‹ L'Année philosophique (volume 2)Chapitre 37 sur 45 · ET PÉDAGOGIE · texte numérisé non relu

ET PÉDAGOGIE

BRUNETIÉRE (Febdinand). — Questions actuelles (in-12, Perrin, xwi-409 p.).

En ce volume sonl rassemblées un certain nombre d'études qui avaient déjà été publiées à divers.- époques, el qui sont, dit l'auteur, contemporaines de ses Discours de combat (1895-1905 Voici les litres de ces études : Après une usité au Vatican (1894 : Education et instruction (1895); /." moralité de la doctrine évolutive 1895 : /.'• catholicisme aux Etats-Unis [1898); Voulons-nous une Eglise nationale (1901) ; La fâcheuse équivoque 1904] : Le mensonge du pacifisme (1905 : Les bases de la croyance (1896 : Pour les humanités classiques 1903 . Ces études se rapportent, les unes à la sociologie el à la pédagogie, les autres à l'apologie du catholicisme qui, aux veux de Ferdinand Brunetière, on le sait, av.nl le grand avantage d'être un « gouvernemeni » el une « sociologie

Nous avons rendu compte de la première de c< s études, dans I Année philosophique de 1895, p. 2'.:; ; de la Beconde, dans le même volume, p. 271 : de la troisième, dans V Année philosophique «le 1896, p 242 Nous renvoyons le lecteur aux notices nue nous leur avons consacrées el qui contiennenl quelques critiques auxquelles nous n'avons rien à changer.

Dans -"il eiu. le sur le catholicisme aux États-Unis, l'auteur constate el explique l'influence politique el sociale de l'Église catholique dans ce pays 11 lai! remarquer qu'entre les caractères par lesquels le catholicisme agil sur les non-catholiques améri- ,, IMI des plus importants esl la garantie <le stabilité qu'il donne a la famille en s'opposanl au divorce, don! la facilité sérail n l'une des plaies de la société américaine p 233

Dans l'étude suivante, il s'élève avec force, i - n'hésitons

pas à dire avec toute raison, contre l'idée .l'une Eglise nationale donl Beraienl hantés, selon lui, nos nom s politiques. Il

parall croire que la ( ritique religieuse, où « beaucoup de nos politiciens, «lit-il. mil fail leur éducation philosophique , a été fondée pur Charles Renouvier pour soutenir cette idée comme un

PII i ON. RI \ n BIH H uiii'ii i.

moyen transitoire de concilier le souci de l'avenir avec le respect du i , d'acheminer les esprits du gallicanisme è l'incrédu-

lité totale p. 269 Nous ne pensons pas avoir besoin <!«• relever ici ce qu'il y ;i tout à la i<>i- <l injuste el d'inepte dans cette erreur du célèbre critique.

L'étude qui ;• pour titre '.' fâcheuse équivoque conticnl une critique, ;i notre sens très superficielle, vraiment ti"|> auperfi cielle pour mériter l'attention, — dea vues de M. Uiguste Sabalier Bur les religions de l'autorité el sur la religion <l<' l'esprit.

M. Brunetière voil dans la religion de l'espril uni spéce de

pticisme mystique (p II Boutienl <■! se flatte d'étal

qu il n \ .1 pas de religion personnelle, ni <!<■ religion naturelle, ni. par suite, de religion sans autorité

La conclusion de l'étude intitulée / V

qu'étant donné la nature humaine, son histoire, les conditii «le -un développement, les causes des conflits <pi ndrenl

fatalement de la rencontre <-\ <ln choc »lr> instincts, des passions el des intérêts, etc . le rêve de la paix universelle est aussi chimérique <•! aussi fallicieux que les espérant - médecins,

