‹ L'annee medicale cinquieme anneeChapitre 12 sur 29 · C. Né-vroses. Affections di-verwae · texte numérisé non relu

C. Né-vroses. Affections di-verwae

I. — ^j M. Démange * s^est attaché, dans un mémoire trës-soigné, à Tétude comparative du tremblement sénile et de la paralysie agitante, L^auteur a mis une Fois de plus en relief la rareté du tremblement chez les vieillards, fait déjà relevé par Trousseau, et sur lequel M. Gharcot a maintes fois insisté dans ses leçons. Sur une population de trois cents vieillards à Fhospice Saint- Julien de Nancy, M. Démange a trouvé seulement six sujets atteints incontestablement de tremblement sénile, trois hommes et trois femmes. L'auteur place ce tremblement dans le groupe des névroses , à côté de la paralysie agitante, « Peut-être même, ajoute-t-il, doit-il être coofondu avec cette dernière maladie. y>

Les arguments que M. Démange apporte à Tappui de cette dernière proposition nous oat paru insuffisamment convaiocants. 11 est possible que , nosologiquement , les deux troubles puissent être rapprochés Tun de Tautre. On est du moins en droit de le supposer , mais non de Taffirmer, car il serait téméraire de prétendre, pour l'heure, assigner en nosologie une place définitive aux affections dont il s'agit, et dont la nature nous échappe. En tout cas, il nous semble qu'il y a, si Ton s'en tient à la nosographie, tout intérêt à conserver la distinction généralement acceptée entre le tremblement sénile et la paralysie agitante. A supposer, comme l'admet M. Démange, que dans les deux cas le tremblement soit le même, et que les différences admises entre celui de la première et celui de la seconde affection soient plus apparentes

* Bévue de médecine, n* 1 .

que réelles , il est tout un ensemble de symptômes qui nous paraissent appartenir en propre à la maladie de Parkinson et la spécifier cliniquement. Ce sont précisément » la roideur des membres, le masque impassible de la face , le besoin de locomotion , les sensations subjectives de chaleur », qui sont autrement importants pour établir le diagnostic que le tremblement lui-même. Et nous ne saurions accepter la proposition émise par Fauteur tt qu'il y a moins de différence clinique entre le tremblement sénile et la paralysie agitante classique, qu'entre cette dernière et ses formes frustes ». Nous pensons , en somme , que le temps n'est pas venu d'envisager , au point de vue de leurs analogies ou de leurs dissemblances en nosologie , les deux affections que M. Démange a eu en vue. Peut-être, sur ce terrain, l'avenir donnera-t-il raison à Tauteur. Mais, en s'en tenant à la nosographie, il est utile, ce nous semble, de maintenir des distinctions qui s'imposent, et nous croyons qu'il y aurait de sérieux inconvénients à tenter des rapprochements qui ne peuvent guère avoir d'autre résultat que de nous mènera la confusion. Ces critiques, qui nous étaient imposées par les convictions que nous avons puisées à l'enseignement de notre maître, M. Gharcot, n^enlèvent d'ailleurs rien de leur valeur aux faits nombreux relatés par M. Démange, et qui ont été reeueillis avec la conscience et le soin que l'auteur apporte dans tous ses travaux.

M. B. BalP aurait eu souvent l'occasion de constater des troubles intellectuels chez les sigets atteints de paralysie agitante. Diaprés l'auteur, la forme de ces manifestations psychiques est toujours dépressive. Le plus souvent, il s'agit d'une lypémanie accompagnée d'im-

* l'Encéphale, u^X.

pulsions au suicide et d'hallucinations multiples. Mais, dans quelques cas, c'est un état de démence et de demistupeur qui prédomine. Ces troubles psychiques sont presque toujours intermittents. Ils paraissent s'aggraver parallèlement aux troubles de la motilité, et se calmer lorsqu'il survient, au point de vue du tremblement, une période de rémission.

