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Tablettes de renommée des musiciens, Paris, 178o, in-S

2. Le comte d'Albaret avait à son service les frères Rousseau, deux musiciens de talent qui jouèrent parfois rue de la Feuillade: l'aîné était violoniste, le second violoncelliste. Ils composaient ensemble et publièrent comme op. I (avec la collaboration de Le Jeune) 4 trios d'airs connus dialogues et variés pour :2 violons et basse, dédiés au comte d'Albaret (Vm' 116.j); comme op. 2, 4 trios du même genre dédiés au duc de Chabot (Ym' 1166).

en 1784. Elle donne au contraire de grands détails sur le comte d'Albaret, « un Piémontais fort riche qui avait des musiciens à lui, demeurant chez lui, ne sortant jamais sans sa permission... On citait sa maison à juste titre pour la plus gaie, la plus amusante peut-être de la ville » ^

Quoi qu'il en soit, le concert de Bagge, moins brillant, et sans doute plus ennuyimx garda jusqu'au bout sa réputation, les Mémoires secrets en parlent en termes élogieux en 1782 : « 11 ne vient point de virtuose à Paris qu'il ne veuille voir et entendre à quelque prix que ce soit. C'est ordinairement chez lui qu'on débute avant de paraître au Concert spirituel.... » Il est question plus loin de la « magnificence de son spectacle plus renommé encore pour la musique instrumentale que pour la musique vocale - ».

Gomme Frédéric à Sans-Souci, le maître du lieu imposait à chaque séance un concerto de violon. La musique vocale trouvait pourtant sa place ; on entendait des œuvres de circonstance comme la Cantate à M. le baron de Bagge pour le jour de sa fête, composée par Chardini sur des paroles de Moline^.

Nous aimerions savoir quelle place tenait le théâtre dans les goûts musicaux de Bagge. Sa préférence pour la musique expressive devait le tourner du côté de Gluck, Allemand comme lui ; et les musiciens qui l'entouraient étaient capables eux-mêmes de le jeter dans la querelle où ils avaient pris part ; mais sur ce terrain nous sommes réduits jusqu'ici à des conjectures. Aussi bien la musique de chambre prenait-elle presque toute la place dans ces concerts et c'est à elle seule que s'attachèrent les souvenirs contemporains.

Pendant son séjour en Allemagne, Bagge continua d'inviter des musiciens : aux eaux de Spa il y avait réunion chez lui toutes les

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