I.AN.XKK I'HILOSOI'IIImTE
La première partie comprend quatre sections : I. Période déformation de la pensée de Bayle (1647-1681); — II. Bayle en Hollande; Critique historique et morale; Polémique religieuse (1681-1688) ; — III. Vue systématique tles doctrines de Bayle à l'époque du Commentaire; — IV. Bayle et Jurieu : Conflit des doctrines de Bayle et de l'orthodoxie reformée (1688-1693).
La seconde partie se eoinpose de deux sériions : I. La Critiqw de Bayle dans le Dictionnaire historique et critique (!692-i697) ; La Continuation des pensées diverses (1704) ; La Réponse aux questions d'un provincial (1704-1705); Les Entretiens de Maxime et deThémiste
(1706); — IL Les duelrinrs pasitires tir liaylr.
Nous ne pouvons suivre l'auteur à travers les nombreux chapitres de ces six sections. Nous nous bornerons à dire qu'ils contienne^ une exposition très exacte el très c plète de la critique
baylienne. Nous citerons quelques passages du chapitre où il montre dans l'hypothèse de l'atome animé la doctrine cosmologique que Bayle estimait la plus conforme aux faits :
« L'hypothèse de l'atome animé revient souveni dans le Dictionnaire. Elle est pour Bayle le complément indispensable de l'atomisme qui, ,-iinsi modifié, fournit «les facilités uniques d'explication pour une grande quantité de faits d'expériences p. 353)...
• Commenl un assemblage d'atomes animés devient-il une pensée unique1? Bayle paraîl avoir entrevu seulement la possibilité de solution que son principe de l'atome animé fournit, mais n'être pas arrivé à une idée assez claire de celle solution pour se
hasarder à en donner une explication raissoi e. Il faut bien
admettre qu'il considérait qu'un assemblage d'atomes animés esl on d une autre manière qu'un globe est un. si l'on suppose des parties composantes, consistant substantiellement en étendue figurée, leur communication réelle esl impossible, parce que des parties d'étendue figurée sont essentiellement extérieures les unes aux autres ; elles ne sonl pas capables Ai- s'unir, parce qu'elles ne peuvent se pénétrer. Mais si l'on suppose que les atomes composants, qui, dans leur substance même, non- sont inconnus, pos -• dent, en outre de la propriété de I extension, la faculté de penser, la pensée n'étanl pas de sa nature impénétrable, l'idée de l'extériorité des parties n'étanl pas attachée à la notion «le la pensée, rien n'empêche d'admettre qu'en tant que pensants les atomes agglomi r< - constituent une unité véritable, par pénétration réciproque des pi
M. Delvolve, on le voit, tient pour admissible la pénétration réciproque des pensées, c'est-à-dire des âmes individuelle-, des consciences : cl il conclut de certains textes, notamment de l'article Averroès du DU tionnaire, que Bayle était, comme lui, porté ;i Be satisfaire de celle solution ' ependant il reconnaît que, dans les
lii.i.nv — m \ ri; UIBLIOftRAPHIOl i.
écrits de Bayle, l'atomismc animé ne forme pas un système rigoureusement lié.
Il \ .1 loin, <lil il. de cea indications impréi i la belle
Il h •..ne de la monadologie. Mais je crois avoii rail voir qu'il
\ ;i dans l«- Dictionnaire des efforts de pensé naux el | <r< >-
fondement coordonnés autour de la conception, non métaphysique, mais cosmologique il un univers constitué par les mouvements dans le vide el les agglomérations d atomes doués d'Âme,
manifestant leur être .1 la fois sous la ton le • •• • i- 1 » - étendus
extérieurs les uns aux autres, de force motrice et de pensi
vues ne sont pas d'un disputeur indifférent, mais d'un philosophe assez amoureux de la vérité pour en détester le faux-semblant, el préférer l'incertitude à l'erreur dès que l'affirmation lui paraît téméraire < p. 360 ...
