Ibxd., juin, II, p
L'œuvre III de Lamoninary^ remonte au mois de juin 1755 ; l'œuvre II est antérieure de cinq à six ans. Toutes deux forment des recueils de Six Trios pour deux violons et la basse- et sont dédiées, comme la plupart des compositions de cet auteur, à M. le marquis de Gernay.
Dans l'œuvre II, tous les premiers morceaux des sonates sont intitulés Allegro ma non troppo et, sauf pour le n° 4, tous les finales portent l'indication Minuelto amoroso. Cette adoption d'un rythme ou d'un mouvement unique pour chaque sonate est assez bizarre et doit répondre au goût plutôt « galant m de M. le marquis de Cernay.
Lamoninary adopte un système mixte pour ce qui concerne la coupe des premiers morceaux de ses sonates : tandis que, dans la première sonate, le début n'est pas repris, le premier morceau de la troisième (en sol) nous offre un exemple de rentrée régulière du thème initial après développeynent. Cet emploi simultané des deux coupes rivales — l'ancienne et la nouvelle — ■ est d'ailleurs fréquent et principalement chez les maîtres italiens ; il caractérise essentiellement une époque de transition où les vieux procédés subsistent avant de faire place aux nouveaux venus.
Le bithématisme existe dans les sonates de Lamoninary, mais il y est assez peu net; les thèmes sont mélangés et de caractère très italien. Les Andanles, encadrés entre V Allegro ma non troppo du début et l'invariable Minuetto amoroso, achèvent de nous donner une impression d'italianisme absolument décisive : Andante
1. Mercure, juin, I, 175b, p. 194. Le 27 juin 1749, Lamoninary prenait un privilège, valable 12 ans, pour des trios à deux violons et basse de sa composition.
Jacques-Philippe Lamoninary naquit à Maroilles, près Valenciennes, le 14 juillet 1707. Sous le nom de Moninary, il apparaît, pour la première fois, dans la Communauté des joueurs d'instruments de Valenciennes en 1723-1724. 11 paie alors une cotisation de ^ livres. Le 6 mars 1734, il épouse, en Téglise Saint-Nicolas de Valenciennes, Marie Magdelaine Wiscart. En 1749-1730, Lamoninary est maître juré de la Communauté des joueurs d'instruments. Son nom ne figure plus sur les comptes à partir de 1773. En 1733, il fait partie de la musique de la ciiapelle de Saint- Pierre de Valenciennes (Arch. com. de Valenciennes).
Dans sa Statistique du département du Nord, Dieudonné l'appelle un « agréable violon de Valenciennes » (lll, p. 123). 11 mourut à Boulogne-sur-Mer le 29 août 1802 (A. Lejeal. Recherches historiques sur les Manufactures de faïence et de porcelaine de l'arrondissement de Valenciennes, p. 61).