‹ L'Année musicaleChapitre 92 sur 159 · Scène française (M™^ Mara · texte numérisé non relu

Scène française (M™^ Mara

Terzetto (M"^*^^ Saint-Huberti et Mara, Amantini) Paesiello.

On voit que le nom de Bagge se trouvait en excellente compagnie'.

Ce ne fut guère dans les œuvres musicales du baron que les contemporains trouvèrent matière à exciter leur verve, mais en ce qui concerne son talent de violoniste tous les témoignages se trouvent d'accord et il nous faut bien abonder dans ce sens, bien que nous ne sachions pas d'une façon précise quels étaient les défauts de Baggeàqui ne manquèrent pourtant ni les bons professeurs, ni les bons exemples. D'après une anecdote des plus connues, Joseph II, après avoir entendu Bagge lui jouer un concerto de sa façon, se serait écrié : « Mon cher baron, je n'ai jamais entendu jouer comme vous! » Sur quoi le baron se rengorgea, tout heureux de ce qu'il prenait pour un compliment. « Jamais, dit un article nécrologique, jamais baron n'a fait de plus terribles grimaces que celui-ci, aussitôt qu'il prenait son violon et saisissait son archet. Son visage, ses muscles, tout son corps étaient dans la contraction la plus pénible et quand il s'animait en jouant, on entendait des sons qui pouvaient se comparer aux plaintes d'un chat. Il ne donnait jamais un concert sans gratter un solo de violon; et il était dangereux d'en rire, parce qu'il jetait aussitôt feu et flammes et mettait le fâcheux à la porte -. »

En 1785 le flûtiste Dulon fit à Strasbourg la connaissance de Danner qui était rentré récemment de Paris où il avait reçu des leçons du baron. Danner exécuta à la manière de son maître un con-

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