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3. A. Pougin. Viotti et l'école moderne de violon, Paris, 1888, in-8». Wasielewski. Die Violine und ilve Meister, 2« édit., 1883, p. 334.

4. Nous ne pouvons apporter de précisions sur les rapports entre Viotti et le baron de Bagge.

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1781, le séjour de Viotti, musicien séduisant, dun talent plus personnel, devait avoir une grosse influence sur le développement de l'École française ; pratiquement ses concertos remplacèrent de bonne heure dans les séances de musique ceux des Stamitz, des Jarnowick et des Pieltain.

A côté de ces figures de premier plan qui illustraient les concerts de Bagge, d'autres tenaient leur place dans un orchestre fort complet; parmi les violonistes on entendit Michel Woldemar (1750- 18i0j l'élève de Lolli, l'auteur des sonates fantômagiques dédiées aux mânes de LolH, de Mestrino, de Pugnani qui semblent par leur titre, sinon par leur style, se situer en plein romantisme. — Ce fut encore Niccolo 31estrino dont on goûta la Fantaisie et Variations pour violon solo ^. — Au premier rang des violoncellistes apparaissait un artiste connu, Jean-Louis Duport^, puis Jean-Baptiste Cupis ou Cupis le Jeune qui fit jouer son concerto à grand orchestre (quatuor, 2 flûtes, 2 cors).

Plus loin c'étaient Ozi, auteur de 7 concertos pour basson qui débuta au Concert spirituel en 1779, le célèbre corniste Giovanni Punto ou Johann Stich, arrivé à Paris en 1778, qui fit paraître en 1783 son premier concerto pour cor et orchestre « exécuté au Concert spirituel et au Concert des Amateurs » ^.

Tous ces noms, autrefois illustres, n'ont laissé qu'un vague souvenir. La grande École française de violon ne s'est développée sans doute qu'après la mort de Bagge avec des maîtres comme Rode, Kreutzer, Baillot, Alday le jeune, Labarre, Cartier; mais il ne faut pas oublier la génération précédente qui prépara par son travail la gloire des successeurs. Bagge eut le mérite de mettre en rapport des artistes très divers et de consoUder aussi cette chaîne ininterrompue que J.-B. Cartier décrivait en ces termes : « Voici une généalogie en talens qui vient en ligne directe de Corelli : Somis fut élève de Corelli, Pugnani de Somis, Viotti est sorti de l'École de Pugnani, enfin Rode ce jeune liomme étonnant et célèbre dans l'âge où l'on

1. Bibl. Nat., Vm' 840. Le thème varié moderato rappelle beaucoup certaines phrases de Mozart. L'influence allemande est prédominante. Edité chez Sieber.

2. Un des meilleurs élèves de Duport, Gross, violoncelliste de la chapelle du roi de Prusse fut l'ami et le correspondant de Bagge. — (Marpurg) Metaphrastes, p. 279.

3. Chez Le Menu et Boyer. Ecrit pour cor principal, 2 violons, alto et basse, 2 hautbois et 2 cors, 13 autres concertos parurent ensuite.

travaille pour le devenir ajoute un titre de plus à, la grande réputation de Viotli et des maîtres dont il est le dernier rejeton ^ ».

On n'a pas assez noté l'influence du cosmopolitisme sur la littérature musicale; la période de 1760 à 1780 est celle où dans la musique, comme dans la littérature et les sciences, les esprits se pénètrent et les idées s'échangent.

Tous ces thèmes qui devaient illustrer les concertos ou les sonates pendant le xix^ siècle, les boléros, les czardas, les valses, les polonaises, les landler étaient apportés dans les salons parisiens comme celui de Bagge et répandus ensuite par les Jarnowick et les Mestrino. Peu à peu se dégage le style français plus simple, plus pur, mais souvent enrichi de cette brillante floraison étrangère.

La médiocrité des œuvres du baron de Bagge nous interdit naturellement de penser qu'il ait pu agir sur son entourage ; son art au contraire n'était que l'écho sonore de mille voix plus habiles. Mais par les goûts naturels que nous lui avons reconnus, il a pu favoriser le développement du style sentimental et engager ses musiciens à faire vibrer cette corde-là de préférence aux autres : on ne saurait dire plus. Dans la vie sociale des artistes son rôle a été autrement important; on a trop souvent l'habitude de considérer les musiciens comme des esprits purs, indépendamment des conditions matérielles. Leur situation était fort précaire au xyiii*^ siècle et il faut rendre grâces aux Mécènes qui ont su les soutenir et favoriser l'éclosion d'œuvres que sans eux nous ne connaîtrions peut-être pas. Voilà pourquoi le nom de Bagge mérite une autre célébrité que celle qui l'a poursuivi jusqu'ici ; ses ridicules et ses prétentions ont fait oublier les services rendus à la musique, cette passion désintéressée de l'art, ce goût délicat qui le conduisit au milieu de tant d'éléments compliqués et divers. Nous souhaiterions à la fin de ces

1. J.-B. Cartier. Préface des 12 sonates de Corelli, op. o, dédié à Gaviniès, Paris an VII, Vm'' 680. Il est intéressant de reproduire cette note de la préface : « Je profiterai de cette occasion pour engager les éditeurs de musique à mettre rigoureusement aux ouvrages qu'ils publient la date exacte du temps qui les a vu naître, car outre que rien n'est indifférent au véritable amateur et à l'artiste dans tout ce qui a rapport à l'art qu'ils étudient, ce serait un moyen sûr et facile de marquer et de suivre les progrès d'un art qui sans contredit contribue le plus aux plaisirs de l'humanité et qui bien dirige peut contribuer même à son perfectionnement ».

pages qu'il apparût désormais comme un grotesque, si l'on veut, mais comme un grotesque bienfaisant.

BARON DE BAGGE

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