omnes ruinas ejus, et ponet desertum ejus quasi delicias, et solitudinem ejus quasi hortum Domini.

Gaudium et laetitîa invenietur in ea, gratiarum actio, et vox laudis.

Attendite ad me, popule meus, et tribus mea, me nudité : quia lex a me exiet, et judicium meum in lucem populorum requiescet. Prope est Justus meus, egressus est

LE Seigneur est déjà pr che : venez, adorons-le,

Du Prophète Isaïe.

Ckap. LI.

Ecoutez-moi, vous qui suivez la justice et qui cherchez le Seigneur.

Rappelez-vous la pierre de laquelle vous avez été taillés, et la carrière profonde d'où vous avez été tirés.

Jetez les yeux sur Abraham votre père, et sur Sara qui vous a enfantés ; considérez que je l'ai appelé lorsqu'il était seul, et je l'ai béni, et je l'ai multiplié. Ainsi le Seigneur consolera Sion, et il consolera toutes ses ruines ; il changera son désert en un lieu de'délices, et sa solitude en un jardin du Seigneur.

On y trouvera la joie et l'allégresse, l'action de grâces et la voix de louange.

Ecoute-moi. 6 mon peuple !

nation que j'ai choisie, entends ma voix : car la loi sortira de moi, et ma justice éclairera les peuples, et se reposera parmi eux. Mon Juste est proche, le Sauveur que j'envoie va paraître ; et

Le Quatrième Mercredi de F A vent. 2 83

mes bras jugeront les peuples : les îles m'attendront, et supporteront les délais de mon bras. Levez vos yeux au ciel, et abaissez-les vers la terre ; car le ciel se dissipera comme une fumée, et la terre s'en ira en poudre comme un vêtement usé, et ses habitants périront comme elle ; mais le Salut que je donnerai sera éternel, et ma justice ne manquera jamais.

Salvator meus, et brachia mea populos judicabunt : me insula:

exspectabuot,et brachium meum sustinebunt. Levate in cœlum oculos vestros, et videte sub terra deorsum : quia cœli sicut fumus liquescent, et terra sicut vestimentum atteretur, et habitatores ejus sicut haec interibunt : Salus autem mea in sempiternum erit, et justifia mea non deficiet.

O vous, qui êtes la Fleur des champs et le Lis des vallons, vous venez donc transformer notre terre ingrate et aride en un jardin de délices. Par notre péché, nous avions perdu Eden et toutes ses magnificences; et voilà que cet Eden nous est rendu ; voilà que vous venez l'établir dans notre coeur. O plante céleste ! arbre de vie transplanté du ciel en terre, vous prenez d'abord racine en Marie, cette terre fidèle, et vous viendrez ensuite chercher en nous un sol reconnaissant qui vous garde et vous fasse fructifier. Préparez ce sol, divin agriculteur ! vous que la pécheresse pardonnée aperçut un jour sous la forme d'un jardinier. Vous savez combien il manque encore à nos cœurs, pour être propres à vos desseins. Remuez, arrosez cette terre, la saison est venue; elle ne voudrait pas être stérile, ni se voir privée de posséder cette riche Fleur qui fait la gloire du ciel, et qui daigne venir cacher un moment son éclat ici-bas. O Jésus ! faites que nos âmes

L'A vent.

soient fertiles, qu'elles se couronnent de la lîeur des vertus; qu'elles-mêmes deviennent autant de rieurs,* qu'elles soient du nombre de celles qui, croissant autour de la vôtre, préparent à l'œil du Père céleste un jardin digne d'être uni à celui qu'il a plante dans l'éternité. O Fleur céleste ! vous êtes aussi la rosée, gardez-nous de la sécheresse ; vous êtes le soleil, gardez-nous de la froidure ; vous êtes l'odorant parfum, communiquez-nous votre suavité ; vous êtes la souveraine beauté, Fleur blanche et pourprée, faites que nous soyons radieux autour de vous dans l'éternité, comme la couronne que vous avez conquise.

HYMNE DE PREPARATION A NOeL.

(Composée par saint Ambroise, elle est aux premières Vêpres de Noël au Bréviaire Ambrosienj et dans les anciens Bréviaires Romains- 1 rançais.)

Venu Redemptor gentium.

Ostende partum Virgi-

nis ; Miretur omne saeculum.

Talis decet partus Deum.

Non ex virili semine, Sed mvstico spiramine, Verbum Dei factus est

caro Fructu>quj ventris flo-

ruit.

