‹ L'Année musicaleChapitre 59 sur 159 · Ibid., juillet 1734, p · texte numérisé non relu

Ibid., juillet 1734, p

4. Nous adoptons l'orthographe de Mahaut et non pas celle de Mahault, car c'est celle de la signature autographe du musicien apposée sur l'exemplaire de la Bibliothèque nationale. On sait fort peu de choses sur lui. Fétis prétend qu'il était flûtiste à Amsterdam, et qu'il se réfugia à Paris en 1760 pour se mettre à l'abri de ses créanciers. Le nom de Mahaut est représenté, dans le Ilainaut, à Mons.

5. Bib. nat., Vm" 1311 (s. d). Le 29 novembre 17S4, un sieur X... prenait un privilège pour « six simphonies et autres ouvrages de musique instrumentale d'Antoine Mahault ». (Brenet. Loc. cit., p. 449). 11 s'agit de l'œuvre II.

6. Il convient de remarquer que la mention : « Coj^s ad libitum » est pour ainsi

Quoi qu'il en soit, les symphonies à cors de chasse de Mahaut comprennent trois mouvements : Preslo, Largo ou Andanle, Presto. Les cors ne s'emploient que dans les morceaux extrêmes, le mouvement central demeurant confié au seul quatuor à cordes. La contrebasse figure explicitement dans le Presto initial de la deuxième symphonie.

Cimhalo 8: Violone o ^

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Contre Basse

Ces mouvements extrêmes, généralement construits sur un seul thème, présentent la forme de la sonate ternaire, c'est-à-dire qu'après l'incursion à la dominante, le thème initial est repris à la tonique et suivi d'un coda assez considérable. Le rôle des cors est purement harmonique ; ils ponctuent les entrées thématiques et le compositeur ne leur confie aucune mélodie indépendante de celle du quatuor d'archets. L'exemple ci-après, montrera le dispositif adopté (Sinfonia I).

Presto

Corl

f. Cor 2

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Alto

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VAndante 8/8 de cette symphonie est construit comme un pré-

dire générale à cette époque. Dans les éditions françaises des œuvres III et IV de Jean Stamitz, ne figurent que quatre parties obligées ; les parties de cors « se vendent séparément ».

mier morceau de sonate sur une seule mélodie aux souples inflexions, et se déroule avec noblesse et tranquillité :

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La dynamique est soignée et précise ; on voit des indications comme : « mezzo forte », « poco piano », etc.

Avant de quitter Mahaut, citons le Concertino a 4-° stromenli del signor Mahoti du fonds Blancheton du Conservatoire ^ qui doit vraisemblablement, être attribué à notre musicien. Il est encore écrit avec la coupe binaire des vieux Italiens, sans rentrée du premier sujet à la tonique. Le premier mouvement montre déjà deux thèmes contrastés (a) et (b).

^^) Allegro

Le thème (a) reparaît à la dominante, immédiatement après les barres de reprise, ainsi que le thème (b), lui aussi, à la dominante, et leur succession donne lieu à tout un développement étendu et modulé, mais sans rentrée du thème initial dans le ton principal.

Mahaut reste fidèle à cette coupe dans VAndante. Quant au finale, il est très court, et ne comporte pas de rentrée, de sorte que toute l'œuvre fait état du dispositif ancien des Italiens, et cela, d'une manière encore plus constante que les vieilles compositions italiennes qui, le plus souvent, adoptaient un système mixte rejetant la rentrée dans le premier morceau et au contraire la ramenant normalement dans le finale.

1. Fonds Blancheton du Conservatoire, Opéra quinta, n» 211, p. 28. Ce fonds, l'un des plus riches en œuvres instrumentales italiennes du xvm« siècle, ne comprend pas moins de 250 symphonies à trois ou quatre parties qui, nécessairement, sont antérieures à 1756, M. de Blancheton, conseiller au Parlement de Metz, étant mort le 6 mars de ladite année. (Voy. Emmanuel Michel : Biographie du Parlement de Metz; Metz, Nouvian, 1833).

