‹ L'Année musicaleChapitre 68 sur 159 · Bib. nat., Vni' 1203 (s. d · texte numérisé non relu

Bib. nat., Vni' 1203 (s. d

3. Me?'cz/re, août 1736, p. 179. Voici le texte de cet avertissement: « L'auteur avertit que, sur l'orgue, il faut toucher les allegro sur le grand jeu. les adagio sur les flûtes et les solo siu" le cornet de récit, à l'exception du 3» Concerto ; les autres peuvent se toucher sans symphonie. La partie de flûte n'est nécessaire que lorsqu'on exécute ces Concerto sur l'orgue, et les pizzicati dans les parties de violon ne doivent avoir Heu que quand on les exécutera sur le clavecin ». — Rappelons qu'en 1736, et depuis l'année précédente, l'organiste Balbastre exécutait avec le plus grand succès des concertos d'orgue et des arrangements, pour cet instrument, d'ouvertures d'opéras.

Cet italianisme, le chevalier d'Herbain l'a subi mieux que quiconque, puisqu'il fit représenter à Rome et à Florence un intermède italien de sa composition ^. Le 8 décembre 1756, le Concert spirituel donnait, comme primeur, « une symphonie nouvelle » de lui, qui ne nous est pas parvenue -.

Mais nous pouvons juger de sa manière par les VI Sonates de clavecin avec un violon ou flûte d'accompagnement. En forme de dialogîie, gravées par M'^^ Vendôme ^ que conserve la Bibliothèque nationale . Deux ou trois mouvements par sonate, des mélodies morcelées, à petits rythmes aigus, ou bien épanouies en interminables panaches, de soudains contrastes dynamiques, l'emploi presque perpétuel du système de la basse d'Alberti, tels sont les caractères essentiels de cet ouvrage que ne renierait pas un musicien dau-delà des Alpes.

1757. — L'œuvre d'Antoine Bailleux *, dont six symphonies furent annoncées en janvier 1757, est encore plus typique au point de vue de l'action exercée sur un musicien français par les courants étrangers qui tourbillonnaient alors en France.

A la fois professeur, auteur et éditeur de musique, Antoine Bailleux doit avoir connu tout ce qui se publiait de son temps : le fait est que sa musique témoigne d'influences très diverses, mais absolument certaines. Si l'on voulait se rendre compte de l'effet produit en France par l'apparition des nouveaux recueils d'ouvertures italiennes connus sous le nom de Vari autori, il suffirait de jeter un coup d'œil sur une série de symphonies d'Antoine Bailleux. Cet homme avisé n'ignore pas non plus les récentes créations de l'école de Mannheim, et il s'est aussitôt approprié quelques-unes de ses plus brillantes « manières » ; mais, au moins dans les symphonies que nous avons eu l'occasion d'étudier, l'italianisme est si débordant qu'il ne permet pas à première vue d'apercevoir des détails qui, vraisemblablement, proviennent chez lui d une autre source '". Voilà donc un artiste cos-

1. Sur le clievalier d'Herbaiii, voir Fétis. Il était chevalier de Saint-Louis et capitaine au régiment de Tournaisis. Un intermède de lui, Il Geloso, fut représenté à Rome en 1731.

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