I. Voyei VAnnée philosophique de 1905, p. L
l'il.l.nN. - - i:i.\ i i: BIBLIOGR VPHIQ1 I
lc^ fidèles catholiques ne le suivront pas, car l'Eglise l'a condamné, loul en évitant <l > mettreen cause, du moins jusqu'à présent . -"ii infaillibilité.
Déconsidéré «lu point <!<• vue dogmatique auprès d< ore-
ligionnaires, sacrifiant lui-même le système apologétique qu'il avail cru pouvoir faire accepter de Ba hiérarchie, M. Lois} reste purement et simplement un critique. C'esl à tort que des proU tants libéraux ont prétendu le reconnaître comme un frère S'il avait esquissé uni- théoli rapprochant a beaucoup d'égards
di' I.» leur, son Bystème n'était cependant pour lui que provisoire. Il m subordonnait la valeur à l'acceptation de l'Église. Du moment qu'il l'abandonne, il cesse d'être théologien <•! n'est plu- qu'un historien, <•! i! faut convenir que, dans la rigueur de m critique, bien peu d'historiens "nt porté de plu-; rudes coups a la vieille dogmatique, bien peu d'historiens ont défait aussi minutieusement la trame <!>•- récits évangéliques N' - travaux historiques subsistent, tandis que l'insuccès de son apologétique n'est pour le public, qu une nouvelle illustration de l'incapacité de plus en plus flagrante qui empêche les théologiens d'élaborer une théorie .1 la fois orthodox ientifîque de la religion p. 151). a
Nous devons dire que M. Loisy ne parait pas abandonner son système de théologie h d'apologétique, a en juger d'après -a réponse à M. tfarnack dans la /(-■<//<■ critique, i. I. de 1906 el lettre a M. Barley Saunders («lu 8 janvier 1904 . réponse et lettre .pu- publie M. Moulin dans l'Appendice de son livre p 871, ï On voit par ces documents, que M. Loisy entend rester a la fois
atholique • el critique . Il Tant bien <pi<\ malgré les condamnations romaines, il juge -a critique conciliable avec son ■ atholicisme : <■! donc qu'il B'obstine au Bystème qui lui permet de le- concilier, c'est-à dire à l'extension ingénieuse, mais énorme qu'il a donnée a la théorie newmaniste du développement chrétien, el contre laquelle Newman se fui élevé avec indignation.
Mais "ii ne peut vraiment s'étonner que M . Lholique repousse ce Bystème, avec la critique scientifique qui lui a donné naissance el qui l'impose a qui n'entend pas sortir «lu catholicisme. Elle ne pourrait l'admettre sans ruiner -a propre autorité spirituelle i m- autorité spirituelle est, par la nature des choses, boumise a la logique, condamnée à - > montrer Boumise La logique permet a l'autorité spirituelle d'enrichir le l de nouveaux articles, ii' » 1 1 d'effacer du i telle on telle proposition après l'y avoir introduite. Il y a une entrave (pie l'autorité spirituelle, conciliaire «ai papale, ne peut secouer, une loi dont «die ne peut s'affranchir: -t l'entrave que lui apporte, la loi que lui impose le principe de tradiction. Un concile ou un pape infaillible ne peut - ni redire en ses définitions el décisions successives, m i ontredire i eux qui l'ont précédé, conciles ou papes, infaillibles comme lui. Si un
concile ou un pape s'avisail de défaire, dans l'ordre de l'enseigne^ menl dogmatique, ce qu'un autre concile ou un autre pape aurait fait, il n'y aurait plus d'enseignemeni dogmatique cohérent, il n'y
.Mirait plus d'autorité spirituelle il n'y aurait plus d'Église catholique.
.11 MU' (André). — Le développement de la pensée religieuse de Luther jusqu'en 1517. d'après des documents inédits in-8 Fischbacher : \ [1-252 p. ).
Dans celte thèse de licence en théologie, qui l'ait grand honneur ,i son érudition, M. A. .lundi étudie l'histoire de la pensée religieuse de Luther, d'après ses écrits antérieurs à l'année 1517,
Ces écrits se partagent en trois groupes : t Les notes sur divers ouvrages «le sain! Augustin et sur les Sentences de Pierre Lombard 1509-151 1 1 : 2° Les commentaires sur les psaumes [1511-1515); 3° Les cours sur les épitres pauliniennes. Chacun de ces groupes représente une période distincte de la pensée du réformateur. Dans la première période, que l'on peut appeler scolastique, Luther esl sous l'influence du nominalisme de Duns Sept etd'Occam.Dansla seconde période, que l'on peut qualiiierde mystique, il subil principalement l'influence de saint Bernard et de saint Augustin Dans la troisième période, il adopte le principe paulinien de la justification par la foi et en fait le centre de sa théologie. C'est sur cette dernière période que M Jundt apporte des renseignements nouveaux, puisés en des documents inédits.
L'ouvrage est naturellement divisé en quatre livres : i Les origines de la pensée de Luther; n. Première période période scolastique : m. Deuxième période période mystique); rv. Troisième période période paulinienne . Dans la Conclusion, l'auteur résume en quelques lignes le développement donl il a très bien fait connaître les étapes :
Des origines à 1515, la pensée de Luther avait suivi une marche ascendante ; nous l'avons vue s'élever, deg ré par degré, delà - [astique au mysticisme, du mysticisme au paulinisme. Parvenue ette hauteur, elle domine tout, elle embrasse toute la doctrine
et toute la morale chrétie •- De 1515 à 1517, nous la voyons
des< i ndre de la théorie è la pratique, tirer du principe nouveau (justification par la foi des applications hardies, jusqu'au jour où Luther, entraîné par la logique de son espril et sa conscience de réformateur, «• heurte a la doctrine ecclésiastique <pii lui parait inacceptable en théorie el impie en fait. En 1511 commence la phase militante de sa \ ie p. 229
Selon M. Jundt, les chrétiens du <x' siècle doivent à Luther ■ plus et mieux que la simple restauration «I un système théolo-
PILLOK. RI \ i i i li.l [OGRAPHIQ1 i
.■ n 1 1 1 1 • ; ils lui doivenl d'avoir retrouvé el mis en lumière les plus hautes pensées de la religion chrétienne
Il nous a rendu le Dieu vivant el vrai, le Dieu de I I le,
que les scolastiques et les mystiques ne connaissaient plus, randia que les uns el les autres voyaient en lui une abstractioi vie,
l.i Souveraine Raison (Thomas . la Volonté suprême (Duns Scol el les nominalistes . ou l'Être mystérieux el impénétrable, élevé au dessus de toute détermination les mystiques . Luther ne cherche pas ce que l>i«-n est en boî, mais ce qu'il es! pour nous, «•! il le conçoit comme l<- Dieu personnel, révélé enJésua Christ, !<■ P< céleste, celui donl l'homme se 3enl aimé en Jésus-Christ, celui qui a donné Bon Fils au monde, afin que quiconque croit <■!! lui ne périsse point . .
