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OEuv. III, Sonate VI, Allegro

maître, le menuet termine invariablement la sonate, mais le genre du Minuetlo amoroso lui appartient en propre. Il est, pour ainsi dire, distinctif de son style. Ce style, souvent contourné, fleuri et exagérément « solistique », dans les Andantes ou les Allégros, se clarifie, se simplifie et s'ennoblit dans les Menuets; il en est de même chez Lamoninary qui est, à ce point de vue, un précurseur du maître de Lucques.

L'écriture du musicien français est homophone : les deux violons marchent souvent à la tierce. Dans les Sonates II, IV, V et VI, le premier violon, au début, est accompagné par le second. La basse a un rôle assez actif.

L'œuvre III ^ nous apporte quelques changements. L'inspiration devient plus romantique ; sur les six sonates, quatre ont des tonalités mineures. Il y a dédoublement du Menuet dans les n°^ 2, 3 et 4 : mais l'appellation de Minuetto amoroso se maintient toujours. Le style, d'une technique plus avancée que dans l'œuvre précédente, est toujours nettement « violonistique » et se rattache à la grande école des Geminiani et Veracini ; dans les Menuets, il présente toujours la même allure coulante et simple, et le premier violon y est parfois accompagné par le second. L'écriture reste en général homophone ; quelquefois en opposition au début des morceaux, les violons n'ont que rarement de véritables imitations et les rentrées, elles aussi, sont assez peu fréquentes. Développements généralement libres.

Lamoninary se montre fidèle à son système de Menuet terminal dans son œuvre IV qui a paru en 1766 : Six Quatuors en simphonies, pour deux violons, alto, violoncelle obligé et organo, dédiés à Monsieur le Marquis de Cernay... œuvre IV, gravés par M"'^ Oger'^

Ici encore, nous retrouvons le Minuetto amoroso à la fin de tous ces quatuors que Lamoninary baptise Sinfonie, et qui s'établissent sur le type a trois mouvements. L'écriture s'est simplifiée, éclaircie et prend un aspect symphonique, ainsi qu'on peut le constater par l'exemple ci-après, dans lequel le bithématisme apparaît plus nettement que dans les deux œuvres précédentes [Sinfonia V) :

1. Six Trios pour deux violonset la basse... gravés par W^" Berlin, chez l'auteur, à Valenciennes.

2. Bib. nat. Vm' 1289 (s. à.). Mercure, avril 1766, I, p. 177.

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1756. — Quelques mots suffiront pour rendre compte des Six Trios pour deux violons et la basse, IP œuvre, que M. Mathieu le tils dédia en 1756 à sa protectrice Madame Victoire de France K

1. Son privilège est du 6 décembre 1756 (Brenet. Loc. cit., p. 450). Julien- Aimable Mathieu, naquit à Versailles, le 31 janvier 1734, de Michel Mathieu et de

Ils ne se distinguent guère à l'ordinaire des innombrables sonates de chambre italiennes de la même époque : tous ont trois morceaux et deux sont terminés par des Menuets. Dans le cinquième, ce Menuet est flanqué de trois variations de pure virtuosité dont on admirera la progression (assez fréquente chez beaucoup d'auteurs) : la première brode le thème en double croches, la seconde en triolets» la troisième en quadruples croches.

Le deuxième trio débute par un Andante où l'écriture delà partie du premier violon dénote un instrumentiste de race :

Il y a deux thèmes dans ce morceau : le second est repris avant le premier dans la rentrée qui se fait tout à la fin. Cette méthode d'intervertion des thèmes dans la rentrée est très familière aux maîtres italiens contemporains.

A cet Andante succède un Aria grasioso (à la française) suivi d'un Minore avec Da Capo, embryon de la future Romance si caractéristique de l'école française. Le Trio se termine par une Gigue bâtie à la façon d'un morceau de sonate.

Voici un exemple qui donnera une idée de l'écriture concertante des Trios de Mathieu (Trio IV, Largo) :

Deux dé ces Trios ont leurs trois morceaux écrits dans la même tonalité.

Jacqueline-Françoise Barbier; musicien du roi en 1734, il obtint l'emploi de premier violon de la chapelle. Devenu maître de la chapelle royale en 1770, il garda sa charge jusqu'en 1791, puis reçut l'orgue de l'église Saint-Louis de Versailles. Mathieu mourut à Paris, le 6 septembre 1811. (P. Fromageot. Les compositeurs de musique versaillais, pp. 64, 65.)

Les œuvres I et II de Mathieu le fils sont annoncées dans le Mercure de mars 1757, p. 182.

9i L ANNÉE MUSICAr^E 1911

De Cannée S nous connaissons l'œuvre I qui se place vers 1756, et que possède la Bibliothèque nationale : Six Sonates en trio pour deux violons ou deux pardessus de viole avec la B. C, dédiées à iM™^ Hoquart. Par M. Cannée, de V Académie royale de Musique'^.

A l'exemple de Lamoninary, Cannée termine ses compositions par des Menuets ; le style est violonistique et peu symphonique, mais la thématique et la dynamique montrent à quel point la musique française de ce temps se sature, pour ainsi dire, d'influences étrangères et surtout d'influences italiennes. Sans doute, un pareil travail d'assimilation, s'il atténue à peu près toute personnalité, ne va pas sans quelque profit, et de l'œuvre de Cannée se dégage çà et là une indication des progrès réalisés dans l'emploi de nuances expressives contribuant à caractériser une mélodie. Il écrit par exemple, à l'instar deJommelli {Andantino àe Ir Sonate V) :

multiplie des pianissimos, et marque decrescendo (Sonate I).

Une attention constante à la registration, au choix des timbres, s'associe à de semblables préoccupations de nuances dans presque toutes les œuvres symphoniques d'alors. Lorsque Michel Corrette publie en août 1736, Sei Concerti a sei strumenti, cimbalo o organo obligati, tre violini, flauli, alto viola e violoncello, œuvre XXVI, dont la rédaction italienne du titre apporte une nouvelle preuve du vent d'italianisme qui souffle à Paris, il prend soin d'insérer un avertissement dans le Mercure, afin de fournir des indications précises sur la manière de les exécuter^.

1. Cannée était violon surnuméraire à l'Opéra, où il entra en 1735. Il quitta l'orchestre, le 1" juin 17.j7 « par congé absolu », et touchait alors 250 livres d'appointements. Ce fut Louis Piffet qui le remplaça (Arch. Opéra). Un violoniste, du nom de Canée, était employé au pensionnat des Jésuites de Clermont-Ferrand, en 1743.

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