-i du moins il en i <!<• soustraire notre espèce à la condition

de la mort i p. 351

La dernière étude nous parait un excellent plaidoyer en faveur des études classiques. Quant à celle qui es! intitulé» I /,; . elle a pour objet de montrer l'impuissance, la faillite

de la philosophie, d'où résultent le rôle el l'autorité moralement et socialement nécessaires de la foi religieusi N - Bom obligé de dire que, dans les questions philosophiques qu'il aborde volontiers, M Brunetière fait preuve d'une honteuse incompéten

ni l\ vil II h ii- La vie sociale et l'éducation (in-8°, Biblio-

thèque de philosophie contemporaine, l Vlcan ; vu

Étudier la vie sociale; examiner comment elle peut èti nisée : indiquer ce que doivent être, au point de vue de I organi-

tion de la vie Bociale, l'instruction el l'éducation, tel est l'ob de ce Ih re. Il comprend huit chapil I '

n de la vie m. J ■ . . /

,■ valeu i physique ; m /.

intellectuelle ; vu. J vin. / le.

j chapil pleins d obsci \ .il ions el d<

judicieuses but l< - - qu ils traitent. Nous retrou>

ques-uns, développées avec talent, di - philos qui

nous son I chères Noua devons der, notamment, le chapitre

N n. où L'auteur expose Les principes essentiels de ce qu'il appelle |;i philosophie de la vie. Ces principes qui doivent présider à notre conduite son! au nombre de trois.

1" ;/ y a une distinction absolue entre la nature et la morale. — « Le \i\ siècle s'esl Laissé séduire par une illusion scientifique, en croyant que l'idée de Loi naturelle s'applique à tout, el que Le déterminisme esl La conception définitive el complète de la réalité. On a trop facilemenl généralisé el appliqué dans le monde p ilitique et social ce qui n'étai! vrai que dans le monde animal. La doctrine de l'évolution a toul unifié; elle a supprimé Les barrières entre ce qui était physique el ce qu'on disait intellectuel ou moral : on a cru que tous les faits, sociaux ou autres, n'étaient que la résultante des phénomènes mécaniques; et Le succès de L'évolutionnisme ne serait-il pas une des causes de la crise morale signalée par tant de penseurs p. 151

2° Il faut croire que le progrès est possible, que l'on n'y travaille pas en vain et que nous devons contribuera le réaliser. — - <• La croyance au progrès n'est pas née d'aujourd'hui. Elle fut apportéeau monde par les vieux prophètes d'Israël, qui jugeaient contradictoire l'éternité du mal et de L'injustice, et proclamée (levant les nations modernes par les philosoph :sde La Révolution. Mais nous n'enten dons p i- poser comme règle de vie L'affirmation d'un progn - qui se réaliserait nécessairement d'une façon continue et sans inter ruption, à la façon de Saint-Simon et d'Auguste Comte... I><- l'idée (I un progrès nécessaire esl née cette opinion injustifiée que la science, donl les acquisitions semblent nécessairement amem [es unes par les autres, sera la cause des progrès <l<- la civilisation. Mais l'expérience nous montre que cette prétendue loi d'un progrès nécessaire reçoit de continuels démentis; el est-il logique d'admettre qu'un progrès, c'esl à-dire une amélioration, — notion morale s'il en fût, — puisse se réaliser sans la parti cipation des êtres moraux, comme un produit simplement naturel p. 155) '.' »

:; ■ il y n un gouvernement moral du monde. » Ce principe est bien fait pour encourager à l'action et pour per tire les espérances à toutes les énergies. Dans un siècle ou tous sont appelés ;, travailler en vue de la rénovation sociale, une philosophie d'indifférence ou de découragement, bonne tout au plus pour quelques dilettantes de la pensée, ne doit plus être enseignée aux esprits . s> notre action peut, à toul instant, réaliser une parcelle de la perfection conçue comme possible, c'esl qu'avant la moindre démarche de notre conscience, nous avons affirmé l'existence d'une conscience complète... La conscience ne se présente pas .i noua sous une forme toujours identique à elle-même : nous 1,1 voyons se compléter comme par degrés chez tous ceux qui dépassent le nive rdinaire de l'humanité. Pourquoi ne conce-

