Cette classification n'a rien de rigoureux
pareilles relations sont d'ailleurs délicates à fixer, mais si l'on n'a pu jusqu'ici préciser l'éditeur favori deLaPouplinière,nous soœ.mes mieux renseignés pour le baron de Bagge.
La Chevardière, successeur de Charles-Nicolas Le Clerc, établi rue du Roule à la Croix d'or, fut pendant quinze ans le fournisseur des gens du monde. C'était par exemple l'éditeur habituel du prince de Conti^
L'éditeur J.-B. Venier commença par être violoniste à Paris-; à partir de 175o, il reprit, semble-t-il, des mains de Vernadé etBayard la collection bien connue de symphonies de Vari Autori qui jeta sur son nom une certaine lumière et le mit en rapport avec une foule de musiciens célèbres. C'est en 1759 qu'il épousa Henriette-Louise de Mars, fille de l'organiste de la cathédrale de Vannes. M"'' de Mars, née en 1737 d'après Fétis ^ était une claveciniste de grand talent; elle avait publié deux Cantatilles en 17S2''. INladame de Genlis qui l'eut comme institutrice en trace le portrait le plus flatteur-'. « Sans être jolie, elle avait de beaux yeux, une physionomie expressive, des manières remplies de douceur, un air sage et un peu grave.» C'était une femme spirituelle, accomplie, fort capable d'aider son mari dans des travaux d'édition. Elle continua à jouer du clave cin et se fit souvent entendre dans les salons du baron de Bagge®.
De 1760 à 1770 on vit se constituer autour de Bagge, La Chevardière et Venier, un groupe de musiciens dont faisaient partie Gossec,
1. Bibl. delà Ville de Paris, ms. 29757. Nous manquons de renseignements biographiques sur La Chevardière. Son nom patronymique était sans doute Roulle ; il ne parait rien avoir de commun avec une fort ancienne famille de La Chevardière, originaire de Champagne et qui fournit surtout des hommes d'épèe. Cab. des titres : Dossier bleu, 184, n» 4770.
2. En 1759 il écrit son nom Venieri pour sacrifier sans doute à la manie de l'itahanisme presque aussi répandue à Paris au milieu du xviii'= siècle qu'en Allemagne au temps du vieux Kuhnau. Cf. le Musikalische Quacksalber.
4. Du 9 novembre 1751. Priv. général pour douze ans à Hélène-Louise de Mars pour des œuvres de musique tant vocale qu'instrumentale. Ms. fr. 21998, f» 32. n» 394.