\ Luther ,ui--i nous devon tir une claire notion de la
lui chrétienne. Les plus avancés des scolastiques ne cessaient pas
de considérer la foi comme une croyance, l'acte d'adhési le !
prit à la vérité Les uns disaient que la foi reposait sur des preuves rationnelles, qu'elle était démontrée (les réalistes : les autres affirmaient au contraire qu'elle était la soumission volontaire de l'intelligence .1 la révélation divine, que le caractère irrationnel des doctrines révélées était le sceau de leur vérité (les nominalistes Saint Vugustin et les mystiques confondaient la foi avec I amour el présentaient l'anéantissement de la personne humaine au -••m de Dieu comme le degré suprême de la vie chrétienne. Luther, au contraire, el cela des l'origine, fait de la foi une disposition intérieure <!<• l'être tout entier, cœur, raison, volonté. 1 tte disposition, c'est la confiance en la Parole de Dieu, dans la \ érité de l l \ ang ile p. 236
in l I Kl Vlbkri Le Mysticisme catholique et 1 âme de Dante
iu 8 . Bloud et t ; 155 p.
Dans ce volume, M. \ Leclère cherche .1 caractériser exactement le mysticisme de Dante el .1 mettre en relief les affinités et les contrastes, parfois bî inattendus, de ses tendances avec celles des plus représentatifs entre les autres mystiques catholiques. Il distingue entre ceux qui sont antérieurs <•! ceux qui Boni postérieurs .1 la première Renaissance, Il ne s'occupe que des seconds, el avant de considérer Dante lui-même, il passe en revue les trois courants auxquels on peul ramener ces mystiques, il d'abord le mysticisme radical », donl {'Imitation de Jésus-Christ présente le développement parfait el qu l. de Loyola résume
au début des ' tpirituels p \ une autre extrême
est le mysticisme aimable <-t périlleux de l'esthétisme platonicien (p. 80 î 1 Entre les deux Be 1 rouve, relevé <!<• toute la noblesse
du premier et pan'- de toute l'humanité du second ». celui de François d'Assise et de François de Sales (p. 29-34). Ce dernier es) bien, d'après M. Leclère, « celui qu'appelle logiquement la religion de Jésus p. 34) ». Signalons une étude originale et séduisante de la véritable doctrine morale de .lésus : c'est une des meilleures parties du volume p. 34-49). Après ce prélude. L'auteur passe a la psychologie de Dante et des passions qui raniment : passion amoureuse (p. 78-104), passion politique (p. 104 122), passion religieuse p. 122-142). Sa conclusion esl Intéressante ; « La caractéristique essentielle de Dante était une mysticité subordonnée a une émotivité toute humaine et naturelle : sa place, parmi les mystiques catholiques, est au commencement de la longue série de ceux qui s'éloignent du vrai esprit chrétien et s'opposent, d'une part aux mystiques radicaux, de l'autre aux purs évangéliques. Il se tient le plus souvent à l'origine du chemin par où l'on retourne vers tout ce que le christianisme néglige ou réprouve; il y l'ait même, parfois, d'assez longs voyages, mais
il revient toujours vers son point de départ que jamais il ne perd
de vue tout à l'ail (p. lis). »
MARTIN Vbbé J.). — L'apologétique traditionnelle (3 vol. in I-. P. Lethielleux; i. I. xi-292p.; I. II. 252 p. : t III. 872 p.).
L'objet de cet ouvrage est de l'aire connaître L'apologétique traditionnelle depuis saint Justin jusqu'à Fénelon. Il se compose de trois volumes. Le premier est consacré aux œuvres apoloj tiques des cinq premiers siècles; le second, à celles du moyen
,,•,. et du \\r siècle, le troisième, a celles du XVII1 siècle Mans
tous les chapitres que comprennent ces trois volumes, l'auteur fait preuve d'une riche el solide érudition. Ceux qui nous ont particuîï&remenl intéressé et que non- tenons à signaler au lecteur &ont : dans le premier volume. Le chapitre u De Clément d'Alezan. <inr.is.iin/ Cyprien . le chapitre m Origène), le chapitre \ Saint Augustin el le chapitre vu d'Arnobe " saint Cyrille d'Alexandn dans le second volume, le chapil re m /.-■ treizième siècle) et le chapitre \ Helchior Cano et le cardinal de Lugo : dans le troisième volume, le chapitre i Pascal), le chapitre n [Huet) el le chapitre n [Bossuet .
