‹ L'annee medicale cinquieme anneeChapitre 6 sur 29 · MALADIES DU COEUR · texte numérisé non relu

MALADIES DU COEUR

I. Cii*rbose hypertrophique du cœur. — H. Hypertrophie du cœur dans le rein chirurgical, etc. — IH. Souffles des lésions de Tartère pulmonaire. — IV. Endocardite cong^énitale du cœur o^auche.

— V. Maladies du cœur chez les enfants, etc. — VI. Ponction du péricarde, etc. — VII. Endocardite diabétique, etc. — VIIL Myocardite dans la diphthérie, etc. — IX. Dilatation sàQuè du cœur, elr. — X. Cas bizarres. — XI. Cœur dans l'hystérie, etc.

— XII. Dilatation du cœur droit, etc. — Xlll. Traitement des maladies du cœur par le convcdlaria maîalis, la caféine, etc.

I. — L*aaaée dernière, MM. Rigal et Juhel-Rénoy avaient publié dans les Archives de médecine (1881) un mémoire sur la myocardite scléreuse hypertrophique primitive, M. Juhel-Rénoy a repris ce sujet dans sa thèse (1882)'. Il décrit sous le nom de cirrhose hypertrophique du cœur une maladie caractérisée par la proliféra lion du tissu conjonctif interstitiel du cœur el par Tatrophie parallèle des fibres musculaires. Celte lésion se cantonnerait d'abord autour des petites artères et ferait partie de celte diathèse fibreuse qu'on étudie depuis quelques années. Elle se traduirait pendant la vie par Taffaiblissement des battements du cœur et du pouls, sans bruit de souffle, par Thypertrophie de Forgane, et aboutirait enfin à Vasystolie, comme les maladies valvulaires. Les causes de la maladie se rapportent à Talcoolisme, à la néphrite interstitielle, au diabète, à la goutte, peut-être au rhumatisme et à Tathérome; Tiniluence des lésions valvulaires, surtout aortiques, est incontestable.

IL ^ On a pu lire dans le précédent volume (Année médicale, 1881, p. 90) les résultats des expériences de

> Élude sur la sclérose du myocarde, [etc., par M. le D' Juhel-RÉNOY, Paris, 1882. 0. Doin, éditeur.

M. Straus, tendant à établir que les lésions des voies d'excrétion de Turine pouvaient eotrainer Thypertrophie cardiaque aussi bien que l'atrophie du rein. M. E. Weill ■ vient apporter des preuves cliniques en montrant que rhypertrophie du cœur survenait fréquemment dans les néphrites d'origine locale (rein chirurgical). Pour lui, il existerait entre le rein et le cœur des relations physiologiques qui expliqueraient les relations morbides. Cependant, la question n'est pas entièrement résolue, même cliniquement ; le nombre des faits produits est trop restreint pour entraîner la conviction.

11 y a quelques années, M. Potain a attiré Tattention sur rhypertrophie du cœur à la suite des lésions du tube digestif. Depuis cette époque, il a observé trois cas d'hypertrophie cardiaque réflexe : dans le premier cas, l'hypertrophie a succédé à une névralgie brachiale gauche, suite d'amputation; dans le second cas, il s'agissait d'une névralgie consécutive à une fracture du bras ; dans le troisième, il s'agissait d'une blessure par arme à feu de l'aisselle avee rétraction tardive du bras. On peut expliquer le retentissement sur le cœur par les connexions nerveuses qui existent entre le plexus cardiaque et les nerfs du bras-, ici, la marche est inverse de celle qui a heu dans l'angine de poitrine^.

m. — Pour être rares, les lésions congénitales ou acquises de l'artère pulmonaire n'en sont pas moins bien connues depuis quelques années. Mais le diagnostic reste toujours entouré de difficultés-, c'est à ce point de vue que Véiude des souffles du rétrécissement et de l'insuffisance

' De l'hypertrophie cardiaque dans les néphrites consécutives aux affections des voies excrétoires de furine, par le D' E. Weill (de Lyon). Paris, 1882. Delahaye et Lecrosnier, éditeurs.

^ Potain. Ass. franc, pour Vav, des sciences. La Rochelle, 30 août 1882, (Ga^. AeW.,p. 611.)

de l'artère pulmonaire offre surtout de l'intérêt. M. VimontS après M. C. Paul, s'applique à bien préciser le maximum des souffles au niveau du deuxième espace intercostal, à gauche du sternum. On distinguera le souffle anémique du souffle de rétrécissement par la propagation dans les vaisseaux du cou qui existe toujours dans Tanémie. Mais, actuellement, il est impossible de déterminer par Tauscultation le sîéjge exact de la lésion et son origine congénitale ou acquise. L'insuffisance dé Tartère pulmonaire est aussi rare que Tinsuffisance aortique est fréquente; le diagnostic différentiel n'en est que plus difficile; Stokes avouait son impuissance. M. Vimont croit à la possibilité de ce diagnostic, si l'on tient compte à la fois des caractères du souffle, de son siège, de sa propagation, et de l'intégrité du cœur gauche et du système aortique.

IV. — Tous les auteurs font remarquer, ajuste titre, que, chez le fœtus, l'inflammation frappe surtout le cœur droit, contrairement à ce qui se passe après la naissance. On doit donc signaler Tétude de M. Haranger sur Xendocardite congénitale du cœur gauche, comme un progrès ou du moins comme une tentative hardie'. L'endocardite peut porter sur l'orifice aortique comme sur l'orifice mitrai; elle peut déterminer le rétrécissement, l'insuffisance et même l'oblitération complète des orifices. Une observation personnelle à l'auteur concerne précisément une endocardite fœtale avec oblitération complète de Torifice aortique. Il n'est pas rare de rencontrer, dans les autopsies, concurremment avec les lésions inflamma-

1 Étude sur les touffles du rétréeuientent et de rinntffUance de tarière pulmonaire, par G. ViMONT. Paris, 1882. A. Delahaye et Lecrosnier, éditeurs.

^ Etude sur l'endocardite congénitale du cœur gauche, etc., par F. HàRANosR. Paris, 1882. Delahaye et Lecrosnier, éditeurs.

toires, des malformations du cœur, des arrêts de développement, etc. C'est un des traits les plus remarquables de Fendocardite fœtale assez violente pour mettre obstacle au cours du sang au niveau des orifices artériels, de maintenir ouvertes des voies qui devraient se fermer peu de temps après la naissance. Les causes probables peuvent être rapportées à la disposition rhumatismale léguée par les parents, à la syphilis héréditaire, aux refroidissements subis par la mère.

V. — Le second volume du Traité clinique des maladies de Venfance, de M. Cadet de Gassicourt \ contient un remarquable chapitre sur les maladies du cœur congénitales et acquises. Ce qui fait la gravité du rhumatisme infantile, c'est la péricardite, beaucoup plus fréquente et surtout beaucoup plus sérieuse que Tendocardite.

Le même auteur a communiqué à la Société médicale des hôpitaux un remarquable exemple de rétrécissement de l'artèire pulmonaire avec persistance du trou de Botal et tuberculose pulmonaire chez un enfant '. L*examen histologique, fait par M. Balzerj a montré les différences qui existent entre les lésions congénitales comme celle-ci, et les lésions acquises, comme celle que M. Duguet avait présentée à la même Société en 1881. Dans un cas de rétrécissement de Tartère pulmonaire, M. Loubaud a observé une cyanose excessive avec dilatations variqueuses des veines de la face , des membres et du tronc».

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