A vu- tumescit Virginia-

Venez , Rédempteur des nations ; montrez-nous l'enfantement d'une Vierge ; que tous les siècles soient dans l'étonnement : cet enfantement sied à un Dieu.

Ce n'est point l'œuvre de l'homme ; c est par le souffle mystique de l'Esprit divin

?|ue le Verbe de Dieu s'est rit chair, que le fruit des entrailles a fkuri.

gne da la maternité se révèle en la

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le sceau de la pudeur est demeuré intact ; l'étendard de la puissance se déploie ; Dieu habite dans son temple.

Il sort de son secret sanctuaire, royal palais de la pudeur ; Géant aux deux natures, il court sa voie à pas de conquête.

Il est sorti du Père ; il est remonté au Père ; il plonge jusqu'aux enfers, il reparait sur son trône de Dieu.

Fils égal à l'éternel Père, revêtez les trophées de la chair ; affermissez par votre vertu toujours vivante les défaillances de notre corps.

Déjà resplendit votre crèche ; dans la nuit s'exhale une lumière nouvelle, que jamais l'ombre n'obscurcira :

c'est l'éternelle splendeur de la foi.

Gloire à vous, Se qui êtes né d'une vierge, gloire avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles sans fin !

Amen.

Claustra pudoris permanent, Vexilla virtutum micant, Versatur in templo Deus.

Procedit e thalamo

suo, Pudoris aula regia, Geminœ gigas substan-

tiœ, Alacris ut currat viam.

Egressus ejus a Pâtre, Regressus ejus ad Pa-

trem ; Excursus usque ad infe-

ros, Recursus ad sedem

Dei.

vEqualis œterno Patri, Carnis trophaeo cingere ; Infirma nostri corporis Virtute firmans perpeti.

Prœsepe jam fulget

tuum, Lumenque nox spirat

novum, Quod nulla nox inter-

polet, Fideque jugi luceat.

Gloria tibi. Domine, Qui natus es de Virgine, Cum Pâtre et Sancto

Spiritu, In sempiterna saecula.

Amen.

L'A vent.

PRIERE DV MISSEL MOZARABE

(Au I" Dimanche de l'A vent.)

Domine Deus omnipotens, qui prohumani generis redemptionecoaeternum tibi cooequalemque Filium Angeli annuntiatione per Marias Virginis uterura usque ad nos vo:uisti transmittere ; da nobis hoc terapore Adventus tui Unigeniti eamdem pacis gratiam, quam in praeterita largire dignatus es sascuia, et illis nos in occursum fidei socies numerandos, quos in fidei primordio a Joanne pcenitentiœ undis aquarum abluto*, a te postremo per Filium in Spiritu Sancto et igni cognoscimus baptizatos.

Seigneur, Dieu tout-puissant, qui, pour la Rédemption du genre humain, avez voulu, par le message d'un Ange, faire descendre jusqu'à nous dans le sein de la Vierge Marie, votre Fils, éternel comme vous et égal à vous ; accordez-nous, en ce temps de l'Avènement de ce Fils unique, la même grâce de paix que vous avez daigné octroyer aux siècles pa«sés, et comptez-nous au nombre de ceux qui allèrent au-devant de lui par la foi, alors que celte foi commençait, et qui, lavés par Jean dans leseauxde la pénitence, furent plus tard baptisés par votre Fils dans l'Esprit- Saint et dans le feu.

t^tâktôti^#&»$NP&»&

LE JEUDI

DE LA QUATRIEME SEMAINE DE LAVENT

LE Seigneur est déjà proche :

venez, adorons-le.

Du Prophète Isaïe.

Çkap. LXIV.

OH ! si vous vouliez ouvrir les cieux et en descendre ! les montagnes fondraient devant votre face :

elles se dessécheraient comme dévorées par le feu ; les eaux seraient embrasées, et votre nom se signalerait devant vos ennemis; les nations trembleraient devant votre face.

Lorsque vous feriez éclater vos merveilles, nous ne les pourrions soutenir. Vous êtes descendu, et les montagnes se sont écoulées devant vous. Depuis le commencement du monde , les oreilles n'ont point entendu, l'œil n'a point vu, hors vous seul, ô Dieu ! ce que vous avez préparé à ceux qui vous attendent. Vous êtes allé audevant de ceux qui étaient dans la joie et qui vivaient dans la justice : ils se souviendront de vous en marchant dans vos voies. Vous vous êtes irrité , parce que

rope est jam Dominus : venite, adore-

Cap. LXIV.