Lac :lusion à laquelle M. l'abbé J. Martin esl c luit par
cette consciencieuse étude de l'apologétique traditionnelle est qu'à aucune époque, les apologistes, sauf un lie- petit nombre d'exceptions dont il n'j a pas a tenir compte, n'ont prétendu donner une démonstration décisive, invariable de la foi chré tienne, el qu'ils ne pouvaient avoir cette prétention, en raison du rôle que jouent, dans la foi chrétienne, les libres décisions de
PILLOM — ItKVl K BIBLIOGRAPHIE B
l.i volonté, rôle que lea Evan '• iffirmenl nettement <•! qu ils n<leur permettaienl pas de méconnaître. Noua citons :
,, fous lea Pèrea proclament, comme fait fondamental, la liberté <!•' la f<>i Sainl Justin, Origène, Bain! Cyrille d'Alexandrie, entendent lea philosophes répéter que Jésus ■ hrisl aurai! <lù p curer à toutes les intelligt nces la conviction : el ils ne - émeuvent pas : il- répondent que la foi esl libre. Sainl Augustin ne compte but l'heureux succès des réflexions que -i l'humilité les inspire; il demande que, par d< ciaion libre, on maintienne, on renouvelle ,-n soi l'amour de la vérité; car on arrive ainsi, insensiblemenl a l'acte définitif par lequel on consomme la conversion i l . p 279
Les Pères avaient enseigné que la liberté par laquelle on devient croyant donne l'aptitude à bien comprendre : c'eal une liberté faite de volonté el d'intelligence; c'esl une disposition intérieure <|ui se manifeste en même temps par l'intellection chrétienne, parla volonté chrétienne, parla tendance chrétienne de toute l'âme; c'esl un libre arbitre agrandi, transformé parla ice el conduit au point de prendre la bonne décision. Guillaume de saint Thierry, au douzième Biècle, posait, comme chose vivante el agissante, cette liberté <!<• la ï"i : sainl Thomas, au treizième siècle, »-n donnait froidement et dogmatiquement la description l . II. p. 235
Quiconque, depuis les premiers siècles, a suscité en soi la penaée chrétienne, a aussi perçu la liberté de la foi, et en a toujours fait l<' principe de l'Apologie si bien que, pour oublier ou pour nier la liberté «le la foi, et pour annoncer que l'on va certainement produire chez toua la conviction, et pour promettre ou pour proposer avec confiance le moyen nouveau d'éclairer tous les esprits, il ;» fallu l'extrême faibli — de Lactance la légèreté ,.| L, présomption d'Abélard et la singularité de Huet t. III- |i 26 • .
\||.M i,n/ i; La mort de Jésus et le dogme de l'expiation
broch m I schbacher; i '■ i
Dans cette intéressante brochure, M E Ménégoz exposi explique les diverses théories de la rédemption <|m Be trouvent indiquées dans les écrits du Nouveau festament.
Il rappelle les paroles des Evangili - synoptiques, >>u Jésus «lit qu'il devra donner sa \ e en rançon pour plusieurs Hatth 20 e{ Marc 10, < • , el que le vin de la coupe est >'>n sang i< pandu pour la rémission des péchés (Matth 86, Marc 14, Lui M i i première n<- lui parait pas impliquer l'idée d'une mort expi m ;» i — t ' selon lui, impossible de ne pas tte idée d
I,, seconde p. - ; M ajoute que, si Jésus, en allant è la mort,
s'esl considéré con ■ une victime expiant les péchés de ses
frères, il ne s'ensuit pas que, dans sa pensée, son supplice ait été c une expiation des péchés qui n'avaienl pas encore été commis et qui ne se commettraient que dans la suite (p. 24) ».
Il t'ait d'ailleurs remarquer que Jésus n'a pas l'ait de sa mort expiatoire l'objet de son enseignement. Cette doctrine ne figure pas dans la prédication de son Evangile. Et nous n'avons pas le droit de l'y introduire, ni surtout de la proclamer comme étant l'Evangile par excellence. Le seul Evangile authentique est celui
qu'a prêché Jésus-Christ; el cet Evangile an ice le pardon
gratuit à tous les pécheurs repentants qui se donnent à Dieu Jésus n'a jamais exprimé l'idée que Dieu ne pardonne qu'après une expiation préalable (p. 25). »
L'auteur montre, ensuite, que le caractère de rédemption attribué par les disciples a la morl de leur maître a été interprète dès
l'origine de manières différentes. L'interprétation «les Epitres de saint Paul n'est pas celle de l'Epitre aux Hébreux, ni celle du quatrième Evangile. Pour saint Paul, Jésus, mort sur la croix, « a été maudit de Dieu; mais il était juste el sainl : donc il a été maudit a la place <\i'^ pécheurs et pour leur salut (p. 31) ». L'auteur de l'Epitre aux Hébreux, considère Jésus sur la croix, o non comme un malfaiteur maudit de Dieu, mais comme une offrande pure et sans tache, immolée sur l'autel p. :(-.! ». L'auteur du quatrième Évangile c compare la mort du Christ au dévouement d'un berger qui île tend courageusement son troupeau contre h- loups ra\ isseurs et se sacrifie pouT ses brebis (p. 33) ».
C'est l'interprétation de saint Paul, la doctrine de l'expiation substitutive qui a prévalu dans l'enseignement de l'Eglise.
M. MénégOZ repousse cette doctrine, c .le ne saurais, dit-il,
admettre que l'apôtre Paul ait été fondé a substituer, en ce qui concerne les conditions objectives du salut, sa théologie personnelle a l'Evangile primitif, a l'enseignement de Jésus-Christ. La révélation de Jésus n'a pas besoin d'être amendée ou complétée par aucun théologien, fut-il le plus grand entre tous... Je dis avec mon honore collègue, M Henri Bois, de Montauban : Dieu n'a pas eu besoin d'un crime pour sau\er l'humanité p. 36). »
mots 'le M. Henri Bois jugent la théorie de l'expiation Buba titutive et ne permettent pas a la conscience chrétienne de la
maintenir. Mais, | rrait- lire, les idées de rédemption <-t
d'expiation substitutive ne sont pas inséparables ; la conscience
el, retienne .-, pu el peut s'attacher a la première el lui donner la valeur d'une croyance positive -an- y taire entrer la
seconde
III LON. Kl V I I l'.ll'.l l'ii.l; U'IIIQI I
M! NÉfiOZ liiNwu La certitude de la foi et la certitude lu
tor iq 11 •■ «tnde sur le problème du fondement de la rie relnjn'use broch, m s . I ischbacher . 79 p. ,
i elle brochure esl extraite d'une thèse de licence intitulée : / et sur /<• rappoi i en n e les études histot iques et la foi < hré tienne, qui h été présentée par l'auteur à la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg Elle traite de la différence el des rapports de la Litude historique el de la certitude religieuse, puis, du fondement historique que, d'après ces rapports, on peul el on «luit mnattre à la foi chrél ienne
M. l Ménégoz commence par définir la certitude historique el l.i certitude religieuse. Il montre comment ces deux espèces de certitude entrenl ••!) contact dans l'histoire, el comment chacune d'elles, ;i mesure que se développent la vie spirituelle el I intelligence, affirme de plus en plus nettement son caractère propre.
