‹ L'Année musicaleChapitre 49 sur 159 · Mercure, mai 1752, p · texte numérisé non relu

Mercure, mai 1752, p

là : Six simphonies à trois violons et une basse dédiées à M^"" le duc de la Force, pair de France, chez l'auteur rue des Saints-Pères, à l'hôtel de la Force, Boivin, Leclerc, Castagneri^

Sauf la dernière, traitée en forme de Suite, ces symphonies se distribuent en trois mouvements; àïemarquerquc les Allégros de début ne sont pas munis de reprises ; ils affectent d'ailleurs assez régulièrement la forme sonate, mais le style est scolastique, et, dans l'ensemble a quelque chose de suranné. Quelques thèmes rachètent la monotonie de ces compositions par leur allure accorte et spirituelle, tel celui de V Allegro initial de la Symphonie IV. On remarquera que Caraffe revient au système des trois violons et de la basse, combinaison abandonnée depuis Simon, partons nos symphonistes, Blainville, Guillemain, Martin, Pinaire et Papavoine, mais sur laquelle le recueil de symphonies à trois violons de Sammartini, op. II, publiée à Paris vers 1751 , pouvait attirer de nouveau l'attention.

Au contraire, les Ouvertures à quatre parties dédiées à M^^ Chicoyneau de la Valette, composées par M. Miroglio, IIP œuvre, gravées parM"** Vandôme, font appel au quatuor normal d'instruments à archet, deux violons, alto et basse ^, mais l'alto peut être remplacé par un troisième violon. Ce sont des Ouvertures italiennes disposées en trois mouvements, avecquelques velléités de bithématisme dans les Allégros (Ouv. I, II) ; elles paraissent au Concert spirituel les 11 mai, 1" juin et 8 décembre 1752.

Le Mercure indique même qu'on exécuta, au début du concert du 8 décembre, « la troisième Ouverture du IIP œuvre de M. Miroglio »,

1. Bib. du Conservatoire. Caraffe le jeune, portait les prénoms de Charles-Placide, et était le troisième fils d'Antoine-Placide Caraffe et de Geneviève Tosiger. Né à Paris en 1730, il obtint, le 19 janvier 1749, la survivance de Tun des 24 violons de la Chambre, sur la démission de Charles Baudy (Arch. Nat. Oi, 93). 11 était entré à TOpéra, en 1746, sous le nom de Caraffe troisième et on le voit figurer sur l'état de 1732 parmi les 6 violons à 600 livres (Arch. Opéra). Le 30 juin de la même année 1752, il prend un privilège, avec lequel il publie ses 6 Symphonies à trois violons et une basse (Brenet. Lac. cit., p. 447).

Une symphonie de lui fut jouée le 24 décembre 1755 [Mercure, janvier 1736, p. 202). Caraffe le jeune mourut à Paris le 23 octobre 1736 sur la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois (Arch. Seine. Fonds Bégis).

2. Bib. nat., Vm'' 1519 (s. d.). L'auteur s'appelait Jean-Baptiste Miroglio et était le frère cadet de Pierre Miroglio l'aîné, maître de musique, en 1741, du prince de Carignan ; il n'était point né « vers 1750 » comme le disent les Dictionnaires. En 1739, il figure dans le Tableau de Paris comme « maître de violon et de pardessus de viole » et demeure cour du Grand Cerf, où il ouvrira avec Peters, en 1763, son bureau d abonnement musical (M. Brenet. Les débuts de l'abonnement de musique. Mercure musical, 15 octobre 1906) .

c'est-à-dire l'Ouverture en ut majeur, dont le Presto final, en 6/8, consiste en une sorte de « Chasse » qui s'interrompt soudain pour laisser soupirer un bref Andante sotto voce, après lequel le Presto reprend, de plus belle, sa galopade.

V Allegro par lequel débute l'Ouverture II (sol majeur) affiche une mise en œuvre mélodique que l'on retrouve chez les maîtres allemands, en particulier chez Richter et J. Staraitz^ : de trois accords frappés du ton ào. sol majeur s'échappent, aux deux violons et à deux reprises différentes des cascades d'accords brisés qui s'arrêtent sur une cadence à la dominante, après laquelle s'expose un deuxième thème :

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