Ibid., décembre 1750, I, pp
les instruments de cuivre, à l'ordinaire symphonie d'archets et de bois. En 1749, Jean Le Maire S un spécialiste de Fan/ares, publie Les Plaisirs de la Paix, Simphonies en trio pour le violon, la flûte, le hautbois, le basson, le pardessus de viole, la trompette, les timbales et la B. C. dédiées à S. A. S. M^' le comte de Clermont, œuvre II, 1749.
Cette composition consiste en une Suite, débutant par une Introduzione et se terminant par une Ciaconna ; elle comporte, outre la trompette {t7'omba) elles timbales, deux violons associés à des flûtes et hautbois, le clavecin et les bassons ; les timbales ne paraissent que lorsque sonne la trompette et de nombreuses indications précisent l'instrumentation. Un Affettuoso 3/4 est réservé à la flûte, un Rondeau grave s'accompagne du seul basson. Dans l'introduction, la trompette reçoit la partie mélodique et éclate au-dessus du bruissement des parties de l'orchestre :
Tromp
La trompette joue encore dans la. Fanfare où elle dessine le thème suivant :
1. Sur son œuvre II, (Bib. nat. Vm^ 1163), il s'intitule Le Maire l'aîné; c'est aussi sous cette dénomination qu'il publie son 1" Livre de Sonates pour violon et basse continue (1739) (Brenet, Loc. cit. p. 439). Il était maître de musique à Paris.
et dans la Chaconne finale. Exception faite de VAffetiuoso, écrit avec assez d'expression et de sentiment, cette composition ne marque aucun progrès sur les oeuvres analogues de Mouret et ne nous dédommage qu'à moitié de la disparition de la Grande symphonie à tiinhales et trompettes de Plessis cadet i, exécutée le samedi saint 17S0 au Concert spirituel et que Daquin accompagnait sur l'orgue -.
Quoiqu'il en soit, la tendance à la grande symphonie d'orchestre était si marquée, à cette époque, qu'on voit Mondonville ^, arranger pour l'orchestre ses Pièces de clavecin en sonates avec accompagnement de violon, dédiées à M. le duc de Boufflers, œuvre III, qui datent de 1734, époque à laquelle le musicien était premier violon au Concert de Lille.
La première apparition de cet arrangement remonte au P'' février 1749, jour où le Concert spirituel débute par « la V^ Sonate des pièces de clavecin de Mondonville mise en grand concerto »*. Sous le titre de Sei Sonate a quattro del signore Mondonville, la Bibliothèque du Conservatoire possède en manuscrit l'ensemble des sonates ainsi transformées "". L'orchestre se compose de deux violons,
Le 22 décembre 1738, il prend un privilège qu'il fait renouveler le 7 février 1749, et dont il se servit probablement pour publier l'œuvre ci-dessus. En février 1743, \q Mercure (p. 371) annonçait de lui de Nouvelles fanfares avec timbales et trompettes. On ne doit pas le confondre avec Louis Lemaire, auteur de pièces de musique vocale chantées au Concert spirituel.
1. Plessis cadet entra en 1723 a l'orchestre de l'Opéra; on le trouve en 1751 comme musicien du Concert spirituel (Brenet ; Les Concerts en France, p. 242) et, à la date du 1«'' avril 1734, il figurait en tète des 6 parties (altos) de l'Opéra, aux appointements de 300 livres. L'État de 1734-1733 porte encore son nom. (Arch. Opéra.)
2. Le Mercure d'avril 1730, p. 186 parle de cette « grande symphonie «qui fut reprise le jour de Pâques. Le journal la trouve « brillante » (p. 186). C'est probablement la même qui fut rejouée le 10 avril 1731 et le 20 mai 1731. Le Mercure indique encore une symphonie de Plessis cadet à timbales et trompettes, le samedi saint 1732 et le samedi saint iT6o. [Mercure, mai 1732, p. 181 et juin L 1733, p. 168).
3. Sur Joseph Gassanéa dit Mondonville (1711-1772), voir F. Hellouin, Mondonville. sa vie, son œuvre (Feuillets d'histoire musicale française: 1903), et Le Concert de Lille par M. Léon Lefebvre (1908). Dans la dédicace adressée à son protecteur Boufflers, Mondonville vise l'extraordinaire développement pris alors (1734) par la musique instrumentale. Il convient de remarquer ici que les Pièces de claveci7i portent, non pas une simple basse chiffrée, mais une partie réalisée destinée au clavecin. Mondonville se montre ainsi le précurseur de Rameau, dont les Pièces en concert de 1741 comportent aussi une partie de clavecin réalisée, et l'imitateur de Hœndel et de J.-S. Bach.
4. Mercure, février 1749, p. 134. Cet arrangement et ceux qui le suivirent remportèrent un succès extraordinaire. De 1749 à 1733, les 1", 3% 3«, et 6« Pièces de clavecin, instrumentées pour l'orchestre, furent jouées au Concert spirituel.
5. Le ms. du Couservatoire porte la mention : « A M. de la Salle » et provient
deux hautbois, deux bassons et d'une basse non chiffrée. Au point de vue morphologique, les Sonates de Mondonville peuvent s'étudier dans leur premier état de Pièces de clavecin, puisque l'auteur s'est borné purement et simplement à les instrumenter.
