Idem., 1769, 23 janvier, p
5. Idem., 1769, 20 novembre, p. 738. Il faut ajouter à cette liste 6 sonates à violon solo et basse, chez La Chevardière, sans numéro d"œuvre, 1768.
6. L'op. VI était dédié à S. A. R. don Luigi, infante diSpagna. Uinfant don Louis fut le protecteur fidèle de Boccherini de 1769 à 1785. Cette dédicace semble indiquer que Boccherini avait quitté ou était tout près de quitter la France.
7. Ceci est difficile à concilier avec les critiques des Mémoires secrets sur la musique plate... le jeu fol et désordonné de Manfredi, les sons aigus et les accords très peu harmonieux de Boccherini (Mém. Secrets, 2 avril 1767). Il convient d'accepter souvent avec quelque réserve les « communiqués » du Mercure de France.
Les six sonates pour violon et clavecin, op. V, étaient dédiées à j^jrne Brillon de Jouy, une amie de Bagge, qui avait aussi un salon musical fort apprécié et que nous connaissons surtout par le récit de Burney à la date du 20 juin 1770 : « J'entendis M. Pagin sur le violon chez M"'^ de Brillon à Passy ; c'est une des meilleures clavecinistes qui soient en Europe. Cette dame non seulement joue les morceaux les plus difficiles avec beaucoup de sentiment, de goût et de précision, mais elle exécute à vue avec la plus grande facilité. J'eus le loisir de m'en convaincre en l'entendant exécuter plusieurs morceaux de ma musique que j'eus l'honneur de lui présenter ; elle compose aussi ; ell(3 eut la bonté d'exécuter plusieurs de ses sonates sur le clavecin ou le forte piano accompagnée sur le violon par M. Pagin. Son talent et ses études ne se sont pas bornés à la connaissance du clavecin, elle joue de plusieurs instruments et connaît bien le mécanisme et l'esprit de ceux qui sont le plus en usage. Cela lui paraît nécessaire afin de n'être pas dans le cas de composer pour eux des choses dont l'exécution serait impossible et extraordinaire. Elle dessine fort bien et grave : c'est en un mot une femme des plus accomplies. Plusieurs compositeurs célèbres d'Allemagne et d'Italie qui ont séjourné en France lui ont dédié leurs ouvrages ; de ce nombre sont Schobert et Boccherini ^. »
^me Brillon de Jouy appartenait à une vieille famille parisienne : Anne-Louise Boyvin de Hardencourt avait pris le goût de la musique chez son père Louis de Hardencourt que l'on citait comme un grand mélomane vers 1750. Elle avait épousé Jacques Brillon de Jouy, receveur général des Consignations ^ ; quant à la maison de Passy 011 elle recevait Bagge, Pagin, Schobert, Burney et une foule d'autres musiciens, nous pouvons en préciser l'emplacement Elle se trouvait entre les Nouvelles Eaux et la rue Berton, c'est-à-dire aux environs du n° 51 de la rue Baynouard ^