Utinam dirumperes cœlos, et descenderes ; a facie tua montes defluerent ; sicut exustio ignis tabescerent : aquas ardèrent igni, ut notum fieret nomen tuum inimicis tuis ; a facie tua Gentes turbarentur. Quum feceris mirabilia , non sustinebimus : descendisti. et a facie tua montes defluxerunt. A saeculo non audierunt , neque auribus perceperunt :

oculus non vidit, Deus, absque te . quae prasparasti exspcctantibus te.

Occurristi laetanti , et facienti justitiam : in viis tuis recordabuntur tui : ecce tu iratus es , et peccavimus , in ipsis fuimus semper, et salvabimur. Et facti sumus ut immundus omnes nos, et quasi pannus menstruatœ uni versa; iustitiae nostra? :

L'A vent.

etcecidimus quasi folium universi , et iniquitates nostrœ quasi ventus abstulerunt nos. Non est qui invocet nomen tuum , qui consurgat, et teneat te : abscondisti faciem tuam a nobis, et allisisti nos in manu iniquitatis nostne. Et nunc. Domine, pater noster es tu .

nos vero lutum : et fîctor noster tu. et opéra manuum tuarum omnes nos.

Ne irascaris , Domine , satis. et ne ultra memineris iniquitatis nostras :

eccf respice , populus tuus omnes nos. Civitas sancti tui facta est déserta, Sion déserta facta est, Jérusalem desolata est. Domus sanctificationis nostra?. et gloriae nostra?, ubi laudaverunt te patres nostri, facta est in cxustionem ignis : et omnia desiderabilia nostra versa sunt in ruinas.

nous avons pèche : nou;; avons toujours été dans les péchés , et néanmoins nous serons sauvés. Et nous sommes tous devenus comme un homme impur, et toutes nos justices sont comme le linceul le plus souillé ; et nous sommes tous tombés comme la feuille, et, comme un vent impétueux , nos iniquités nous ont enlevés et dispersés.

Il n'est personne qui invoque votre nom. qui se lève et qui se tienne attaché à vous.

Vous avez caché votre face à nos regards , et vous nous avez brisés par la main de notre iniquité. Et cependant.

Seigneur , vous êtes notre Père, et nous ne sommes que de l'argile ; c'est vous qui nous avez formés , et nous sommes tous l'ouvrage de vos mains. Ne vous irritez plus, Seigneur: c'est assez, et ne vous souvenez plus de notre Jetez

iniquité. Jetez les yeux sur nous, et considérez que nous sommes tous votre peuple. La cité de votre Sanctuaire est devenue déserte: Sion est changée en solitude, Jérusalem est désolée. La maison de notre culte et de notre gloire, où nos pères chantèrent vos louanges, est devenue la proie des flammes, et tout ce que nous aimions a été converti en ruines.

O Dieu de nos pères! paraissez bientôt. La cité que vous aimez est dans la désolation! Venez relever Jérusalem et venger la gloire de son temple. C'est le cri du Prophète : et vous l'avez entendu, et vous êtes venu déli-

Le Quatrième Jeudi de l'A vent. 28g

vrer Sion de la captivité, et ouvrir pour elle une ère de gloire et de sainteté. Vous êtes venu, non détruire la loi, mais l'accomplir; et, par votre visite, Sion transformée est maintenant l'Eglise votre Epouse. Mais, o Sauveur ! ô Epoux ! pourquoi avez-vôusdétourné votre face ? Pourquoi cette Eglise qui vous est chère est-elle assise au désert, pleurant comme Jérémie sur les ruines du Sanctuaire, comme Rachel sur ses enfants, parce qu'ils ne sont plus ? Pourquoi son héritage a-t-il été livré aux nations ? Mère devenue" féconde par votre vertu, elle avait allaité d'innombrables enfants ; elle leur avait enseigné en votre nom les choses de la vie présente et les choses de la vie future ; et voilà que ces enfants ingrats l'ont délaissée. Chassée de pays en pays, elle s'est vue contrainte de transporter d'un lieu dans un autre le flambeau de la divine Foi ; ses mystères ont cessé d'être célébrés dans les lieux mêmes où autrefois ils étaient l'amour des peuples ; et du haut du ciel, 6 Verbe créateur de l'univers, vous apercevez par toute la terre des autels brisés, des temples profanés. Oh ! venez donc ranimer la Foi qui s'éteint.