Il aborde ensuite le problème du fondement historique de la foi chrétienne, en posant el en examinant successivement ces ti questions : l Pouvons-nous fonder notre foi sur une personne
I !'• uvons-nous fonder notre foi sur une personne appartenant au : 3 Pouvons-noua fonder notre foi sur nu personna dont nous ne connaissons qu'imparfaitement la \i<- el l'œuvre.
trois questions doivent, selon lui, être résolues affirmative menl .
\ l.i première, il répond que la foi chréliei ne peul être éta
blie sur une simple idée, que la piété ne naît point de simp abstractions, ne s'en nourrit |»;i-, que la plus belle théorie esl trop
aride, trop froide pour remuer notre cœur el re vêler notre
volontt ! qui nous bouleverse, nous émeut, nous apaise et nous sauve, ce ne peul être qu'une personne, ou bien, si I on pi fère, l'iVi i ëal'un latu n homme, I idéal contemplé dans i.i grandeur de celui i|ni < :i ,i été l'incarnation p. i" »
\ propos de la seconde question, l'auteur lait rem irquer qu'il j .i < i . 1 1 1 -i I histoire un rapport intime entre le p issé el le présent, le passé vivant dans le présenl el le présent vivant par le pas
II en résulte que les personnalités marquantes du p eut sur nous par le souvenir. Quand nout - les Ë\ s, nous entrons «l tns la communion <lu Christ hisloriqui n - iblions les siècles qui nous séparent «le lui \..u^ nous reportons au temps "n il ,i vécu sur la terre, ou bien nous ; de lui un homme de ii"i re époque 1 1>. 20
Ici M l M. n j< z est ( mduil •■ parler de la placi qui, dans le fondement historique de la fm chrétienne, app à la
croyance •> la résurrection «lu Christ. Par une brève an ilj différents récits de la résurrection, il montre qu'ils sont incon
l'itfv Anii.o philcM •
liables et qu'il faut donc distinguer entre l'expérience morale faite par les premiers chrétiens et l'explication qu'ils en oui donnée. D'où cette conclusion à laquelle il aboutit : < La certitude du triomphe du Christ fait partie du fondement «le nuire foi, mais notre assurance chrétienne ne repose nullement sur la croyance à la résurrection corporelle de Jésus (p. 38) ».
Les pages que .M. V. Menégnz eunsnrre ,i [a troisième question nous semblent particulièrement intéressantes. Il y proclame de la manière la plus nette les droits de la critique biblique. « Quand nous (''ludions scientifiquement l'histoire évangélique, dit-il, nous voyons s'effondrer toutes les autorités fietives auxquelles se soumettent ceux qui ne regardent l'histoire qu'à travers le prisme de leur dogmatique. Nous apprenons comment s'est formée, sous l;i pression des circonstances, la notion de l'infaillibilité de la Bible ou bien celle de l'infaillibilité de l'Eglise. Nous nous expliquons c nent nos ancêtres ont pu croire que Jésus el les apôti
avaient apporté aux hommes une cosmologie, une philosophie, une science surnal urelles p. 62
Et plus loin : « Nous ouvrons sans réserve et sans crainte le champ de l'histoire évangélique aux investigations des critiques. On nous démontrera peut-être que tel écrit biblique n'esl pas l'œuvre de l'auteur donl il porte le nom. que l'historicité de telle ou telle parole attribuée à Jésus est douteuse, qu'il y a dans les Evangiles des éléments plus ou moins légendaires; nous n'en serions pas moins convaincus de la réalité triomphante de la religion chrétienne. Ce qui non- sauve, ce n'esl pas l'adhésion intellectuelle à tel poinl de la tradition, ce n'esl pas l'effort désespéré que nous ferions pour croire à l'historicité d'un fait que notre conscience scientifique nous obligerait à mettre en doute; c'esl uniquement l'acte moral de la foi par lequel non- répondons ,-i l'appel de Dieu manifesté en Jésus-Christ. Notre certitude religieuse ne saurait être ébranlée par nos doutes en matière historique i p. 63). »
MONNIER Henri La mission historique de Jésus in-8°, Fisch-
1 i.i (lier : :\~,ù |i
i ioser la mission de Jésus, en considérant : 1° l'attitude de J( jus à l'égard du passé el l'idéal nouveau qu'il a apporté à son peuple ; 2 les espérances que Jésus a résumées dans celte expn sion : le Kèg i le Royaume de Dieu : 3e l'œuvre qu'il a accomplie par sa morl sur le Calvaire : tel esl l'objel de celte thèse de doctorat en théologie, où la force de la pensée n'esl pas moins n marquable que la ri< hesse de l'érudition Elle comprend avec une Introduction sur les problèmes relatifs aux trois première
ill. I ON ki.\ i E ni m iouh WHlUl i 21 I
ingiles, quatre chapitn - L'homme n. / /; •' . /
S tueur; i\ /. /' lemptcur Kl le i a parail très bien résun
dans mu- Conclusion, donl noua tenons à citer quclqm - pa
en appelant l'attention Bur lea vues a notre Bens très justes el
i rès importantes qu il- renfermenl .
Il m- i j « .ii— coule guère de reconnaître que Ji bus levé
dans nu milieu où fcrmentaienl les rêves apocalyptiques. Son esprit en a gardé l'empreinte, lin ce sens, Jésus .1 été de son temps. V quelque point il'' vue qu'on se place, il ne pouvait en être autrement. Comment Jésus aurait il pu remplir -.1 mission, s'il h .i\;iil compris el parlé le langage de ses comtemporai
Mais il a refondu au creuset de son génie les idé< b h èn< s
qui hantaient !<■ cerveau il'' ses compatriotes. La mission de
1- consiste à réconcilier el .1 associer pour jamais, dans l'unité d'une personne vivante, les éléments divin- des plus pures relins «lu monde En achevant leur œuvre, il .1 Lui les sour< leui - créai rices p.
Dans sa conception des rapports de la morale et de la religion, m- saurait èl re surpassi
Le monothéisme <l<- J< bus, dégagé de tout particularisme juif, affirmant la paternité divine, sans aucune restriction, est véritablement le luit idéal vers lequel tendent, même .1 leur insu, les aspirations religieuses de toutes les races L'Oraison Dominicale est la formule universelle il.- la prière humaine. On ne peul uni giner aucune révélation supérieure a celle qui fait de Dieu un père el « | ■ 1 i fonde la fraternité humaine sur la paternité divine.
