VI. — M. Rendu* a présenté à la Société médicale des
^ Traité clinique des maladies de l'enfance, par le D' Gadet DE GàSSIcoDRT. T. II. Paris, 1882. 0. Doin, éditeur.
* Soc. méd. des hâp., 7 juillet 1882.
' Thèse de Paris, 1882.
* Soe. méd. des hàp,, séance du 24 février 1882.
hôpitaux ua malade qa'il a traité et guéri par la ponc< tion du péricarde. Il a insisté sur deux signes qu'on ne met pas suffisamment en relief dans le diagnostic des épanchements péricardiques' : 1<* le hruit skodique postérieur, produit par le refoulement du poumon en arrière; 2° le pouls paradoxal, caractérisé par la diminution ou même la disparition du pouls pendant TinspiratioD (toutes les trois ou quatre pulsations), alors que les bruits du cœur restent réguliers. Il a ponctionné le péricarde dans le sixième espace gauche, à 8 centimètres du sternum , et retiré près d un litre de liquide. Aujourd'hui, la guérison est assurée.
La péricardite tuberculeuse a été étudiée par M. Rousseau ^ après M. ColratS Tauteur a pu expliquer la propagation de Tinflammation à la plèvre par des. traînées de lymphangite qui rappellent exactement la propagation des péritonites à la plèvre diaphragmatique.
VII. — M. Lécorché^ a communiqué à V Académie des sciences une note sur Vendocardite diabétique. Cette complication se montrerait plus souvent chez la femme que chez Thomme ; elle n*apparaitrait qu'à une époque avancée de la maladie, elle se localiserait à l'orifice mitral, elle se traduirait par un souffle systolique de la pointe, avec irrégularité et intermittence du pouls, et entraînerait à la longue un œdème plus ou moins généralisé. Le contact prolongé d'un sang altéré par la jprésence du sucre paraît être la seule cause de cette irritation de l'endocarde.
L'endocardite ulcéreuse , souvent secondaire à nue endocardite chronique, peut affecter le cœur droit (4 cas); elle coïnciderait parfois avec des épidémies de
* Thèse de Paris, 1882, 35 observations.
^ COLRAT. In Lyon médical, 1882.
' Arch. gén, de médecine, avril 1882.
maladies infectieuses (fièvre typhoïde et typhus, scarlatine, maladies puerpérales) '.
VIII. — La diphthérie, comme la plupart des maladies infectieuses, peut s'accompagner de Usions cardiaques, Leyden a étudié , dans la diphthérie , la myocardite aigué caractérisée anatomiquement par une prolifération conjonctive suivie d*atrophie, avec dégénérescence graisseuse des fibres musculaires, dilatation du cœur; cliniquement, par de l'agitation, de la pâleur, de la dyspnée, et parfois la syncope ^
Le même auteur' décrit les accès fébriles intermittents de Tendocardite. Cette fièvre pseudo-intermittente peut s'observer dans quatre cas : 1" Endocardite survenant chez les blessés; les frissons peuvent être rapportés aussi bien à la septicémie qu'à l'endocardite. 2"" Endocardite primitive débutant par de la fièvre et des frissons. ^^ Fièvre intermittente prise pour une fièvre palustre; l'endocardite est seulement reconnue à l'autopsie. 4<' Affection cardiaque bien constatée; viennent des accès intermittents qu'on attribue à l'impaludisme, et qui sont dus, comme le démontre plus tard l'autopsie, à une endocar« dite polypeuse. — Ces faits intéressants viennent enrichir le chapitre déjà long des fièvres intermittentes symptomatiques.
IX. — On peut observer, soit à Tétat normal, soit à l'état pathologique (endocardite, fièvre typhoïde), la dilatation aiguë du cœur avec augmentation rapide de la matité précordiale ^ Cet accident n'est pas spécial à
' GOODHART. {Med, tintes and gaz., janvier 1882.)
■ Ueber die Herzaffectionen bei der Diphthérie. {Zeilsch. fur, klin med,,
3 l/eber intermittirendcê Fieber und Endocarditis. {Zeits.^ etc., 1882.) ^ Heitler. Ueber aeute Herzenweiterung, (Wienmed, Woschens.y 1882.)
90 L'ANNÉ£ MÉDICALE.
Tâge adulte; car Steffen ^ Fa rencontré chez les enfants dans certains cas d'endocardite , de stase circulatoire et de maladies infectieuses (scarlatine).
Les bruits de souffle anémiques, que les uns placent dansFaorte, les autres dans Tartëre pulmonaire, seraient dus, pour G. Balfour, à la dilatation du cœur, et spécialement de Tauricule gauche ^ C*est là une opinion que nous citons pour sa singularité , car elle ne repose sur aucune preuve. — Signalons un ouvrage publié à Madrid sur les maladies du cœur; sans contenir rien de nouveau, ce livre est une compilation savante qui peut être consultée '.