Souvenez-vous de vos Apôtres et de vos Martyrs ; souvenez-vous de vos Saints qui ont fondé les Eglises, qui les ont honorées par leurs vertus'et leurs miracles ; souvenezvous enfin de votre Epouse, et soutenez-la dans le pèlerinage qu'elle accomplit ici-bas. jusqu'à ce que le nombre des de vos élus soit complet. Sans doute, elle aspire, cette Epouse, à vous voir à jamais dans la lumière du jour éternel ; mais le cœur de mère que vous lui

L 'A vent.

avez donné ne peut se résoudre à laisser ses enfants au milieu de tant de périls, tant que l'heure n'a pas sonné, après laquelle il n'y aura pius d'Eglise militante, mais la seule Eglise triomphante, enivrée de votre présence, ô Jésus, et de vos caresses éternelles. Mais, ô SauveurI cette heure fatale n'est pas venue ; pendant qu'il est temps encore, abaissez les cieux, descendez, venez à nous. Retenez aux rameaux de l'arbre ces feuilles que le vent de l'iniquité en avait détachées. Qu'il pousse de nouvelles branches, cet arbre que vous aimez ; que celles qui sont tombées par leur faute, et qui étaient déjà préparées pour le feu, soient de nouveau, par votre puissance, rattachées à ce tronc maternel qui se sentit déchiré cruellement au jour de la scission. Venez pour votre Eglise, ô Jésus ! Elle vous est plus chère encore que ne fut l'ancienne Jérusalem.

HYMNE TIREE DE l'aNTHOLOGIE DES GRECS.

(Au xxi Décembre.)

ACERvus arese utérus . tuus, Dei Mater, dignoscitur ; spicam inexcultam, omnem sensum superantem , Yerbumferens ineffabiliter :

quod in spelunca Bethlehem paries eum qui omnem creaturam divina agnitione aliturus est in charitate.et a famé lethifera humanum genus liberaturus.

Votre sein, ô Mère de Dieu ! est le monceau de froment qui, d'une manière ineffable, porte l'épi non semé, le Verbe de Dieu que vous enfanterez dans la grotte de Bethléhem ; lequel, par sa divine apparition, doit nourrir toute créature en la charité, et délivrer le genre humain d'une mortelle famine.

Le Quatrième Jeudi de VAvent. 2g i

O Vierge intacte , d'où venez -vous ? Qui vous a engendrée ? Quelle est votre mère ? Comment pouvez-vous porter le Créateur en vos bras ? Comment votre sein n'a-t-il éprouvé aucune souillure ? Nous voyons s'accomplir en vous de grandes grâces, de redoutables mystères, ô vous toute sainte !

Nous préparons , suivant notre devoir , la grotte de votre enfantement; nous demandons au ciel l'étoile mystérieuse. Voici que les Mages s'avancent de la terre d'orient à l'occident , pour voir le Salut des mortels briller comme un flambeau lumineux dans vos bras.

O vous qui êtes le brillant palais du Maitre , comment venez-vous dans une chétive étable, mettre au monde le Roi , le Seigneur incarné pour nous, o Vierge toute sainte, épouse du grand Dieu!

Eve, par le péché de désobéissance, introduisit ici-bas la malédiction ; mais vous, o Vierge Mère de Dieu ! par l'excellence de votre fécondité, vous avez fait fleurir au monde la bénédiction ; c'est pourquoi nous vous célébrons tous.

Ne t'attriste point, ô Joseph, en regardant mon sein; car tu verras celui qui doit naître de moi . et tu seras dans la joie ; tu l'adoreras

Innupta Virgo, unde venis ? Quis te genuit ?

Quas mater tua ? Quomôdo Creatorem fers in brachiis ? Quomodo non corrupta fuisti utero ?

Magnas in te gratias, in terra stupenda adimpleta cernimus mvsteria , o Omnisancta. Prout decet speluncamadornamus, et a ccelo petimus sidus ; Magi progrediuntur ab oriente orbis usque ad occidentem, Salutem visuri mortalium, tuis in brachiis sicut facem praslucentem.

Lucidum Magistri palatium, quomodo venis in exiguissimam speluncam , Regem paritura Dominum , Omnisancta, Virgo Dei sponsa.

Eva quidem per inobedientiae nocumentum exsecrationem subintroduxit ; tu autem, Virgo Dei Mater, per tua; gestationis germinationem mundo florere fecisti benedictionem ; unde omnes te magnificamus.