\ uni- religion nationale, Jésus 1 substitué une religion "< telle.
Mais il \ a plus: il .1 mi- lin a l'ère des religions ritu Dans son ensemble la religion antique est essentiellement rituelle. 1 religion de Jésus est purement morale. Par la distinction des petits et des grands commandements, par le Sommaire de la Loi, Jésus a simplifié la religion, el l'a réduite à si - éléments éternels. En orientant l'activité humaiuc vers le service «In prochain, il a transformé la nature de l'acte religieux, qui dès lors a passé de l.i catégorie de la dévotion dans celle de la moralité
Mu peut établir des rapprochements entre certains textes de l'Évangile el les aspirations du Bocialisme contemporain, m.
il a la condition de mettre l'acccnl Bur ce qu il \ a de spécifiquement juif dans l'es* hatologie chr< lionne prin guer a ['arrière-plan ce qu'elle apportait <l<- nouveau. Or, la mission de Jésus ne consistait point a rééditer les imaginations <l llénoch «■I delà Sibylle, mai- a donner Bur l'au-delà un i-ii-.iju.mi nouveau, donc spiritualiste, qui lui en harmonie avec lions I.-- pin- élevées <i.- - 1 temps, el <!<• tous les temps.
Il ne faut pas s'y tromper I disme moderne est «I- cri
tion juive. Ses grands inspirateurs onl été les fils de la race la plus positive, la plus attachée à la vie terrestre qui soit. Sun rêve d'avenir, c'esl le vieux rêve juif du millénium, revivant, par un curieux phénomène d'atavisme, dans des âmes qui ne prétendent croire qu'à la science émancipai rice. . .
« La question s'esi posée pour Jésus de -avoir s'il adopterait l'attitude d'un réformateur social. Il l'a tranchée négativement. Dans la crise de la Tentation au Désert, il a repoussé !<• messianisme traditionnel. Durant son ministère, il ne s'esl jamais
départi de l'attitude intérieure qu'il avail adoptée dès ce m nt-
l,-i On a essayé, parfois, de l'amener a jouer, non seulement un rôle politique, mais un rôle proprement social : toujours en vain In homme du peuple lui disait un jour : Maître, «lis dune a mon frère qu'ij partage avec moi l'héritage ». li répondit : « Homme, <|ui m'a institué votre juge, votre faiseur de partage
«délie parole est décisive. Jésus n'a pas voulu être un Messie social p. 329). -
« La non-résistance au méchant ne saurait être d'aucune façon le principe fondamental de l'Évangile. Il ne s'agit ici (dans l'explication tolstoïsante du christianisme que d'une attitude extérieure; et Jésus entendait créer, chez ses disciples, île- sentiments. C'est rabaisser singulièrement son Evangile que i\'rw faire une loi. un
code i veau, destiné à remplacer l'antique l'hora. Aucune société
ne pourrait vivre qui serait régie par un tel code, aboutissant a Li suppression de toute espèce de propriété, de justice, d'ordre établi. El les chrétiens n'ont jamais songé à reconnaitreà l'Evangile une portée législat ive p 333 . »
l e Bouddha a été le véritable fondateur de celle religion dont Tolstoï esl le prophète. Or, entre le Bouddha et Jésus, il > a cette il ifférence essentielle, que Jésus appelle le- hommes à la vie. tandis que le Bouddha les appelle au Nirvana, qui est bien, de quelque façon qu'on interprète les textes, une sorte de mort, n'étant jamais envisagé comme un étal de béatitude positive, mai- purement comme un étal de déln rance [p. 335 . »
• "i ■ M. II. Monnier. non- tenons, et depuis longtemps,
que ci' qui caractérise essentiellement l'enseignement et l'ceu> re de Jésus, c est d'avoir universalisé la religion, en la Bpiritualisai I . c'esl à il ne en l'unissant et rident i lia ni a la morale; d'avoir îpiritualisé le messianisme, en lui ôtanl le sens, qu'il avait aux yeux d< 3 contemporains, de domination politique el de réformation aocia le ; d'avoir spiri tualisé la Loi judaïque, en établissant, pai- le Discours de la Montagne et par les deux grands c mandements d amour. , -,- qu'on peut appeler la morale des sentiments*.
1 Voyez I1 Innée philosophique de 1896, p 248 el 259 : l'Année /'/nlosophique de 1897, p, 235; i i née philosophique de 1899, p. 242.
PIf.LON. — m. \ i i: BIIILIOUn IPillgl i
\|m\h|> Wilprbd) - Aux croyants ot aux athées in-t \i. Fischhacher ; 320 p
volume contient quatre conférences où le sentiment religieux le j * 1 1 1 — élevé esl uni à la pensée la plus entièremenl libre : l Q fain . Il Comment lire l'Evangile? III. L'athéisme moa\ ligieua l\. Un athée, A ces quatre conférences, l'auteur a joint une étude intituli il Dieu, qui forme la conclusion
naturelle «lu livre M \\ Monod montre fort bien, — c'esl l'objel qu'il s'esl prop
qu'une revisi le la dogmatique chrétienne esl aujourd'hui
devenue nécessaire : el ce qui, surtout, doit, Belon lui, faire comprendre el Ben tir cette né< essité, c esl la difficulté deiconcilier le dogme de l'omnipotence divine avec la notion d'un Dieu moral. 1! v<»it là une contradiction insoluble, el il s'applique à établir <|n<l'idée de l'omnipotence divine peul el doil être abandonnée C esl I orientation nouvelle qu'il recommande à la théodû i
Voici, dît-il, cette orientation résumée en peu de mots. Pour sauvegarder le caractère nuirai de Dieu, renoncer ;i voir dans notre monde le théâtre de l'omnipotence divine. En conséquence, admettre < | n«- notre monde actuel esl doué d'une autonomie relative, d une indépendance réelle, d'une spontanéité qui serait, dans l'ordre naturel, ce qu'esl le libre arbitre dans l'ordre lui ma in monde sérail sollicité par un Espril rédempteur donl nous exauçons les soupirsen l'invoquant, parce que la prière livre acc< - à l'influence divine au sein «I un système cosmique el social <|ni -i constitué, non seulement en dehors de Dieu, — ce qui est lient être normal, mais contre Dieu, — ce qui esl le péché p. 26 '■ .
