‹ L'Année musicaleChapitre 18 sur 159 · Bib. nat., Vm · texte numérisé non relu

Bib. nat., Vm

2. Au reste, le style mélodique de Naudot rappelle parfois celui d'Âlbinoni. Voir, par exemple, le thème de V Allegro initial du Concerto II en mi mineur.

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Ce caractère d'homophonie est encore plus frappant dans les mouvements lents, pendant lesquels la mélodie de la flûte plane tranquillement au-dessus d un orchestre discipliné par le même rythme [Largo du Concerto II) :

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Ajoutons que le style de Naudot, toujours gracieux et élégant, manifeste certaines particularités, certaines « manières » qu'on disait spéciales à l'école de Mannheim. Nous voulons parler 'du « Vorhalt » ou « Seufzer » qui se laisse discerner («) dans l'exemple précédent et aussi de trémolos avec notes jaillissantes, tels que celui-ci, que nous extrayons de la partie de flûte de VAria à 3/8 qui termine le Concerto VI en sol majeur :

Au surplus, nous retrouverons ces (c manières » chez la plupart des symphonistes français.

A côté des concertos de flûte, les concertos de violon ne tardent pas à prendre une grande importance. C'est à Jacques Aubert qu'on doit les premiers concertos de l'espèce publiés en France ^ Son 1" livre de Concertos à quatre violons, violoncelle et basse continue (œuvre XVII), daté de 1735-, comprend six compositions généra-

1. Sur Jacques Aubert et ses concertos, voir L. de La Laurencie, Jacques Aubert et les premiers concertos français de violon. Mercure musical, lo mai 1906.

2. Bih. nat., Vm' 1706. Le 2° livre porte le numéro d'œuvre XXVI (Bib. du Conservatoire).

lement en trois mouvements, confiées à un violon principal qu'assistent trois violons ripiénistes et la basse. Trois concertos sur six présentent une Gavotte comme mouvement central, et deux se terminent par un Menuet. (Concertos I et V). Plus fréquentes que chez Albinoni, les alternances du tutti et du solo, atteignent le chiffre 5 (2^ concerto, Allegro initial), et le premier violon est chargé d'amener les modulations principales. Dans l'accompagnement, il arrive que les ripiénistes, à l'exemple de ce qui se passe chez Tartini, se substituent à la basse continue ^ ; ils exécutent alors des battements sous les traits et passages du violon principal, mais sans manifester ces recherches d'accentuation rythmique qu'on remarque, par exemple, dans les Concertos à quatre d'Albicastro-.

Grâce aux deux livres de concertos de Jean-Marie Leclair l'aîné^, Concerto a tre violini, alto e basso, Per organo e violoncello {parte 1"^'^, parte 2''''), dont le premier (œuvre VII) paraît pouvoir se placer vers 1736, et le second (œuvre X), vers 1744, la musique française se trouve en possession d'œuvres susceptibles de rivaliser avec les plus remarquables compositions de l'école italienne. Si le premier livre, ainsi que le remarque M. Schering*, rappelle le concert d'église de Torelli, le deuxième s'inspire de Vivaldi, mais les thèmes sont pleins de caractère et témoignent d'une grande personnalité. Le cadre est, pour ainsi dire, toujours en trois mouvements ^ avec, comme mouvement central, un Adagio ou un Aria d'allure méditative que Leclair écrit au relatif mineur. Il n'y a pas de reprises dans les Allégros ; après l'inflexion à la dominante, le thème initial est généralement réexposé àla tonique (Concertos I, II, IV, V, VI du premier livre). Les groupes T. -S sont le plus souvent au nombre de trois dans V: Allegro initial, à l'imitation du dispositif d'Albinoni, mais les mouvements terminaux, admettent une plus grande fré-

1. Par exemple, dans la Gavotta qui occupe le centre du deuxième Concerto.

"2. Voyez l'exemple cité par M. Schering à la page 36 de son ouvrage, avec ses courtes figures d'accompagnement habilement réparties dans la mesure à toutes les hauteurs de l'échelle sonore. Chez Aubert, rien de tel ; les figures d'accompagnement sont toutes placées sur les mêmes temps.

3. Sur J.-M. Le Clair l'alné. voir L. de La Laurencie, Jean Maire Le Clair l'aîné L-M.-G. janvier 190.3, et Courrier musical, 15 novembre 1904.

Le 1"' livre de concertos porte à la Bibhothèque nationale la cote Ym' 1697 et le 2e la cote Ym' 1696.

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