X. — Cook rapporte trois observations intéressantes dans lesquelles les battements du cœur étaient en nombre double par rapport aux pulsations artérielles^.
Signalons le fait curieux de dilatation de la rate à chaque systole avec affaissement pendant la diastole, chez un malade atteint de fièvre intermittente et d'insuffisance aortique^ Le phénomène était nettement perceptible, car on pouvait saisir la rate entre les doigts. Dans d'autres circonstances, chez des malades atteints d'affections stomacales, uae accélération notable du pouls survenait deux heures après le repas ^. La dilatation du cœur droit dans les lésions gastro-hépatiques a été plusieurs fois signalée ; dans un cas de cancer utérin, la même dilatation a été décrites — Ce sont là
^ A. Steffen. Ueber aculedilatatio cordis. [Jahrhuch fûrkinderheilkundej 1882.)
* Bril. med. Joum., août 1882.
^ Antonio Espina y Garo. Leccionet teorico-practicas acerca las enfermedades del corazon. Madrid, 1882.
* Couple rhythm of the hearl. {The practitioner, 1882).
^ Gerhardt. Pulsirender Milttumour bei insufficienz der aortenklappen, (Zeitsch. fur. Klin. med., 1882.)
* Ott. {Tachycardie, Prague, 1882.).
^BiDOu. Thèse de Montpellier, 1882.
autant de faits plus curieux qu'importants au point de vue clinique.
Dittrich a décrit sous le nom de sténose vraie du cceur une lésion congénitale du ventricule droit, consécutive à une endocardite chronique et constituée par le rétrécissement du cône artériel sans lésion des orifices ni des valvules. Depuis cette époque (1849), on a trouvé aussi quelques cas dans lesquels le ventricule gauche était atteint d'une lésion analogue, de sorte que ce ventricule se trouvait divisé en deux cavités secondaires au moyen d'un diaphragme percé d'un étroit oritice. Rollelt* a observé un cas de ce genre, qu'il avait pu soupçonner pendant la vie : le pouls était petit, malgré l'hypertrophie cardiaque et l'exagération du choc de la pointe. Le ventricule gauche est hypertrophié sans être dilaté. Il y a un frémissement cataire sous le corps du sternum à gauche, et un bruit de souffle systolique ayant son maximum dans le quatrième espace intercostal gauche. Les troubles fonctionnels rappellent ceux d'une lésion aortique. D'après Rollett, cette lésion serait le résultat d'une endomyocardite datant de la vie intra-utérine.
M. Lépine' a observé que la systole auriculaire et la systole ventriculaire pouvaient être séparées par un intervalle plus grand qu'à l'état normal, d'une part sous l'influence de la respiration (fin de l'inspiration) ou de l'excitation directe du pneumogastrique, et aussi d'une manière en quelque sorte permanente chez certains malades. Chez l'un des malades, il existait un pouls veineux diastolique, et noa présystolique, phénomène facile à comprendre si l'on admet que, dans ce cas, la contraction de l'oreillette s'écarte plus que d'habitude de la sys-
' Rollett. Arch. gén. de méd , t. IF, p. 92. {Sténose vraie du venlri-' cule gauche, tiré de Wiener med. Jarh., J881.)
* LÉ PI NE. Sur un point relatif à la physiologie pathologique du cœur. {Revue de médecine, p. 239, 1882.)
tole ventriculaire. Cest de la même Façon que M. Lépine explique certains bruits de galop dans lesquels le premier bruit surajouté coïncidant avec la contraction de Toreillette, s'écarte notablement de la systole ventriculaire. Il ajoute que cet écart est probablement dû à un retard de la contraction ventriculaire, retard résultant lui-même de la fatigue du cœur.
XI. — M. HuchardS dans son Traité des névroses et dans un article publié dans la France médicale, étudie rhystérie viscérale : il indique les crises d*angine de poitrine, les palpitations, les inégalités et les irrégularités des contractions du cœur, les bruits de souffle dus à la contraction des muscles tenseurs des valvules, etc.
Tout rétrécissement mitral très-étroit, dit M. Duroziez^, est pur ; il ne faut pas confondre le souffle d*insuffisance tricuspide qui s'entend de la pointe au sternum, avec le souffle d'insuffisance mitrale qui s'entend de la pointe à Faisselle. En un mot, dans TinsafAsance tricuspide, le souffle est antérieur; il est postérieur dans Tinsuffisance mitrale. Le rétrécissement tricuspidien très-étroit est également pur; souvent le souffle tricuspidien est piaulant.
