‹ L'Année musicaleChapitre 48 sur 159 · Brenet. Loc. cit., p · texte numérisé non relu

Brenet. Loc. cit., p

3. Bib. nat. Vm' 1508 (s. d.). Nous n'avons pu jusqu'à ce jour identifier ce musicien. Le nom de Papavoine est très répandu à Rouen et à Louviers.

Grégoir (Documents historiques, IV, p. 49) dit qu'il naquit vers 1720. Aux environs de 1750, il était 1'^'' violon au Concert de Rouen, et avait pour protecteur M. de la Bourdonnaye, intendant de la généralité de Rouen. Son nom se lit, pour la première fois, dans \q Mercure à la date du 7 juin 1755. T. I, où, après avoir annoncé l'œuvre III du musicien, Six simphonies pour 2 violons, alto viola, basson ou violoncelle obligé, avec la B. C, gravées par M""» Leclair, à Paris, chez l'auteur, rue Saint-Honoré, vis-à-vis l'hôtel de Noailles, Vernadé, Bayard, Castagnery p. 194), on donne le Catalogue des œuvres de M. et M<^° Papavoine :

1» 3 Symphonies à 4 parties, œuv. I"'.;

2» Pièces de clavecin avec accompagnement de violon, œuv. II;

30 6 Symphonies à A parties, œuv. II] .

En plus 6 cantatilles, sous le nom de M"° Pellecier (M"»» Papavoine). D'après Eitner et Fétis. Papavoine entra en 1760 à l'orchestre de la Comédie-Italienne, et en 1762 à l' Ambigu-comique, en qualité de 1" violon. Il ne paraît pas qu'il soit mort à Marseille, en 1793 comme le prétend Fétis. Selon Grégoir, il se trouvait à la Haye en 1780.

En avril 1757, le Mercure (I, p. 182) annonce de Grandes symphonies en concerto pour 2 violons, alto et violoncelle obligés et 2 autres violons et basse que l'on peut supprimer, dédiées à S. A. M. le prince de Lorraine, chanoine de Strasbourg, abbé de l'abbaye royale de Saint-Victor de Marseille, composées par M. Papavoine, œuvre IV. En juillet 1764, il publie son œuvre V, des Sonates à violon seul et B. .{Mercure, juillet 1764, p. 144) et, en août et septembre de la même année, deux Duos à la grecque, œuvres VI et VII. puis, en novembre 1764, l'œuvre VIII : Symphonie avec haubois, flûtes, cors de chasse chez l'auteur, rue Mauconseil (Mercure, novembre 1764, p. 117).

puis vient un deuxième thème en fa majeur (relatif majeur), après lequel reparaît le premier thème en ré mineur. Nous sommes donc ici en présence d'une forme lied bien déterminée. Ajoutons que la mélodie très ouvragée, très violonistique, n'a guère de caractère symphonique ; on retrouve les sextolets de doubles croches chers à Pinaire. Papavoine, comme tout bon violoniste de son temps, se complaît dans la pratique de ce que Béthisy appelle « les grandes distances », c'est-à-dire qu'il parsème thèmes et passages de grands écarts. D'où, une thématique sabrée, à cassures brusques, à notes piquées, quelque chose d'anguleux et de métallique. Toujours ou presque toujours basée sur la gamme du ton, cette thématique accumule, dans les premiers mouvements, les gammes rapides, les chaînes de triolets de doubles croches; elle montre sur le vif le travail de développement par broderie qui est alors seul en usage. Voici un spécimen de l'écriture de Papavoine (Symph. I, Allegro, ma non Iroppo).

Alto

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LA SYMPHONIE FRANÇAISE VERS ^oO

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Le flottement mélodique de V Andantino sempre piano ne manque pas de charme :

Au point de vue dynamique, on peut refaire sur ces symphonies les observations qui nous ont conduit plus haut à rattacher les

nuances, soit à la technique, soit à la registration, soit aux modulations.

Quelques temps après Papavoine, un autre violoniste, Nicolas Vibert S publiait un ouvrage de symphonies. La Bibliothèque Nationale possède trois œuvres de cet auteur, dont le second^ : Six sonates à trois : deux violons et basse, qui porte un privilège du 18 février 1752 est seul capable de nous intéresser.

Nicolas Vibert est avant tout un violoniste :

Pastorella Sonata III

Ses sonates comportent toutes trois morceaux; saut dans deux, les rentrées régulières ont lieu. De fréquentes indications de solos et de tutti prouvent simplement que Vibert est un virtuose et, en effet, la première sonate se termine par un Xon^Capricio, sorte de fantaisie libre entremêlée de solos et de tutti. Le style est assez proche de celui de Locatelli et la technique du violon y est avancée, comme chez le maître italien. A noter un emploi de termes romantiques recherchés : Largo ideali (?); Allegro assai bizaria qui font aussi songer aux inventions du violoniste deBergame. Dans la cinquième sonate, on remarque une charmante Musette majeure et mineure avec un curieux accompagnement en réponses alternées du second violon et de la basse, à laquelle peut encore s'ajouter un basson.

Pendant l'année 1752, le Concert spirituel, à côté de symphonies (c à grand chœur » de Guillemain, de Mondonville et de Martin, joue le 4 avril une « grande symphonie de M. Carafte » ^. Il s'agit ici de Charles Placide Caraffe, ou Caraffe le jeune, qui publia, cette année-

1. Fétis et Eitner sont muets sur ie compte de cet artiste. Nicolas Vibert naquit vers 1710, et tenait un emploi de violon au Concert spirituel en 1731 ; le 28 décembre 1752, il obtenait la survivance de Louis Forcade aux 24 violons (Oi,98). Vibert était entré à l'orchestre de l'Opéra en qualité de violon surnuméraire, en 1757 (Arch. Opéra). Il mourut à Paris le 16 août 1772; marié à Barbe Carré, il habitait rue Censier ; on l'enterra à Saint-Mélard. Son frère, Jean-Baptiste, était maître luthier (Arch. Seine, Fonds Bégis). Le 18 fé\rier 1732, Nicolas Vibert prenait un privilège de dix ans pour des « Sonates en trio de sa composition » (Brenet. Loc. cit., p. 447).

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