L'auteur rappelle, à l'appui de ses vues sur ce qu'il appelle le renouvellement de la notion de Dieu . la théorie de l'évolutionnisme libertiste soutenue par M. trmand Sabatier, doyen de la I ulté des Sciences de Montpellier. On me permettra de reproduire ici et de signaler à M VV. Monod quelques lignes que j'ai <-<>[. i cette théorie dans l'Année philosophique <!■• i
i tte conception originale de I évolution peul être rapprochée de I atomisme libertiste «I Epicureel <!<• la doctrine contingenliste de M Boutroux Elle esl d'une grande portée philosophique elle permet de voir dans le monde un pluralisme réel, mais liablc avec le monisme '!<• la création : elle offre une solution, plus satisfaisante que nous connaissions el que nous puissions concevoir du problème du mal L'homme, d'après cetl< conception, n'aurait pas seul le pouvoir, qu'on esl porté à lui attribuer comme un privilège, il achever sa nature par la liberté, d<
faire en partie lui-même. Tous 1rs êtres partageraient avec lui ce pouvoir; le monde se sérail fait, se ferait en partie lui-même, sérail «mi partie causa sut, par la liberté métaphysique des éléments. El ces libertés inférieures concourant avec la volonté divine, qui aurai! tracé et limité la sphère de leur action, auraient préparé pour les libertés supérieures, soumises à la loi morale, un monde d'épreuve, en raison delà place qu'elles auraient faite à l'inharmonie, à l'irrationalité, au mal. Ces libertés «les monades rémplaceraienl le principe du mal de l'ancien dualisme (Ahriman, la matière rebelle), sans porter atteinte aux attributs divins. »
PACHEU (Jules . Du Positivisme au Mysticisme, études sur l'inquiétude religieuse contemporaine (in-12, Bloud et C'° ; 307 p.).
En ce volume, M. Pacheu étudie lemouvemen! de pensée grâce auquel, d'après lui, la fin du dix-neuvième siècle a peu ressemblé à son commencement. Il y aura bientôt cent ans. Lamennais écrivait un Essai sur l'indifférence religieuse; aujourd'hui il semble qu'il faille surtout parler d'inquiétude religieuse : «Cette opposition suffit ,i marquer le chemin parcouru p. 'M~ . Les étapes en sont curieuses C'est d'abord » l'état d'àme positiviste b. Apres avoir exclu l'idée de Dieu, il abouti! ;i un mysticisme humanitaire par des assertions aussi gratuites d'ailleurs, et aussi arbitraires que exclusions p. 20 o Chez ceux qui ne suivent pas Auguste Comte, il conclut.! un mysticisme naturiste avec Herbert spencer. qui " semble offrir par la notion de l'inconnaissable une ouverture au mystère, au sentiment du divin (p. ls . el avec Guyau qui nous invite à communier avec le grand Tout et à être a l'œil transparent delà nature entière p 63 . Leslacunesdu positivisme mènent droit, d'après M Pacheu, à un a état d'àme pessimiste», et l'auteur en cherche des traces chez ceux-là même-. comme Guyau, qui ne s'} sont pas abandonnés. Il étudie ensuite le pessimisme doctrinal, dont il voit la formule la plus philosophique et la plus efficace dans I' - ascétisme «le Schopenhauer » (p. 116 129). Mais le pessimisme ne présente pas une position tenable ; tandis qu' n il esl totalement insuffisant àl'àme moyenne, ordinaire, el encore plus a l'âme des foules p 136 ». il se transforme «lan- l'élite en Btoïcisme (l'aine, par exemple, p. i it-i • La réaction contre lui commence avec le dilettantisme de Renan ne pourrait-on pas duc plu- lot. cintre M. Pacheu, que ce dilettantisme, qui a une ton! autre source, se colore parfois <!<• pi s misme .'■. continue par V individualisme nietzschéen, p 169-203 . par l'évangélisme sentimental de Tolstoï p. 209 230 . par la mode dont joui! Vésotérisme Lhcosophie, occultisme, spiritisme), p. 231-293.
PII LOS - - HR> i I lUiti l'ii.r, iPHIQl i
M I '.■«- lu mi estime que ce mouvement <l"il aboutir au Christianisme intégral qu'il ne voit nulle pari ailleurs que dans l'Eglise catho lique La raison esl que, seul,l< « hristianisme donne satisfaction complète au besoin de i vie intérieure i En un i i tte propo
sition ne manque pas de justesse, Maia il faul que nous soyons BÛrs que cette vie intérieure ne Bera pas diminuée par une autorité extérieure mul ilanl la pensi
SI HOPI Ml M ER A h ni i u . Sur la Religion, première traduction Française avec préface el notes par Auguste D Bibliothèque de philosophie contemporaine : F. \lcan : 194 p ».
Ce volume contient les chapitres di P et Paralipomena de
Schopenhauei' qui ae rapportent â la philosophie de la religion. Il esl précédé d'une Préface où le traducteur expose, en les résumant, les vues du philosophe en matière religieuse. Les chapitres dont M a'agil 3onl au nombre de treize : on peu! juger «lu très .ml intérêt qu'ils présentent par les sujets traités : i Sur la Religion : dialogue; n / - w'r, Révélation; m. Sur le Chrx
ne; i\. Sut U théisme; v. Ancien et Nouveau Testament; \i S vu Rationalisme; vui. Philosophie de la Religion ; u.. Quelques mots sur le panthéisme ; s Sur la doctrine de Vindestructibilité de notre ■
' pur la mort; \\ Affirmation et négation delà volonté d m.
/. .,i de l'existence : mu. Sur le suicide.