M. Teissier père' a rapporté une très-belle observation de syphilis du cœur; il y avait surtout une endocardite scléreuse du ventricule droit avec état fibreux du myocarde et noyaux blancs que Colrat a considérés comme des gommes après examen bistologique. Il y avait myocardite interstitielle scléro-gommeuse.
XII. — Les dilatations du cœur droit peuvent se rencontrer dans des maladies très-diverses : maladies de
ï France médicale, 20 avril 1882.
* Mitrale et tricuspide. (Union médicale, 30 mars 1882.)
' /Inn. de derm. et »yphil., juin 1882.
Tabdomen, maladies du poumon, maladies du cœur, maladies générales. M. Fabre^ s'applique à établir le diagnostic dans ces différentes circonstances : il s'appuie sur la palpation, la percussion, Tauscultation et la cardiographie. Mais, il faut reconnaître que ces moyens d'exploration ne suffisent pas toujours, et qu'en dernier ressort c'est l'examen du système veineux qui tranche la question.
Citons les principales thèses soutenues à la Faculté de médecine de Paris sur les affections du cœur, en 1882 :
Fâbre : Des battements du coeur. — Pelix : Du retard du pouls artériel, — Làfate : Contribution à l'étude du rhumatisme cardiaque éC emblée. — Groslier : Causes locales d'erreur dans le diagnostic de la péricardite, — Stevenel : Contribution à l'étude de la myocardite interstitielle et de l'abcès du cœur, — Beaumont : Jiech. sur les lésions quiprëd, à la rupture spontanée du cœur, — Delprat : Des complic cardiaques du rhum, blennorrhagique. — MiEUSSENS : De la dégénérescence graisseuse du cœur. — Marugheàu : De état du cceur droit dans la phthisie pulmonaire, — LONGBOIS : De tinfluence des aff. du rein sur l'endocarde,
XHI. — Le traitement des maladies du cœur s'est enrichi d'un nouveau produit, le convailaria maialis (muguet), employé en Russie empiriquement contre les hydropisies. C'est M. G. Sée* qui a présenté ce remède à l'Académie de médecine : il le prescrit à la dose de 1 gramme, 1 gramme et 1/2 ou 2 grammes d'extrait de fleurs ou d'extrait total. Sur une première série de vingt malades, M. Sée a obtenu dix-sept fois des effets très- remarquables; le muguet détermine une diurèse très-prononcée, il est mieux toléré que la digitale, augmente l'appétit, facilite les garde-robes, régularise et ralentit les battements cardiaques, augmente leur énergie et dissipe les palpitations.
1 Les Dilatations du eeeur droit, par le D*" A. FàBRE (de Marseille). Paris, 1883. Delahaye et Lecrosnier, éditeurs. * Aead. de médecine, 4 juillet 1882.
94 L'ANKÉE MÉDICALE.
Le D' Bogojawlewski (de Saint-Pétersbourg) avait déjà observé les mêmes effets chez Thomme, après avoir expérimenté le remède chez les animaux. 11 donne la teinture à la dose de 60 gouttes par jour. En Amérique, le D' Hurd* s'est également bien trouvé de l'emploi du muguet. Dans deux cas, le D' Lyng-Taylor, de New- York, a poussé la dose jusqu'à 12 grammes d*extrait aqueux de fleurs, sans autre accident que des vomissements.
M. Moutard-Martin' a expérimenté le muguet avec des succès très-divers; dans un cas, il a obtenu une diurèse excessive; dans les autres cas, il a complètement échoué.
M. C. PauP déclare également que le muguet, entre ses mains, n'a pas agi comme diurétique, mais seulement comme tonique du cœur.
M. Huchard* a employé avec succès la caféine dans des cas où la digitale était restée impuissante. En portant progressivement et rapidement les doses de caféine de 25, 50 centigrammes à 1, 2 et même 3 grammes, il a obtenu de remarquables effets diurétiques et toniques; le pouls tombe de 120 à 80 ou 70. Gubler avait déjà insisté sur le pouvoir diurétique de la caféine. M. Lépine^ a constaté, de son côté, les mêmes effets que M. Huchard.
Signalons, pour terminer ce qui est relatif à la thérapeutique des cardiopathies, l'emploi de la nitroglycérine à la dose de 1 goutte dans les cas d'angine de poitrine et de cœur dilaté et faligué^
D' J. COMBY, Ancien interne des hôpitaux.
' HURD. Médical record,, nOYemhre 1882.
> Société de thérapeutique, 26 juillet 1882.
3 Ibid.
* IIOGHÀRD. Soc. de thérapeutique, 26 juillet 1882.
* LÉPINE. Lyon médical, 16 juillet 1882.
^ E. Green (de Wight). Practitioner, févr. 1882.