II. — L'hypnotisme chez les hystériques, — M. Gharcot a fait à la Société de biologie (séance du 7 janvier 1882) une importante communication sur u les phénomènes produits par l'application sur la voûte du crâne du courant galvanique, pendant la période léthargique de l'hypnotisme chez les hystériques ». Des expériences nombreuses et souvent répétées ont conduit notre maître à établir que, durant le sommeil léthargique, l'état d'hyperexcitabilité n'appartient pas seulement aux muscles et aux nerfs, comme il résulte de nombreuses études antérieures, mais qu'il s'étend jusqu'au centre cérébral luimême, du moins en ce qui concerne les parties motrices. Dans la léthargie, en effet, le courant galvanique, appliqué sur un des côtés du crâne, provoque, sans réveiller le sujet, des secousses musculaires, souvent très-énergiques, du côté opposé du corps, à savoir, dans les deux membres et dans la moitié de la face; tandis que, la malade une fois réveillée, le même courant appliqué de la même façon ne donne lieu chez elle à aucun mouve-* ment. Le fait de l'impressionnabilité au courant galvanique des régions encéphaliques motrices, pendant l'état de léthargie hypnotique, est d'autant plus important, qu'il vient s'ajouter aux caractères nosographiques déjà connus de la léthargie hypnotique.

M. Dumontpallier s'est livré à des recherches intéressantes sur les phénomènes observés chez les hystériques hypnotisées. On trouvera le compte rendu des curieuses

observations du médecin de la Pitié dans les Bulletins de la Société de biologie. Nous regrettons que les faits relevés par M. Dumontpallier ne soient pas susceptibles d'être résumés. 11 s'agit en effet, dans les recherches en question, d'une série d'observations de détail fort instructives recueillies sur quelques sujets, mais non de faits généraux pouvant être présentés sous forme de lois. L'analyse que nous en ferions ici ne donnerait qu'une idée inexacte de l'intérêt de ces recherches, dont nous ne pouvons mieux faire que de recommander la lecture.

Ur . — L'un de nous * a publié deux cas d'angine de poitrine dam l'hystérie, l'un recueilli dans le service de M. Charcot, l'autre communiqué par M. Mendelsshon. En rapprochant de ces deux faits quelques autres relevés dans la littérature médicale, on arrive à cette conclusion que l'angine de poitrine doit être considérée, non pas comme une maladie spéciale existant de toutes pièces, mais comme un syndrome pouvant s'observer dans un certain nombre d'affections, notamment dans l'hystérie. L'angine de poitrine des hystériques est tout aussi parfaitement analogue à l'angine de poitrine vulgaire, que rhémianesthésie des hystériques est comparable à l'hémianesthésie produite par la lésion de la partie postérieure de la capsule interne. Relevons toutefois que, dans les observations relatées par nous, il n'y a pas eu de cas de mort.

IV. -— Dans une des séances de Y American Neurological Association {Transact. of the Americ. Neurol. Assoc., 1882, p^ ôô), le D' Birdsall a fait une communication sur la maladie du sommeil des nègres de l'Afrique occidentale. Cette affection est caractérisée par une tendance de

* p. Maris» Revue de médecine, lï? 4«

plus en plus exagérée au sommeil; le malade ne se soulève que pour manger ou changer de position, puis retombe presque immédiatement dans un assoupissement profond; bientôt il ne peut même plus se tenir éveillé assez longtemps pour prendre de la nourriture, le sommeil devient continuel , la mort en est la conséquence. La durée de la maladie varie entre deux mois et un an; Tissue est toujours fatale.

D'après des renseignements précis , cette affection débuterait par un frisson et de la céphalalgie, et il y aurait un certain degré de catarrhe de la muqueuse naso-pharyngienne.

L'un de nous a eu T occasion d^observer à la clinique de la Salpétrière quelques cas de sommeil pathologique (narcolepsie) survenu dans des circonstances cliniques variées. On nous permettra d'indiquer ici les conclusions qui terminent le court mémoire publié à ce propos K

Dans un certain nombre d'états morbides eutrainant soit des troubles circulatoires (affections cardiaques), soit un ralentissement du mouvement nutritif (diabète, obésité) , soit une perturbation des fonctions nerveuses (hystérie) , on peut observer, à titre de phénomène clinique plus ou moins important, dominant parfois la scène, une tendance souvent invincible au sommeil, qui se reproduit à intervalles inégaux, tantôt spontanément, tantôt sous Finfluence de causes extérieures adjuvantes (émotions, etc.).. Il s'agit là d'un symptôme important, susceptible, dans quelques cas, de révéler une affection jusque-là méconnue (diabète).

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