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table, trouver une ressource dans l'usage efficace de la liberté intérieure. Par là, remarquons-le en passant, elle est fort différente de la sagesse stoïcienne, résignée et soumise à l'ordre fatal de la nature, disposée à croire et à soutenir que cet ordre est. nécessairement bon1.
M Brochard ne se trompe pas quand il dit que, dans ses vues générales sur la psychologie des sentiments, Epicure avait « pressenti, deviné ou entrevu à travers un nuage2)), les solutions données à certains problèmes par les psychologues de aotre temps. Ces vues du philosophe grec, où la mémoire et l'imagination alïectivesont une si grande place, eusseut offert plus d'intérêt et paru sans doute moins étranges et moins contestables, si sa théorie du plaisir eût été moins étroite, s'il y eût compris formellement les plaisirs intellectuels et les plaisirs qui naissent des sentiments altruistes et des sentiments esthétiques.
fl est inutile de dire quece remède fourni par l'auto-sugges tioo ne pouvait entrer dans la morale stoïcienne La résignation à la fatalité naturelle ne saurait offrir à l'imagination affective une source de plaisir positif Mais transformez le panthéisme stoïcien en monothéisme, les lois de la nature en gouvernement providentiel et divin : l'optimisme, devenu religieux, donnera naissance à Ac^ sentiments que le cœur attendri se plaira à faire revivre, a entretenir et à accroître, auxquels il s'attachera avec force, où il puisera consolation,
paix et joie; la résignation au mal résultant de l'ordre cosmique deviendra foi à la sagesse i\[i Créateur, espérance en la bonté du l'ère céleste, union du coeur avec la Volonté souveraine, dont les buts et les moyens ne BOnl pas compris, mais dont la perfection morale u'esl paSj ne peut pas être mise en doute. Supposez, en outre, que ce Dieu ait agi dans l'histoire et, par des actes divers, révélé -es attributs : les sen-
1. Ne demande pas, dil Epictèle, que ce qui arrive arrive comme tu le veux : maie veuj ce ■ |o 1 arrive comme il arrive, ol tu couleras une vie tieureu M inuel, VIII .
! / i ' philosophique de 1903, p H>. — Dans une brochure publiée en iV1^ m 1 1 Sugge tion, M. le le P. Parez a 'iii d'Epicnre <|u'il avait a devancé toul ce qu'on .i pu écrire >ur l'anesthésie provoquée parce que nou.- appelons aujourd'hui ['auto suggestion ».
SUB LA HBM01B1 i i [/IMAGINATION EFFECTIVES i\
timents religieux qu'inspirera cette révélation historique devront se diversifier, se préciser, se fortifierdans la mémoire qui les rappellera sans cesse avec les actes au 30uvenird( quels il- se trouveront associés
Ainsi s'expliquent les sentiments m111' ':i loi chrétiei a
produits et nourris dans les âmes et qui ont paru donner à certains mystiques un bonheur contre lequel la douleur cor porelle étai! impuissante. C'est, chose curieuse, par ces m tiques qu'a pu être réalisé ce qui, aux yeux <lr Cornéade et de Cicéron, était absurde dans la morale d'Épicure.
Les mystiques chrétiens nous oni appris, ce qu'Épicure n'avait pas «lit. commenl les souvenirs affectifs peuvent être évoqués et ordonnés pour rendre plus vive l'ardeur, plus résistante la force, plus durable l'efficacité des sentimentsdonl ils dérivent. Il faut, dit saint François de Sales, immobiliser sa pensée sur certaines images capables de provoquer le sentiment que l'on cherche. C'esl en quoi consiste la contemplation, dont les Exercices spirituels desainl Ignace de Loyola ont enseigné l'application méthodique1. A la contemplation il convient et peut être nécessairede joindre les attitudes, les mouvements, les gestes par lesquels - expriment les sentiments que l'on veut réveiller, o Piquez quelquefois votre cœur, dit encore saint François de Sales, par quelque contenance el mouvement de dévotion extérieure, vous pros ternant en terre, croisant 1rs mains -m- l'estomac, embrassant un crucifix . »
un Bail par quelle méthode il est possible, selon Pascal, dese donner a soi-même les sentiments qui font naître, conservent et fortifient la fui religieuse. Il commence par montrer la nécessité de parier pour ou contre la réalité des objets de cette foi. puis l'intérêt qui, d'après la comparaison de la perte el du gain, commande de parier pour l'affirmative. — Mais, objecte l'incrédule; je suis fait de telle sorte que je ne puis croire : - C'est de vos passions, répond Pascal, que
I «m -.ni que la méthode d'oraison propre aui / tpiriluelsde
e de Loyola consiste dans X'applicai par laquelli
néophyte apprend •> se donnor .1 loi môme la rcpn cntation sensible obj i i"i religieu i ■ isuelles, auditif
qu'il B'appHque méthodiquement, soua une direcUon habile, .1 < •■ ,i retenir 'ii son esprit, se rapportent an des sentimen
espérance, amour, haine) qu'oîles inspirent ; elles b sentiments.
■j. Introduction à l<i rie <in >nde parUe, >ii . i\.
PltXOR. — Anne,' phil<M. l"08. ''
vicnl votre impuissance à croire. « Travaillez donc à vous convaincre, non par l'augmentation des preuves de Dieu, mais par la diminution de vos passions. Vous voulez aller à la foi. et vous n'en savez pas le chemin; vous voulez vous guérir de l'infidélité et vous en demandez le remède. Apprenez de ceux qui onl été liés comme vous, et qui parient maintenant tout leur bien : ce sont gens qui savent ce chemin que vous vomiriez suivre, el guéris d'un mal dont vous voulez guérir. Suivez la manière par où ils ont commencé; c'est eu faisant tout eomine s'ils croyaient, en prenant de l'eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement cela vous fera croire el vous abêtira '. »
El Pascal expliquée sa manière que celte méthode d'autosuggestion religieuse se fonde sur notre nature :
« La coutume est notre nature. Qui s'accoutume à la foi. la croit, el ne peut, plus ne pas craindre l'enfer, el ne croit autre chose. Qui s'accoutume à croire que le roi est terrible, etc
ti Car il ne faut pas nous méconnaître : nous sommes automate autant qu'esprit, et de la vienl que l'instrument par lequel la persuasion se fait, n'est pas la seule démonstration. Combien y a-fil peu de choses démontrées! Les preuves ue convainquent que l'esprit. La coutume fait nos preuves les plus fortes et les plus crues; elle incline l'automate qui en
traîne l'esprit sans qu'il y pense.. . i) est la coutume qui fait
tant de chrétiens ; c'est elle qui fait les Turcs, les païens, les métiers, les soldats, etc. Enfin, il faut avoir recours à elle, quand une ibis l'esprit a vu où est la vérité, afin de nous abreuver et de uous teindre de cette créance, qui qous échappe a toute heure; car, d'en avoir toujours les preuves présentes, c'esl trop d'ail'aire. Il faut acquérir une créance plus facile.
qui esl celle de l'habitude, qui, sans violence, sans ait. vins
argument, nous (ail croire les choses, el incline toutes nus puissances à celte croyance, en suite que notre âme > tombe naturellement Quand on ne croit que par la force de la cou viction el que I automate est incline à croire le contraire, ce n'esi pas assez. Il faul donc faire croire nus deux pièces l'espril par les raisons «pi'il sufiit d'avoir vues une fois en sa vie, el l'automate par la coutume el en ne lui permettant pas de s incliner au conti aire , ■•