Sinfonia III
de voir combien l'auteur multiplie les indications de F ou de P. Il y a déjà là une sorte de romantisme avant la lettre qui se fait jour dans le champ musical aux environs de 1760. Pour mieux en juger, qu'on veuille bien encore jeter les yeux sur le passage d'un Largo grazioso e piano curieusement bâti en Rondo, avec deux intermèdes, le second mineur, dont voici le dessin :
Aussi bien que ceux des maîtres italiens, Bailleux connaît tous les procédés caractéristiques de la célèbre école de Stamitz et son principal mérite à nos yeux sera de les employer à un point de vue tout symphonique. C'est en vue de l'ensemble et non de tel ou tel instrument particulier que les effets sont calculés. Son instrumentation, basée sur les deux violons (qui marchent généralement à la tierce) est tout homophone. L'alto reste soudé à la basse, toujours chiffrée. Dans V Andante du n° 2, le deuxième violon amorce le chant qui se résout aussitôt dans une batterie continue ; mais c'est là un cas exceptionnel. Les deux violons ne forment qu"un seul groupe opposé à celui des basses, dont le rôle est d'ailleurs assez peu important.
A signaler encore l'emploi d'une terminologie nettement romantique : Adagio lamentoso e sempre piano, Allegro ma poco, Largo grazioso e piano, etc.
1758. — Beaucoup moins intéressantes, les Symphonies de Louis Aubert, dont l'une fut exécutée le 24 mars 1758 au Concert spirituel -,