Pour bien comprendre la philosophie religieuse de Schopenhauer.il faul ae rappeler lea principes de sa métaphysique : idéalité du temps jointe à celle de l'espace, distinction de la chose m Boi el «lu phénomène, distinction de la volonté el de l'intelligence : puis, I illusionnisme radical et le pessimisme qu impliquent ces principes ; enGn, la morale d'à ir, de renon
ment, d'ascétisme, qui se déduit <l<- cet illusionnisme el de ce pessimisme
Comme nous n'admettons par la auBjectivité ou idéalité de temps que Schopenhauer emprunte à Kanl el que aa logique rigoureuse n'hésite pas à étendre du temps à la ■ ausalité et à I individualité consciente, nous sommes fort él de son genre
d idéalisme, do sa morale l> Idhique el «lu point de vue auquel
il se place dans - ments sur lea doctrines us< -. par
exi mpl< . Bur la création ex nihilo, qu'il tient pour absurde, sur la métempsychose qu'il déclare évidente en quelque Borte \ elle-même p 79 el sur lea vers les animaux, qu'il
reproche au christianisme d avoir méconnua ;
L'idée qui nous |>.u-,iii dominante dans les écrits de - i nhauer sur les religions esl que, par Bon • . le
christianisme esl absolument opposé au judaïsme el 'l"it être
rapproché des religions de l'Inde, et que ce caractère seul l'ail sa valeur, toute sa valeur.
«.Nous voyons, dit-il, que les doctrines «lu Nouveau Testament on\ rectifiée! changé celles de ['Ancien, ce qui les a mises en accord, dans leur fond intime, ave.- [es antique'- religions de l'Inde. Tout ce qui es! vrai dans le christianisme se trouve aussi dans le brahmanisme et le bouddhisme... Comme un parfum de fleurs porté des lointains tropiques à travers les montagnes el les torrents, on seni dans le Nouveau Testament l'esprit de la sagesse indoue [Ancien et Nouveau Testament, p. 103). »
« Le point cent rai et le conir du christ ianisme sonl les doctrines delà chute, du péché originel, de l'impureté de notre étal naturel et de la corruption de l'être liuinain. associées a celle de la réconciliation par le Sauveur. Par cela, le christianisme l'ait preuve de pessimisme.il est donc en opposition complète avec l'optimisme <\u judaïsme, comme avec le fils authentique de celuici, l'islamisme, et apparenté au contraire avec le brahmanisme et le bouddhisme...
« La différence fondamentale des religions, c'est qu'elles sonl optimistes ou pessimistes, et nullement qu'elles portent cenoms : monothéisme, polythéisme, panthéisme, etc. Aussi VAn-
e'ien et le NoUVeaU 'Testa me u I sont-ils d iamel ra lemenl opposes l'un
a l'autre, et leur réunion forme un étrange centaure. Le premier es! optimiste, le second pessimiste... Le Nouveau Testament, d'après s. m esprit, est apparenté au brahmanisme et au bouddhisme, cl. au point de \ ne historique, on peu! vraisemblablement le faire dériver d'eux Rationalisme, p. 114). »
SORTAIS (Gaston La Providence et le Miracle devant la science moderne i in-12, <i. Beauchesne el C : 191 p.
Ce livre esl entièrement dirigé contre l'ouvrage de M. Séailles: / affirmations de la conscience moderne. Nous avons plus d'une réserv e è élever à l'égard de ce dernier : mais il est douteux qu'on arrive à le réfuter par la réédition massive de tout le catholicisme traditionnel et par la défense des miracles de Lourdes. M. Sortais, à propos de la Providence, rappelle avec raison, et le prouve par de bonnes citations, que la Bcience digne de ce nom n'est pas i' sponsable de tontes les négations métaphysiques qu'on met è
- :ompti Mais sa dialectique en faveur des miracles ne se préoc
cupe d aucune difficulté de critique historique et elle se satisfait trop aisément C'esl ainsi que, taisant sienne la théorie d'après
laquelle le miracle est, non pas une violation, mais une application des lois de la liai ure. il ne -'aperçoit pas que, dans ce cas,
il ne saurait \ avoir de Bignes extérieure du surnaturel et que
PILLON. - RB\ ' I BIB1 IOGRAPHIQ1 i il i
celui ci il'apparati qu'à la conscience religieuse, il ne - arrête pns, non plus, ;i la distinction faite par !>• néo-criticisme entre le but naturel physique el le surnaturel moral. Enfin il seconlcnb lemenl quand il affirme que certains faits de spiritisme, bien <-l dùmenl constatés, démontrent expérimentalement qu'il y a des créatures supérieures .> l'homme i p. 8a
llli il \ ||;| ■:/ I' \m i Elfinents de la morale theoiiqueet
pratiquo appliqués a la pédagogie in 12, Belin; 644 p
1 volume comprend une introduction el deux parties. L introduction nous présente résumée l'histoire des idées morales depuis les premiers philosophes grecs jusqu'à nos jours Dans la première partie, l'auteur traite des principes généraux de la morale conscience morale, bien el devoir, liberté el responsabilité . des méthodes appliquées à L'étude de la morale, de la compréhension el île l'extension de la loi morale La seconde partie esl consacn e à l'étude des différentes espèces <l<- devoirs (devoirs envers lesanimaux, devoirs envers soi-même, devoirs de famille, devo iaux, devoirs religieux .
Dans l'introduction historique, nous remarquons el tenons à oler un jugement sur la Réforme du \\r siècle, auquel nous donnons une enl ière approbation.
La doctrine de Luther sur la grâce esl un retour à saint Paul et a -.uni Vugustin Cette doctrine, quand on la pousse jusqu'à la prédestination absolue, abouti) à des conséquences qui répugnent un sens commun des hommes el desquelles les interprètes modernes du protestantisme se défendent, comme les catholiques du dix-septième se Boni défendus de la prédestination janséniste. M is c'esl un fail historique que ces doctrines, qui retirent ;i l'homme toute activité réelle pour la porter en Dieu, s'inspirent .lu sentiment religieux le plus exalté el le plus puissant, el qu'elles marquent dans les âmes une vie intérieure intense, capable des plus hautes pi rfei lions morales.
