‹ L'Année philosophique (volume 2)Chapitre 33 sur 45 · II. Camille Sabatier a beaucoup d'esprit. Il a lu : ours · texte numérisé non relu

II. Camille Sabatier a beaucoup d'esprit. Il a lu : ours

d'Aristophane dans le B l de Platon. Au lieu de dire que

L'àNNKK l'IlILOSOPHIQDE. 1906

l'homme Est la moitié d'un être double, il soutient que l'homme est un èl re double dont les deux co-êtres sont soumis à une vie conjuguée.

La thèse es! paradoxale, M. Sabatier le sait mieux que personne. L'amusant est qu'il l'appuie de raisons spécieuses, tirées des faits d'hypnotisme, de somnambulisme, de- dédoublements de personnalité.

L;i vérité est que nous avons deux hémisphèn - cérébraux, deux yeux, deux narines, presque deux langues, deux poumon-. presque deux colonnes vertébrales, donc nous sommes deux.

La vérité es! que nous avons un estomac, un intestin... — Oui ! mais la digesjtion esl une fonction inférieure. En général, les

ménagesà deux perso s n'uni qu'un seul domestique, dirai! à

peu près notre auteur. — A-l-il donc si décidément torl que cria !

Non- n'oserions décider sur ce point. Quand nue thèse scientifique ou philosophique jaillit à brûle-pourpoint d'une cervelle humaine, elle commence par étourdir les esprits mal préparés à la recevoir. Et nous avouons humblement être de ces esprits-là.

SULLY PRUDHOMMË. — Psychologie du libre arbitre, suivie de définitions fondamentales, vocabulaire logiquement ordonné des idées [les plus générales et des idées les plus abstraites (in-12, Bibliothèque de philosophie contemporaine, F. Ucan ; 175 p.).

Comme son titre l'indique, ce livre renferme deux parties: un ai de démonstration du libre arbitre el un recueil de définitions fixanl le sens de- mots abstraits ou généraux.

M. Sully Prudhomme commence par constater ce fait de conscience que nniis avons l'idée du libre arbitre, c'est-à-dire de l'entière indépendance de l'acte volontaire. Puis il établi! «pie l'origine empirique de cette idée esl incompatible avec le système delà nécessité universelle, et donc qu'elle suppose la réalité du libre a rbil re :

Selon les partisans de la nécessité universelle, dit-il, aucun événemenl n'existe par soi. n'existe sans être nécessité par quelque antécédenl et, par suite, n'esl un commencement absolu de pro . Le processus universel exclut donc précisément ce

qui caractérise le libre arbitre. Remarquons, en outre, que l'idée du libre arbitre, en tant qu'événement psychique, appartient, au même titre que tous les autres événements, au processus uni verse! et, par conséquent, y est, d'après l'hypothèse même, déterminée ô l'existence par quelque antécédent immédiat.

i , la posé, je dis que l'objection «les déterministi - à outrance est non avenue. En effet : un événement n'esl idée du libre arbitre

PILLON. — RBVI i; BIBLIOGRAPHIQI B 185

qu'autanl que l'entière indépendance de l'action > est impliqui l'étal mental, ;■ l'étal d'idée. Or, commenl le processus universel, Bupposé par eux toul entier nécessité, peut-il fournir, même à Ici. il mental, le caractère il un commencement absolu déterminia il donc mis en demeure d'exclure du processus

de tous l«'s événements <•'• que leur doctrine reconnaît comme événement existant...

En résumé, l'idée de l'indépendance absolue, c'est-à-dire d'une activité exempte » 1 < - toute condition nécessitante, existe dans l'univers, <•! ''Il'- n'a pu se formerque si une telle activité y .-m

lement. Ma propre activité psychique, sous le nom de voul est cette activité mèi u, du moins, en participe, <•! l'indépendance absolue dont elle ,j"iiil se révèle à ma conscience >|><>ntanée sous le nom de libre arbitre p. 61 et sun

3 doutons que cette preuve psychologique «lu libre arbitre pai concluante aux partisans de la nécessité universelle.

L'ingénieux auteur a bien vu quelques-unes des objections qu'elle soulève cl contre lesquelles elle a besoin d'être fortifiée. Pour y répondre, il estime nécessaire de montrer, et c'est à quoi il B'applique, sans y réussir, croyons-nous, d'uni' manière l > î « - ï i santé, d'abord, que l'idée du libre arbitre esl quelque chose de positif, «•! non simplement la négation ii<- celle <!<■ né< • site; ensuite, que les caractères qui définissent le libre arbitre appartiennent réellement ;i l'idée que nous en avons

La question du libre arbitre est, à nos yeux, décidée, d'une part, par la solution linitiste des antinomies kantiennes, que sans examen suffisant M Sully-Prudhomme déclare insolubles : d'autre part, par l'analyse de la raison pratique, qui m- permet pas de séparer la croyance au devoir, 'lire à de n

impéra • la croyance .i la liberté, c'est-à-dire à de réels

possibles.

l Cette preuve du libre arbitre fondée sur l'impossibilité où -"lit les déterministes d'< ipliquer l'origine de l'idée ijuc nous nouvelle. M i nesl Saville l'a présent - dans un

M noire donl nous avons rendu c pie '!.m~ lu i

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