IHHKIIEI.M I'.m.i L'année sociologique, neuvième-année in

Bibliothèque de philosophie contemporaine, l . Ucan . 624 p

volume esl dr mime les précédents, en deux parties :

Mémoires originaux el Vnalyses bibliographiques

La première p ontienl deux Méi res : I un de M. \ Meil-

lel : Comvu mgent de sens; l'autre, de M. Ma --. /

9 le premier de ces Mém M M illel montre commenl

I. - mota peuvent subir un changement de sens en passant du vocabulaire particulier de tel groupe social restreint ;i la lans commune de I té dont ce groupe fait partie : comment, par

c< changement de sens, les mota perdent la valeur précise el mreuse qu'ils avaient ;■ l'origine. Il établit ainsi, par des exemples fort inl nts, que la valeur générale des m»

est, dans une très large mesure, un fait social, el que la général du sens d'un mol a souvent chance d'être proportionnée à I étendue il''- - roupi

l>.m- son travail sur les sociétés eskimos, M Mauss étudn variai ons que présentent ci . d'une saison à I autre, de

I hiver à l'été, dans la manière dont !<■> homn upent,

dans la forme de leurs maisons, dans I é endu< 'h- leurs établis* ments, el l< - que produisent ces vai - morpl

sur la vie religieuse, but la vie juridique, sur le régime «Ir^

hii'ii-.

I iciale des Ks ;imos, «lit il dans la Conclusion • 1 « < i

étude, se pr< i nous bous deux Formes nettement opposables

el parallèles a le ir double morpho l • - hommes ont deux

manières de iper, et, ■> ces deux lbrm< roupcmenl

respondenl deux systèmes juridiques, deux mo deux sortes

domestique el de vi< \ ummunnuté

réelh d'inlérèl - dans m dense de i h

;i mi' unité mentale, religieuse <•( n I nu

isolement, une poussière soi iale, une extrême pauvret de el

religieuse dans I éparpillcmcnl ib- I •

On \ >>it qu'en somme les différences qualitativi

Pli I •■ \mi .' | ., « ■

ces deux civilisations successives et alternantes tiennent surtout à des dinérences quantitatives dans l'intensité, très inégale, de la vie sociale à ces deux moments de Tannée. L'hiver est une saison où la société, fortement concentrée, est dans un étal chronique d'effervescence et de suractivité, l'arec que les individus sont plus étroitement rapprochés les uns des autres, les actions et les réactions sociales sont plus nombreuses, plus suivies, plus continues, les idées s'échangent, les sentiments se renforcent et s avivent mutuellement; le groupe, toujours en acte, toujours présent aux yeux de tous, a davantage le sentiment de lui-même et tient aussi une plus grande place dans la conscience des individus. Inversement, en été, les liens sociaux se relâchent, les relations se font plus rares, les individus entre lesquels elles se nouent sonl moins nombreux; la vie physique se ralentit. Il y a, eu somme, cidre ces deux moments de l'année loule la différence qu'il peut y avoir cuire une période de socialité intense et une phase de socialité languissante et déprimée (p. 124 . »

Parmi les Analyses, nous tenons ;i signaler celles «pie .M. E. Durklieim a consacrées à l'ouvrage de M. Albert Bayet : /." murale scientifique (p. :vi>) ; à celui de M. Georges Dereux : /)-■ l'interprétation des actes juridiques privés (p. 418) : à celui de M. Alfred Valensi : L'application de la loi de divorce en France p. 438). Il y fait bien comprendre, en indiquant le sens, Tespril dans lequel elle doit être interprétée, la méthode qu'il faut, selon lui, appliquera la solution des problèmes de la morale et du droit.

I \i,t El Emilh . L'anticléricalisme iu-iJ. Société française d'imprimerie et de librairie: 381 p.).