Les réformateurs opposaient le salut par la foi au salut par les œuvres • ette formule esl juste, si l'on entend par œuvres des actions matérielles qui Boni accomplies mécaniquement, sans la collaboration véritable il<- l'esprit Elle esl fausse el dangereuse si l'on en tire cette conséquence que la foi peul -'• faire pai Beuse et Be contenter des intentions pures Bans passer aux Mais, dans la pensée des réformateurs, il s'agit surtout de répandre sur toutes les actions de la vie humaine l'esprit <l>- v< table piété, d'amour el de confiant e en Dieu, qui vivifie el sanctifie. Toute la Réforme 3e résume donc, dans l'intention d< Bes j moteurs, ;i une manifestation plus active, plus profonde el plus
-2i8 l'année philosophique. 1906
large du sentimenl religieux dans le sensoû il se confond avec le sentiment moral (p. 48). »
Dans les pages 226-232, consacrées à l'exposition du oéo-criticisme, nous (levons relever quelques erreurs. Nous contestons que dans les derniers ouvrages de Renouvier se trouve, comme le dit M. Thouverez, « une réintégration de l'idée de substance (p. 226) l ». Nous contestons que l'on puisse attribuer à Renouvier cette opinion que « l'espace et le temps, d'apparences infinies, ne sont que des illusions de l'esprit (p. 227) 2 ». Nous contestons que Renouvier ail été, dans sa morale, « l'adversaire résolu du socialisme (p. 231) 3 », a moins que l'on ne refuse le nom de socialistes aux systèmes de Fourier et de Proudhon et que l'on ne considère le mot socialisme comme synonyme de communisme. Enfin, nous savons que Renouvier, dans son Deuxième Essaide Critique générale, a admis l'existence possible de plusieurs Dieux distincts, mais nous ne voyons pas qu'il ait parlé de l'existence possible de « sciences cont radict oires '• ».
TRIAL (L.). - Appel aux chrétiens réformés de France. Deux sermons broch. in-16, Fischbacher : ~ml p.).
Dans l'un des serinons reunis en cette brochure, et surtout dans
une note Ires intéressante, M le pasteur L. Trial explique pourquoi
et dans quel Sens les protestants libéraux, dans la reunion qu ils
i. On me permettra d'ajouter que la négation de l'idée de substana n'ayanl jamais été pour i [ue la réduction de cette idée à celle de conscience ou de personnalité, M. Thouverez se trompe quand il parle de mou
attachement resté plus stricl <• à la première for de la doctrine néo-criti
ciste : le phénoménisme (p 231 . G'esl précisé nt. dirai-je, le phénoménisme rationnel el Gnitiste qui m'a conduit au monadisme, au théisme, comme il devait > conduire Renom ier. il me semble facile de montrer que i idéalisme monadiste est impliqué logiquemenl par la négation de la substance el de l'infini, el que les doctrim - de la pei sonnalité divine el de la onl le couronnement naturel de l'idéalisme monadiste.
i C'est précisément sur ce point que l'idéalis néo-criticiste, tel que je
l'entends ■ sépare du renouviérisme. Le philosophe qui nie l'infini est oi.ii iconnaftre l'illusion inhérente au continu et, par suite d'éta blir, ci que n'a pas rail Renouvier, — une différence essentielle entre l'espace, d'où vienl cette illusion, el les autres catégories le temps, la eau n i imagination Bpatiale la fait entrer, mais qui ne b'j rédui- ■ ni pa -, c ■ l espace.
:;. n, :. ilité, Renouvier s'esl toujours montré favorable au socialisme d'Étal cl forl opp »si . trop opposi selon au libéralisi iconomique:
',. Je lin reprocherais volontiers plutôt d'avoir méconnu, de n'avoir pas ./ vu la réelle opposition qui existe entre les sciences proprement dites
ou sciences du i le physique el les sciences philosophiques, et qui
s'explique par le rôle que joue dans les prei res la forme spatiale di la
• lisibilité.
i il j.iv REVUE BIB1 [0GBAPHIQ1 B
uni tenue b Montpellier, les i\ el 22 novembn mt accepte la
confession c l • - foi de is^'-\ qu'ils avaient jusqu'alors repousst
- Citons :
tussi longtemps qu'elle .1 été dans rétablissement concordataire, la tendance libérale a été franchement multitudini 1 ute déclaration de foi collective el officielle lui paraissait inutile el même dangereuse. Elle n'en voulait à aucun prix.
Or, parle fait de la Béparation, nous sommes appelés à former des associations cultuelles <pii seront, en quelque mesure, des
Eglises de professants !><■ janl d • à notre ancienne attitude,
nous .h I met l mis aujourd'hui la nécessité d'une déclaration de foi...
Du moment que nous acceptons la Déclaration de (<<i de iv comme le symbole actuel de l'église chrétienne réformée de France, elle a droil à notre respecl et nous nous engageons é la respecter.
Ha - vis d'elle, nous réservons notre liberté théologique.
Qu est ce ;i dire \ Le voici :
Dans les termes suivants de cette Dét laration : autorité souveraine des Ecritures, morl pour nos offensi -. ressuscité pour notre justification, il y a trois réalités religieuses La première, c'est l'incomparable valeur du livre qui renferme la Parole de Dieu; la onde, c'est l<- sacrifice volontaire de Jésus-ChrisI <|ni manifeste l'amour «lu Père céleste «•! qui: par un acte de solidarité, cons ne l«- salul <ln genre humain : la troisième, c'esl la victoire deJésus 1 hrisl sur la mort, c'esl son retour ;i la \i<-. aboutissement <•! couronnement indispensable de son immolation. < réalités religieuses, nous les gardons précieusement el les croyons indispensables pour fonder et faire vivre une Eglise chrél ienne. ..
Mais 30US les termes de cette Déclaration, on a mis et on met encore trois systèmes théologiques : théopneustie, expiation vicaire, xrésurrecti :orporelle, ou des systèmes similaire -
Si nous, libéraux, nous reconnaissons pour chrétiens réformés les partisans d< ces -\ Btèmes, si nous leur tendons fraternellement la main, el -i nous sommes heureux de voir en eux des membres de l'Eglise de demain, esl ce ti"|> demander qu il- nous rendent la pareille, .1 noua qui repoussons ces systèmes pour bien des raisons, mais, «mi particulier, parce qu'ils nous paraissent en contradiction formelle avec des paroles décisives soil <!>• Jésus-Christ, soi I de ses apôtres p 67 el buî\
VALLOTTON Paui La vie après la mort
[in-12, Fischbacher; 224 p. ■