Toutes, sauf la première qui débute par un Grave staccato 2/4 ensol mineur, rentrent dans le type à trois mouvements de la Sinfonia italienne. Dans la V Sonate (appelée Overtura) le dispositif est celui de l'Ouverture à la française : le Grave staccato, avec reprise, s'enchaîne à un Allegro en fugato ; puis un point d'orgue précède la mesure {Adagio) finale, après laquelle suivent un Aria [sol majeur) en 2 couplets munis du Da Capo et une Gigue à 12/8.
Généralement monothématiques, les Allégros se découpent en reprises et le thème initial se' réexpose à la tonique après l'incursion dans le ton de la dominante (Sonates III, V). Ces Allégros^ comme tous ceux de cette époque, s'inspirent du dispositif de la Fugue : monothématisme, travail d'imitations provenant du jeu dune réponse contre un sujet, expositions successives à la tonique, à la sous-dominante, au relatif mineur de la sous-dominante, puis à la dominante, et enfin retour à la tonique. Cependant, on peut trouver des traces de bithématisme, dans V Allegro initial de la Sonate V. Presque toujours le développement s'effectue à l'ancienne manière par un travail de passages confié aux deux instruments qui procèdent, assez sèchement, à une série d'imitations imbriquées, serrées en strette les unes contre les autres.
Mais quelques signes d'un changement de style se laissent discerner dans la Sonate II, dont la Gigue présente un caractère de simplification très symphonique. De même, la gracieuse Sonate III [si 1;) débute par trois accords du ton frappés par le clavecin ^ pendant que le violon expose le thème. Conduite de si 7 en fa majeur, après une poussée vers le ton à'ut înajeurei une inflexion au relatif mineur de la dominante, la tonalité conclut en fa aux deux barres ; le thème est exposé en entier dans cette tonalité, puis on passe
probablement de la collection de cet amateur. Cette mention n'autorise nullement a dire que Mondonville dédia à M. de la Salle l'arrangement de ses Pièces de clavecin dédiées déjà au duc de Boufflers.
1. Le début en accords frappés était alors une mode; on voulait, sans doute, attirer par là Tattention de l'auditeur. (Cf. 'Wagenseil, symph. en ré majeur (1746) Denkmaler der Tonkunst in Oesterreich.)
en sol mineur, 7ni ^, fa majeur, sol mineur pour terminer en si [7 par une réexposition du thème initial non suivie de développement.
Après un Aria (3/8) très développé, dans lequel le violon mène le chant, V Allegro final se déroule avec une grande finesse d'écriture. Ici, plus de scolastique, mais des touches légères, aériennes, comme effleurées et bien dans l'esprit du clavecin :
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Voici comment Mondonville a transcrit ce début pour l'orchestre :
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La partie de premier violon reproduit donc la partie de violon des Pièces de clavecin ; le deuxième violon se charge des dessins et de l'harmonie de la main droite du clavecin, parfois en les baissant dans l'échelle, et les basses s'inspirent, sans se doubler systématiquement, du travail de la main gauche^.
On constate les mêmes qualités d'écriture, souvent assez modernes, quoique mêlées à de vieilles formules, dans la Sonate IV, dont Y Aria présente de souples figurations, avec syncopes intérieures, de l'effet le plus élégant :
Violou
Clavecin
1. L'arrangement en concerto (ie l'œuvre V de Corelli par Geminiani s'elïectue d'une façon analogue (édit. Walch, à Londres). La Sonate XIL P- 9 [Follia)
Le « Vorhalt » de Mannheim se montre en (a) et se trouve répété sous la forme suivante :
t^-î=Tr~r-ri r J. ;.
1750. — Pendant l'année 1750, les séances du Concert spirituel débutent régulièrement par une symphonie d'orchestre dont, malheureusement, le Mercure néglige trop souvent de nous indiquer l'auteur. Le journal se contente de mentionner une « grande symphonie » ou une « belle symphonie » ou une « brillante symphonie », sans en dire davantage. Parmi ces symphonies étrangères, citons, outre le concerto du Printemps de Vivaldi, toujours très apprécié, une symphonie d'Hust (15 août 1750), une symphonie « del signor Graun » ^ et une sonate de Gorelli, mise en concerto par Geminiani (8 décembre).
La symphonie française est représentée par des œuvres que nous n'avons pu retrouver : symphonie à trompettes et timbales de Plessis cadet déjà signalée, symphonie de Travenol -, le 31 mars, et symphonie à deux cors de chasse de Labbé le 111s, le l"^'" novembre ^
Cette dernière, en raison de la place quelle occupe dans le programme (la deuxième), n'était peut-être pas une symphonie à grand orchestre, mais seulement une symphonie pour deux cors, semblable à celles de Naudot et de Guignon ; ce n'est là toutefois qu'une hypothèse. Sa disparition entraîne d'autant plus de regrets que Labbé le fils' fait preuve des plus sérieuses qualités dans ceux de ses ouvrages qui nous ont été conservés. En décembre 1754, il jouait, au Concert spirituel, avec Bureau, Sallentin et Persier, une Suite d'airs arrano-és
reçoit rinstrumentation suivante: Le premier violon du concertino joue le thème tel qu"il est présenté dans la Sonate, pendant que le deuxième violon exécute un accompagnement saccadé. Le premier violon du grosso double ou syncope celui du concertino; l'alto tient des pédales liées et la basse reproduit la B. G. de la sonate.