\pres avoir, dans un premier chapitre sur l'Irréligion nationale. étudié les origines psychologiques de l'anticléricalisme français M. E. Faguel passe en revue dans les neuf chapitre- suivants les formes diverses prises par l'anticléricalisme: au xvn' siècle lu ; au icviii* siècle (m) ; pendant ,1a période révolutionnaire i\ : sous le Consulat et l'Empire \ : sous la Restauration vi ; sous Louis-Philippe (vu) ; sous la seconde République et le second Empire (vui ; sous la troisième République jusqu'en novembre 1905

(l\ cl \).

Sur la manière dont le spirituel académicien écrit cette histoire <le l anticléricalisme en France, sur les causes qu'il lui assigne i chacune des époques où il considère son action., but les jugements que lui inspirent les faits et les hommes, nous aurions à faire de Bérieuses réserves qu'il nous esl impossible d'indiquer ici, même brièvement. Non- non- bornerons è dire que cette étude est superficielle comme une œuvre de politique militante; que l'esprit

in i 'pn. i;i \ 11: BIBLIOGRAPHE

d'irréligion, d'anlichristianis .1 bien i>u el peul sans doute donner une certaine force .1 l'anticléricalisme, une force dangereuse pour la liberté générale el pour la paix civile; mais qu'il faul reconnaître à l'anticléricalisme qui s'est manifesté dans notre pays, -'Mi- nos gouvernements su< 1 ausea tout auti

que l'esprit d'irréligion; que cea causée -"iif dans ^l'opposition logique, irréductible qui existe entre la morale politique sociale du catholicisme, religion traditionnelle delà France, el les principes de la démocratie, posés j ». 1 1- la Révolution Iran-

Nous remarquons que, dans le chapitres intitulé: /.

//• . M Faguet ae déclare partisan de !.i séparation des Eglises el de l'Etat, <•! <|u'il approuve la loi <l<- 1905, dite loi Briand, qui l'a établit

1 ette loi, dit-il, est, à mon .i\ eptable pour les libéraux

el pour les catholiques. Elle esl beaucoup plus libérale qu n'aurail pu l'attendre de la majorité qui l'a votée, ce qui f;tit honneur el .1 M. Briand lui-même, qui a dûla défendre contre le»; attaques de ses propres .uni-, ci ;i M. Bibot, qui l'a discutée pied .1 pied el poinl p. h- poinl avec un incomparable talenl

Cette l"i met l'Eglise catholique à peu près, je ne dis ; très peu près, dans la situation de l'Eglise catholique américaine. Je crois qu'il y ;i dans cette l"i pour l'Eglise catholique, non -nilemenl faculté d'exister, mais principe ou occasion d'une véritable rénovation el d'un magnifique rajeunissement...

Je ne puis pas dire que je ne Buis poinl relativemenl Batisfait. En somme, c'esl bien là une séparation de l'Église etde 11 rationnelle, Binon généreuse, el pacifique en soi, sinon bienveillante. Or, 1.1 séparation esl pour moi la véril I suiv.

JANKELEVITCH I' S Nature et Soci ■ :• Bibliothèque

de philosophie contemporaine, F. Alcan : 188 |> .

Je ne voudrais poinl faire douter de la bonne opinion < [ u> de ce livre ••( <!<• Bon auteur en classant le docteur Jankelevitch parmi les amateurs de philosophie h - plus avisés d'aujourd hui. Il faul < | u. • la philosophie ail -■ - amateurs, lèses prof