1755. — Venons-en maintenant aux symphonies de Davesne qui comportent elles aussi des cors de chasse. Le 18 mars 17oo, le Mercure signale, au Concert spirituel, une « symphonie nouvelle )> de M Davesne^. Or, les Spectacles de Paris de 1754, en rappelant que Davesne s'était avantageusement fait connaître au Concert par plusieurs motets, vantaientses «bonnes ouverturesdel'Opéra-Comique». Gomme son œuvre P' de musique symphonique consiste justement en Ouvertures, nous pensons que la s^^mphonie de 1755 appartient à l'œuvre P'' ainsi intitulée :

Six Ouvertures, à quatre, deux violons, alla viola et basse, dédiées à Monsieur le comte de Seneclerre, Par M. Davesne de V Académie Royale de Musique, œuvre P'', gravé par Céron, à Paris, chez l'auteur, rue Bertin-Poirée, chez M. Dominé, Vernadé, Bayard, Castagnery. On vend les parties de corps de chasse (sic) séparément '-. L'orchestre comprend deux violons, alto, basse non chiffrée (violoncelle), basson, deux cors, deux hautbois.

Composées, sauf deux (Ouvertures II, IV), de quatre mouvements, les Ouvertures de Davesne appartiennent au type de Y Ouverture à la. française ou mieux dela5M2.'/e. Elles débutent majestueusement par un Grave 0 ou 2, suivi à'nn Allegro presque toujours de mesure binaire, d'un Andante, d'un Aria, ou d'une Gavotte dédoublée (Ouvert. I), et se terminent, soit par un Allegro, soit par deux Menuets (Ouvertures m, V) .

Le Grave offre l'allure du premier mouvement lent de V Ouverture à la française, au rythme saccadé, ajouré danacrouses sur les temps faibles et, à l'exemple de celui-ci, il cadence souvent à la dominante.

Construits, soit sur un seul thème, soit sur deux thèmes de caractère contrastant (Ouvertures II, III), les Allégros ne présentant pas

1. Mercure, avril 17oo, p. !l9a. Pierre-Just Davesne entra comme violoncelliste à l'Opéra en 1750. Au mois de septembre 1751, il compte parmi les basses du grand chœur aux appointements de 500 livres, et remplit le même emploi en 1752, 1754 et 1757 (Arch. Opéra). D'après M. Pougin, Davesne quitta l'Opéra en 1766 avec une pension de 300 livres, et vivait encore en 1784 (Supplément de Fétis, I, p. 239). Les 4 et 8 avril 1757, on exécuta 2 symphonies de lui au Concert spirituel [Mercure, avril, II, p. 176 et mai, p. 197). Ces symphonies étaient probablement extraites de son i" OEuvre d'ariettes italiennes mises en symphonies, annoncé dans le Mercure de mai 1757, p. 191.

2. Arch.comi''5 d'Agen. Bib. du duc d'Aiguillon, série 11,84. Les parties de premier cor et de deuxième hautbois manquent. 11 y a, pour l'Ouverture VI, une partie manuscrite de second cor, variante de la partie qui est gravée. Davesne avait écrit de la musique instrumentale dès 1743.

de réexposition à la tonique ; leur écriture, tout à fait symphpnique, laisse les thèmes se dégager au-dessus de batteries ou d'accords brisés confiés aux parties secondaires. Par sa physionomie très moderne, la mélodie de Davesne se sépare fréquemment de la thématique, issue de l'accord du ton, si employée jusque-là. Tel motif d'Andante :

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fait oublier toute la mécanique diatonique qui remplit les compositions de l'époque ; il y a, chez Davesne, de la tendresse, un sentiment délicat et pénétrant, que soulignent, mélancoliquement, des incises chromatiques et des intervalles aUérés.

Quant à l'instrumentation, elle offre un vif intérêt. Seules les Ouvertures I, III, V, VI, écrites dans des tonalités accessibles aux cors, comportent l'emploi de ces instruments, qui disparaissent, d'ailleurs dans les Andanles et dans les seconds Menuets et secondes Gavottes présentés en mineur. De la sorte, la composition, après une entrée brillante et sonore, se recueille en une méditation intime, avant de se clore avec éclat ^. Parfois, leur rôle se borne à compléter l'harmonie et à ponctuer les rythmes^ :

Allegro 3E

Corno 2°

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