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Seul, le Concerto II du 1" livre est à quatre mouvements

quence de ces alternances qui atteignent le chiffre 6 dans le tinale des Concertos I et V du deuxième livre. Les Arias et Adagios voient aussi se multiplier les échanges du tiUti et du solo. C'est ainsi que l'Aria gratioso du Concerto IV (deuxième livre) se partage minutieusement entre les deux protagonistes, etque, parfois, deux groupes T. -S s'accumulent dans une seule mesure ^ Entin les Adagios montrent un thème accessoire réservé au tutli et qui s'oppose à celui du solo (Concertos II, III du 1"' livre). Il convient d'observer, d'une manière générale, au sujet de la fréquence des alternances du tutti et du solo, qu'elle se trouve en relation avec le degré de virtuosité atteint par les solistes, à un moment donné. On peut dire que la longueur des solos est en raison directe de la virtuosité acquise par les solistes. Ceux-ci ne possèdent-ils qu'une technique modeste, limitée, alors, les alternances de T et de S se multiplient ; au fur et à mesure que la technique, et avec elle les moyens d'expression, progressent, la mélodie confiée au soliste prend plus de liberté et d'extension. Le deuxième livre de Leclair, en développant considérablement les solos, apporte un exemple de l'action de la technique du violon sur l'économie des œuvres.

Très étendus (ils atteignent souvent 30 mesures et on en trouve dans le finale du Concerto V du ^'^ livre, de 72 mesures), les solos s'accompagnent le plus souvent de la seule basse continue soutenue par le violoncelle, et présentent fréquemment l'indication dynamique : p. {piano). C'est au cours des tutti que se manifestent en plus grand nombre les mentions de nuances. \J Allegro initial du Concerto I (2" livre) présente même un diniinuendo figuré implicitement par la succession : p. pp.

Enfin, le « Vorhalt » mannheimiste n'est pas rare chez Leclair; qu'il nous suffise de le signaler dans Y Adagio et V Allegro final du Concerto II (2^ livre), dans VAndante du Concerto III (même livre) et aussi dans V Allegro ma poco du Concerto IV.

Adagio du

Concerto II Finale du Conc II Andante du Conc III

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1 . Les Concertos de Hsendel (op. VI) présentent eux aussi de nombreuses alternances du tutti et du solo dans les mouvements lents, mais il ne semble pas qu'ils aient influencé Le Clair.

Si l'on cherche à résumer les caractères de notre littérature symphonique aux environs de 1740, on conclura qu'elle manifeste une grande prédilection pour l'écriture en trio et pour la forme suite, mais que le concerto de flûte et de violon, quoiqu'apparaissant beaucoup plus tard en France qu'en Italie, ne va pas sans apporter une intéressante contribution, au « nouveau style ». Les trios, par leurs tendances à donner aux allégros la forme sonate, par leurs recherches d'instrumentation et de coloris, les concertos, par la prédominance qu'ils imposent à l'élément mélodique, par les raffinements de rythme et d'éclat qu'ils lui confèrent, par le perfectionnement du travail thématique qui annonce le futur « développement », enfin, par la réalisation de tutti homophones, préparent la prochaine efflorescence de la symphonie.

L'examen des programmes du Concert spirituel, à partir de 1740, prouve en quelle faveur le public et les artistes tiennent les concertos. De plus en plus aussi, la musique étrangère se répand dans la capitale et exerce son influence sur nos compositeurs. Et ce ne sont pas seulement les Italiens, qui, jusque-là, avaient à peu près détenu le monopole de la musique étrangère, dont on joue et on admire les œuvres, mais encore les Allemands. J.-Ph. Telemann est reçu et fêté à Paris, en 1737, et le 25 mars 1738, un motet de lui remporte un vif succès au Concert spirituel ^ Dès le 6 avril 1736, Charles- Nicolas Leclerc prenait un privilège pour publier cinq de ses œuvres, et un livre de solos de Hœndel-. Telemann, lui-même, se met à éditer ses œuvres à Paris ; le 3 février 1738, il sollicite et obtient un privilège de vingt ans pour « plusieurs ouvrages de musique instrumentale sans paroles » '■^. C'est à l'aide de ce privilège qu'il publie, la même année, ses Nouveaux quatuors en six suites, et la longue liste des souscripteurs insérée dans cet ouvrage ^ montre à quel

1. M. Brenet. Les concerts en France sous l'ancien régime, p. 197. Telemann demeurait, vis-à-vis la porle de Thôtel du Temple, chez M. Vater, facteur de clavecins.

-. M. Brenet. La Librairie musicale en France..., pp. 436-437.

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