Bionnels. Il faul qu n • 6t< de eux qui marchenl ou enl de

marcher sur : utes, il L d'autres qu'attirent

chemins de traverse. Ceux construisent |

m;u^ ils excellent 1 ébranler les constructions pr<

il de faire M. Jankelevit savant d'appliquer le

poinl de vue finaliste aux phénomom aux, il en

même temps de rendre •> l homme l«- rôle qu'il • int

arrogé dans la nature et de faire \<'ir qui on-

l'année philosophique, r

traire d'un rôle usurpé, assurément, il n'en résulte pas une sociologie très cohérente, m;iis du moins après avoir lu, on ne peut plus rester persuadé que l'homme est un simple momenl du déterminisme, ajoutons d'un déterminisme universel el unilatéral. Le « matérialisme historique o ne pouvait manquer d'être sérieusemenl examiné par l'auteur el critiqué de très près. Tandis que les partisans de Karl Marx ou de ses disciples les plus immédiats admettenl une évolution sociale indépendante de toute intervention humaine, M. Jankelevitch croit au contraire qu'aucun phénomène social ne peut se pass ir de l'intervention humaine, (prune société esl un Fa.i1 essentiellemenl humain, partiellement soumis n l'action dr> luis naturelles, mais capable de s'en affranchir, de les dominer, et même de les modifier. L'histoire sérail \'œu\ re de l'homme, non de la nature, et la vie sociale serait le produit d'une activité sut generis prenant sa source dans un idéal conçu par l'homme en vue de l'amélioration de l'humanité.

.Nous pensons connue M. Jankelevitch. .Mais nous sommes peutêtre assez avancé dans la vie pour douter que les plaidoiries de ce genre réussissent à faire brèche dans l'opinion, je veux dire dans l'opinion des adversaires. Ou je me trompe grossièrement, — auquel cas je me déclare impardonnable, ou je me figure ipi un partisan des idées de Marx el de son matérialisme historique nous répondrail en souriant : •• Nous n'avons jamais nié le rôle de la Gnalité, ni celui de l'idéal. Nous les avons seulement remis

à leur place en les considérant c me de simples manières de

voir les chose-, ou de se donner des raison- d'agir. Seulement nous non-- imaginons que ces raisons suffisent, toul comme une girouette, supposée consciente, mais dénuée de la faculté de percevoir la poussée du vent, s'imaginerait qu'elle tourne parce qu il lui plail de tourner el <\t\ cote où il lui plnil de tourner. » L'exemple de la girouette el l'objection que cet exemple est accoutume d'illustrer ne datent pas d'hier. L'attitude de Karl Marx el des partisans «lu matérialisme historique, en dépit des apparences, n'esl pas non plus chose nouvelle. 121 le> protestations de M. Jankelevitch ont, elles aussi, leur origine dans un é qui se compte par siècles.

Heureuse la philosophie, s'il suffisait pour ruiner une thèse de lui opposer des faits I Ces faits ne sont méconnus par personne. Seulement nous avons la faculté d'user à noire fantaisie drs deux i ait a el «le vérité, de rattachera la première

les faits qui nous déplaisent, a la seconde ceux qui Boni de notre Nous disons des premiers qu'ils sont de simples épiphénomèm I I le tour esl jour.

CM I n\. — |;|;\ | |; 111111.11)1,11 M'illi.i I

KESSI il; Gknkiu rie men i 12, Prrrin : :t77 p .

mtienl loul un plan de n formes C'est la constitution de 1873 qu'il s'agit '!'• remanier ' 'est la i n donl le respect

i \.i el donl le respecl devient de plus en plu- ni Pour empêcher les menaces donl la* patrie esl l'objel de recevoir leur exécution, il faul refaire l'ame <!<• la France.

i re donl !<■ général Kessler entend refaire l'àme «lu pa> poinl la nôtre. < ertes, je lui accorde que le scrutin de liste esl préférable au scrutin d'arrondissement, pourvu <pi il \ .ut renouvellement partiel de la Chambre, détail <>n ne peul plus important, négligé par l'auteur. J'admets avec lui la né< • site, en caa de scrutin <lr liste, <l empêcher les candidatures multiples. Je crois comme lui que pendant au moins un demi-siècle, ;i moins que ce ne soil pendant vingt autres périodes de cinquante années, à moins q :e ne soit . toujours, l'homme n

un animal religieux Je pen dément, avec M Kessler, qu'il

esl une forme d'anticléricalisme assez répandue par !<• temps qui • •«uirt, laquelle n'esl qu'une des formes indéfiniment multiplii de la l"-i ise humaine.