Ne contristeris , Joseph, meum intuens uterum ; videbis enim qui ex me nasciturus est atque gaudebis , eumque sicut

L'A vent.

Deum adorabis. aiebat Dei Mater suo sponso , dum Christum paritura veniret. Illam commerrîoremus dicentes : Gaude, gratia plena , Dominus tecum, et per te nobiscum.

comme un Dieu . disait !a divine Mère à son époux .

comme elle allait pour enfanter le Christ. Célébrons s-a douce mémoire et disons :

Réjouissez-vous, ô pleine de grâces ! le Seigneur est avec vous, et par vous, avec nous.

PRIERE DU MISSEL AMBROSIEN

(En la Messe du premier Dimanche de l'A vent.)

P\eus , qui Unigenito *-' tuo novam creaturam nos tibi esse fecisti, respice propitius in opéra misericordiae tuas, et in ejus Adventu ab omnibus nos maculis vetustatis emunda. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

f~\ Dieu , qui , par votre ^-"^ Fils unique, avez fait de nous des créatures nouvelles, regardez avec bonté les œuvres de votre miséricorde, et daignez, dans 1 Avènement de ce divin Fils , nous purifier de toutes nos anciennes taches. Par le même Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

LE VENDREDI

DE LA QUATRIÈME SEMAINE DE l'aVENT.

E Seigneur est déjà proche :

, venez, adorons-le.

Du Prophète Isaïe.

Chap. LXVI.

ECOCTEZ la parole du Seigneur , vous qui l'entendez avec tremblement.

Vos frères qui vous haïssent et vous rejettent à cause de mon nom, vous ont dit: Que le Seigneur fasse paraître sa gloire en vous, et nous le reconnaîtrons dans votre joie ; mais eux-mêmes seront couverts de confusion. Voix du peuple dans la cité ! Voix qui vient du temple ! Voix du Seigneur qui rend à ses ennemis ce qu'ils méritent \ Sion a enfanté avant d'être en travail : elle a mis au monde un enfant mâle avant le jour de l'enfantement. Qui jamais entendit chose semblable ? Qui jamais vit rien de pareil ? La terre produitelle son fruit en un seul jour ? Tout un peuple est-il engendré en même temps?

Et cependant Sion, dans un même instant, a été en travail, et a enfanté ses hls.

Moi qui fais enfanter les autres, n'enfanterai-je point !

Prope est jam Dominus : venite, adoremus.

De Isaia Propheta.

Cap. LXVI.

AUDITE verbum Domini . qui tremitis ad verbum ejus. Dixerunt fratres vestri odientes vos , et abjicientes propter nomen meum :

Glorificetur Dominus, et videbimus in laetitia vestra : ipsi autem confundentur. Vox populi de civitate, vox de templo, vox Domini reddentis retributionem inimicis suis.

Antequam parturiret, peperit : antequam venerit partus ejus, peperit masculum. Quis audivit unquam taie ? Et quis vidit huic simile ? jsumquid parturiet terra in die una ? aut parietur gens simul, quia parturivit et peperit Sion filios suos ?

Numquid ego qui alios parère facio , ipse non pariam, dicit Dominus ?

Si ego, qui generationem casteris tribuo, sterilis ero , ait Dominus Deus tuus ? Laetamini

L'A vent.

cum Jérusalem, et exsultate in ea. omnes qui diligitis eam : gaudete cum ea gaudio universi, qui lugetis super eam : ut sugatis et repleamini ab uhere consolationis eius:

ut mulgeatis, et deliciis affluatis ab omnimoda gloria ejus. Quia hjec dicit Dominus : Ecce ego declinabo super eam quasi fluvium pacis, et quasi torrentem inundantem gloriam Gentium. quam sugetis : ad ubera portabimini, et super genua blandientur vobis. Quomodo si cui mater blandiatur, ita ego consolabor vos , et in Jérusalem consolabimini.

Videbitis . et gaudebit cor vestrum, et ossa vestra quasi herba germinabunt : et cognoscetur manus Domini servis ejus, et indignabitur inimicis suis. Quia ecce Dominus in igné veniet, et quasi turbo quadrigœ ejus : reddere in indignatione furorem suum.

et increpationem suam in flamma ignis : quia in igné Dominus dijudicabit : et in gladio suo ad omnem carnem, et multiplicabuntur interfecti a Domino, son char sera comme

dit le Seiqui donne aux

aussi moi-même, gneur ? Moi

autres la fécondité, demeurerai-je stérile . dit le Seigneur, ton Dieu ? Réjouissezvous avec Jérusalem, soyez dans l'allégresse avec elle , vous tous qui l'aimez : unissez votre joie à la sienne, vous tous qui pleuriez sur elle : et vous sucerez, et vous tirerez de ses mamelles le lait de ses consolations : vous trouverez une abondance de délices dans la gloire qui l'environne de toutes parts.