A pari cela, p' ne m'accorde avec le général Kessler sur aucun point. Je le loue 'I"' sa franchise el du ton modéré qu'il sail ir;i rder dans Bon réquisitoire contre le temps présent. Ce militaire .» évité <!<• traiter son sujel n>>inn militari \ Il n'a poinl sabré « -><n livre. Il s'est donné la peine de l'écrire el même <l<' le penser.

KHOPOTKINE Pirrri L'entraide, un facteur de 1 Evolution.

t i.nl . de l'Anglais par t.. Bréal in 12, Hachette ,

\ la l"i de la lutte pour la n ie, s'en oppose une autre «pu pourrail bien en être la corrélative, celle de l'Entr'aide pour la » toul aussi nécessaire, non seulement .i l'Evolution humaine, m à l'évolution animale l. - • sp tbattenl entre elles; les

individus d'une même espèce s'unisseni entre eux contre les envahisseurs "ii les ennemis Le mérite de cet ou> ■ I il être un

exposé de faits destinés .i n trer que cette l"i n'esl p

dans le cerveau d'un utopiste, mais que la formule en esl inscrite dans l'histoire ajoutons que l'auteur B'esl contenté de démontrer -.i thèse, - ms en tirer des conséquences effarantes L< - adversaires du socialisme pourront !<• lire sans trembler. El les amateurs de propos en i air feront bien de le lire, ne serait que pour apprendre comment se démontre une thi [ue.

<>n parvient à l'établir, <mi l'appuyanl sur des faits, en attribuant

une importance toute particulière aux mineures de ses syllogismes et en insistant sur la démonstration de ces mineures.

LACOMBE (E. de). — La maladie contemporaine (in-8,j, F. Alcan; 255 p.).

Positiviste orthodoxe, M. de Lacombe propose de guérir toutes les formes de ce qu'il appelle « la maladie contemporaine» par le positivisme orthodoxe. Son livre est clair, bien divisé. On peut y apprendre beaucoup. Quand on l'a lu. on connaît assez bien l'attitude des positivistes restés fidèles à la lettre du comtisme dans la plupart des questions politiques et sociales qui divisent les esprits. Cette attitude est assez curieuse. Elle consiste le plus souvent à comprendre le- revendications de tel ou tel parti, à les justifier par de fortes raisons et a conclure par le presque maintien du statu quo. Les positivistes ont une devise commode : ordre et progrès. Je dis que cette devise est commode, parce qu'elle concilie l'esprit progressiste et l'esprit réactionnaire. Quand on est Fatigué d'avoir travaille au progrès, on travaille au maintien de l'ordre. Dr cette façon, on a toujours quelque chose a faire et l'on se repose d'une lâche- par l'autre, <e qui ne laisse pas d'être hygiénique. — On n'est décidément pas I rès révolutionnaire chez les positivistes.

LAGORGETTE (Jean). Le rôle social de la guerre, étude de sociologie générale. Préface de M. Anatole Leroy-Beaulieu (grand in-8°, Giard el Brière : iu-700 p.).

Quels buts la guerre a t-elle poursuivis ou poursuit-elle ' Les

buts de la guern I -ils évolue -.' Ne tendent-ils pas en réalité a

disparaître? Peut-on voir dans la guerre un moyen bon, juste, en lui-même désirable, d'atteindre ce- buts ' Les huis -ont-ils ait ci ni- par ce moyen f Ce moyen est-il adapté, le mieux adapté*! En existe-t-il d'autres mieux adaptes, qui en l'ail tendent a b'j substituer .' La guerre n'es! elle pas quelquefois un bul poursuivi pour lui-même ou pour -e- avantages généraux, suffisants à la conseiller en l'absence de motifs spéciaux ou après leur dis-

pariti rventuelle'î Sous ces deux formes, comme moyen et

comme but, peul ou supprimer la guerre ou en limiter les effel Quels -oui les principe- de celte limitation l Le progrès psychoique et social ne rend M pas la guerre de moins en moins fatale .'

PILLOK. RI \i | BIBLIOORAPHIQUI 831

relies -"lit les questions importantes traitées dans ce! ouvn 11 comprend une introduction, une partie préliminaire h quatre parties Dans la première partie, l'auteur étudie les mobiles impulsifs de la guerre dana les temps primitifs el dans les temps modernes. La seconde partie, où la guei re esl e^ omme

moyen pour un bul spécifique, esl divisée < n trois livres : i La gue me moyen pour un but non juridique (Cannibelismeel luttes

alimentaires, razzias el guerres de pilla siques

el d'esclavage, guerres de conquêtes, guerres commerciales el coloniales, guerres de religion, guerres de propagande ou d inti vention, guerres d'équilibre el d'influence, guerres nationales ethniques, impérialistes, guerres d'indépendance, de on,

privées, i iviles, sociales ; u. La guern comme moyen }><in> m> but juridiqv v phismes unilatéraux, les j u --t < ■- guerres, la guerre

« me voie de droit : m. Bute, moyen» el résultats (Limitation de

l.i guerre, diminution <l<- fréquence el suppression des guern Dans la troisième partie, M. Lagorgette considère la guerre comme moyen pour un but générique : il examine, en deux livres, les apologies de la guerre (livre r el les effets généraux de la guerre livre it). La quatrième partie esl consa l'étude des moj ns el facteurs de la pacification.

(»n voil i >. • r la simple indication des matières qui en sont l'objet, quel intérêt offre cette étude très complète el vraiment scienti fique de la guerre. La conclusion de M. i est que la guerre devient <le moins en moins apte à réaliser les 6ns qu'elle poursuit, de plus «mi plus anti-économique «-l illogique, en un mot que son défaut d'adaptation est <!«• plus en plus man

qui permet d'espérer que d'autres modes <le la vie sociale d'autres moyens, mieux adaptés au but, l'élimineront un jour, en la remplaçant dans la fonction qu'elle a jusqu'ici remplie. Nous citerons quelques pages où cette conclusion esl dévelop pée :

l. idée capitale en sociologie, de finalité el d'adaptation, permet, après avoir critiqué la guerre, d'esquisser les moyen» qu pourrait a isement lui subi i. ir supériorité commune

repose Bur leur variété : -"< lieu ippliquer .mx

lin- les plus diverses el appartenant ■> des iries plus ou

moins éle> • . e»t approprié < r proporti mné <i un i>ut -.

cial Leur substitution .1 la guerre n'es! donc possible que dans les

où celle ci est, non sa propre (in .« elle même, mais un moj Par contre, elle peut avoir lieu, même si les volitions susceptibles d'engendrer les combats se multiplient el s,,nt plus vita

irvu qu'elles ne deviennent p.» s plus exclusives. Or l'évolution hum. un.- réelle Bemble avoir pour terme. idéal, pour but,

ce double résultat, d'accroître le nombre «le- a< tes U léologiques et de réduire les antagonismes •< un nombn 1 un d<

moindres. Les substituts de ta guerre deviennent ainsi de plu* en plus largement possibles.

ci Us deviennent aussi déplus en plus désirables. Grâce aux progrès de la civilisation, scs fonctions son! sans cesse mieux remplies, el avec un avantage croissant, par d'autres moyens que par elle-même. Le chiffre qui exprime la relation de leur degré respectif d'efficacité devient plus Favorable à ces derniers à mesure qu'ils se perfectionnent.

« La guerre, au point de vue abstrait, n'atteint pas davantage, ni plus sûrement, son objet que jadis: elle l'atteint même moins bien. La production, l'échange, etc., atteignent de mieux en en mieux les leurs. En matière de subsistance les perfectionnements d l'intérieur, les procédés de lutte, non pour le renversement d autrui, mais contre la nature ou pacifiquement contre les h. es,

ia production, la division croissante du travail, assurent plus commodément à l'effort u\\ rendement total sans ci sse plus élevé et plus sur en soi et relativement à l'extermination...