Car le Seigneur a parlé et a dit : Voici que j'épancherai sur ;lle comme un fleuve de paix ; je répandrai sur elle la gloire des nations comme un torrent qui se déborde. Vous sucerez son lait ; on vous portera à la mamelle, et on vous caressera sur les genoux , comme une mère caresse son enfant ; ainsi je vous consolerai , et vous trouverez votre consolation dans Jérusalem. Vous verrez ces choses . et votre cœur sera dans la joie, et vos os reprendront une nouvelle vigueur comme l'herbe qui repousse ; et le Seigneur fera connaître sa main à ses serviteurs , et il répandra sa colère sur ses ennemis ; car voici que le Seigneur va paraître dans les feux . et tempête. Il vient répandre

son indignation et sa fureur, et sa vengeance au milieii

des flammes. Le Seigneur viendra environné de feux et armé de son glaive, pour juger toute chair ; et le nombre de ceux que le Seigneur tuera sera grand.

Votre présence, ô Jésus! va donner la fécondité à celle qui était stérile, et l'étroite Sion va tout d'un coup enfanter un peuple pour qui la terre ne sera plus assez vaste. Mais la gloire de cette fécondité est toute à vous, 6 Verbe divin ! Le Psalmiste l'avait annoncé. « O Jérusalem ! ô Reine ! avait-il dit, il te ce naîtra des enfants à la place de tes pères ; (( tu les établiras princes sur toute la terre : « ils se souviendront de ton nom dans lasucc< cession des âges, et les peuples qui sauront a qu'ils sont sortis de toi, te loueront à jamais ce dans les siècles des siècles. » (Psaume xliv.) Mais, pour cela, il était nécessaire que le Seigneur descendît en personne. Lui seul a pu rendre féconde une Vierge ; lui seul pourra, avec des pierres, produire des enfants d'Abraham. « Encore un peu de temps, dit- « il par un Prophète, et j'ébranlerai le ciel c et la terre, et je remuerai toutes les nations. « (Aggée, ii, 8.) Et par un autre : c( De l'aurore c( au couchant, mon nom est grand parmi les ce nations; et voici qu'en tout lieu on va offrir c( et sacrifier à mon nom une victime pure. » (Malach. i, ii.) Bientôt donc il n'y aura plus qu'un seul Sacrifice ; car l'Agneau de ce Sacrifice va naître dans peu d'heures. Or, le sacrifice est le lien des peuples ; quand le Sacrifice sera unique, il n'y aura plus aussi qu'un seul peuple.

O Eglise ! qui allez nous unir tous, hâte^vous de naître Et puisque déjà vous êtes née pour nous, nous qui sommes nés de vous,

2q6 L'A vent.

que l'Agneau, votre Epoux, épanche sur vous ce fleuve de paix annoncé par le Prophète ; qu'il répande sur vous la gloire des nations comme un torrent qui se déborde; qu'il donne un lait abondant à vos mamelles, et que les peuples reviennent autour de cette Mère commune qui les pressera sur son coeur et les caressera sur ses genoux. O Christ ! c'est vous qui inspirez cette tendresse à notre Mère; c'est vous qui nous consolez, qui nous illuminez par elle. Venez la visiter: venez renouveler en elle la vie, dans cette nouvelle Naissance que vous allez prendre. Donnez-lui, cette année comme toujours, la fermeté de la Foi, la Grâce des Sacrements, l'efficacité de la Prière, le Don des Miracles, la Succession Hiérarchique, la puissance du Gouvernement, la Force contre les Princes du siècle, l'amour de la Croix, la victoire contre Satan, la couronne du Martyre . Qu'elle soit belle comme votre Epouse, en cette nouvelle année qui va s'ouvrir ; qu'elle soit fidèle à votre amour, et toujours plus heureuse dans le grand œuvre que vous lui avez imposé ; car, d'année en année, approche le jour où vous viendrez pour la dernière fois, non plus dans les langes, mais sur un char de feu, briser ceux qui n'ont point aimé votre Eglise, ou qui l'ont méconnue, et l'enlever avec vous dans votre Royaume éternel.

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