« Pour la propagande desidées, la défense des droits, nous bénéficions de même d'instruments sans cesse perfectionnés. La discussion, facilitée par la diffusion des écrits de toute- sortes, a, sur la contrainte, l'avantage de n'être point unilatérale, île faciliter la tolérance réciproque des opinions, et elle ne fait pas naître de répulsion immédiate pour celui qui l'emploie. Le jugement des causes internationales, d'après les règles de justice, est supérieur a la décision par les armes et rendu possible par la constitution d'une i !our arbit raie...

Les procédés rationnels ont déjà été employés concurremment avec les autres Le progrès, l'idéal, consisteraient à les employer exclussivement. Il n'est point douteux que l'homme ne -y conforme peu a peu. guidé, comme il l'a toujoursété, par le principe du moindre effort, et éclairé, désormais, sur l'inefficacité rela tive de la guerre par rapport aux moyens qui atteignent le même résultai à un meilleur marché d'efforts, d'argent et de

sang

i ondamnée par la logique, par l'économique et par la murale. la guerre Bemble donc avoir perdu toute raison d'i tre, toute fonction raisonnable dans la société moderne. On doit, non la désirer, niais la subir, en faire, non un moyen normal d'activité, maiun moyen exceptionnel de défense, imposé par l'épuisement des voies pacifiqui et sui\ »

Nous remarquons que, dans le chapitre \ delà quatrième et

dernière partie W ni et facteurs de la pacification le consciencieux auteur montre fort bien l'impossibilité dudésarmemenl unilatéral et reconnaît les sérieuses difficultés que présentent ci deux conditions de la paix organisée, le désarmement collectif < t simultané et l'établissement d'une confédération générale des

Il II n\ - m. M i: BIBLIOGRAPHIE

i i-.'. il tient, avec raison, que la force constitue un ni" nul ible de -<% préseï \> r, la ni qu on I nien i|Uc

• le désarmemenl moral doit procéder le di'*sarmenienl matériel . que ce dernier ne saura il donc être immédiat p • ■ • ■ .

I.l i II \ll;i: h min - Essai sur l'évolution intellectuelle de 1 Ita lia de 1815 a 1830 in 6 . Hachette; v.

Etudier le mouvement intellectuel >|ui. dans une période <i'quinze ans, de la chute de Napoléon .i la crise de is 10, .i prép

l ivènemenl de l'Italie à la \ i < • moderi i rendu son l :

sa ire : tel esl l'objet de ce livre II se composed'une introduclii / 18/ ) et de lniil chapil res : i. /.

intellectuelle ; u. L s ; in. L'unj

duction ; îv. I I /

\ h / nmisme \ m. /.< s appi

huit chapi (Trenl un ti ind intérêt littéraire,

torique el philosophique. L'auteur > étudie les idées, les œu\ et les hommes, .i l'aide des documents bibliographiques el surtout des textes d'une littérature forl belle, trop mal conuue chez

is : Les conditions intellectuelli dtanl du rétablis

ment <!<• l'ancien régime ch. i : I • - . randi - influent es i v

iprès 1815, sur l'esprit public, celle de Mon ti, celle d'Alfieri, celle de Poscolo ch. n) : - L'éveil de la conscience nationale produit par la personne el l'œuvre de trois écrivains qui se ren contrent alors à Florence : Giordani, Leopardi, Niccolini (ch.

L'ensemble des opinions et des sentiments de libéralisme qu a Buscités la restauration des narchîes absolues el que soutiennent el répandent Niccolini, Collatta, Gino Capponi ch. \ . - I. œuvre de Manzoni et la du mouvement néo catholique

Le pessimisme de Guéri ' celui de Leopardi

(ch. \n . La personnalité d m zini, telle qu'elle apparaît dans ses premiers écril s (ch. \ m ..

Les chapitres iv, \. m '-i vu nous pai t surtout mériter

l'attention «lu lecteur Nous y remarquons nombre <l<- | qui,

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s tenons .i <-iI<t quelqui - sur !<• retour

de Manzoni au catholicisme. Les préoc< upalions morales qui expliquent ''t caractérisent cett< admirablement anal} sées .

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