Cette hypothèse de l'atomisme animé, Bayle ne I .1 pas trou> toute faite el recueillie au cours de ses lectures : il paraît l avoir
formée, par si iditation propre, à l'aide de matériaux divers
Sans doute on en \ "il sans peine la parenté el les points d'attache avec les systèmes « I * - Gassendi el de Locke : avec les théories des physiologistes vitalistes, Sennert, Hoffmann, Stahl, el cel métaphysiciens qui les suivent, comme < udworth ■ •' Gre^ : elle prend place dans l'ensemble des tendances dynamistes qui r<
ntre le 1 :anisme cartésien, el trouvent leur plus parfaite expression métaphysique dans le beau systè leibniziendes
m .ni. - M lis en remontant à toutes les sources auxquelles les
textes mêmes il'- Bayle conduis* rouve bien !<■- éléments
dont il s'est servi pour construire son hypothèse, mais non son hypothèse même qu'il donne d'ailleurs comme un perfection ment apporté par lui .1 i .il omisme p. Il ï
ivons, dans ['Année philosophique de 1896 p 143-188), appelé l'attention des philosophes sur l'hypothèse baylienne • atomes animés, <-l montré comment fil. til ri devait con-
duire .m monadisme leibnizien p. 188 On comprend 1res bien que 1 ette hypothèse ail été prop omme un ■ onnemenl
im-.i--.iiii' .I.- l'atomisme, par le U >'le, l'auteur •
articles j pe el Dicéarque, qui s'était rendu compte et avait 1
lih clairement que la pensée m- saurait être attribuée .1 la substance étendue ^1 "M m' comprend pas que \e sceptique Bayle, — sceptique nu sujel de l'étendue, donc idéaliste, I auteur des articles Pyrrhon el / / p" s'arrêter, comme * il fallait y \ 1. selon lui, la vraie conception de l'univers, au systènn misme spiritualisie que lui lit naturellement la distinction cartésienne des deux substances étendue el pensanti El l'on croyons nous, fondé .1 dire qu'il .1 méconnu lui-même la véritable portée de la critique pénétrante .1 laquelle il soumettait divers doermatismes, sil .1 • •nli-inlu lui donner l.i conclusion
positive dont il s'agit, el mettre réellement, sérieusement, cette
limite à son scepticisme '.
GAUTIER (Paul). — Le sens de Part, sa nature, son rôle, sa valeur Préface par Emile Boutroux (in-12, Hachette: 263 p.).
Ce livre en est à sa deuxième édition. Peu de livres du même genre mil cette faveur. Je voudrais pouvoir dire que c'est une faveur méritée. Elle l'es! à bien des égards, pas à Ions. Le livre est clairement pensé, finement écrit, .le ne crois pas que les thèses de l'auteur courent grand risque d'être combattues, tant elles sont sages et saines. Presque partout, M. Paul Gautier s< fait donner à peu près raison, nue manque-t-il dono a sou ouvrage .' Il ne serre pas d'assez près la question posée dans le titre. Qu'est-ce que le « sens de l'art » ? Sommes-nous tous dotes de ce sens'? En cas d'affirmative, quelles conséquences eu résultent au double point de vue de l'esthétique générale et de l'éducation générale de l'artiste ? En ouvrant le livre de M. Gautier, nous espérions qu'il éclairerait d'une lumière nouvelle ces points obscurs. Il a passé à côté rapidement, presque négligemment. Bref, il n'a pas assez, renouvelé le sujet. Toutefois il esi dans sqn livre quelques bonnes parties. Le chapitre n, où il nous est parlé de « ce q u 'en soi -ne une œuvre d'art», est curieux el par endroits, suggestif. Les piges 93 et 94 y sont excellentes. J'y louerai volontiers aussi la page 96 où l'auteur côtoie une idée juste —entendez juste el peu banale,— sur le rôle des médiocres dans l'histoire de l'art. Il y avait, certes là, un chapitre original a écrire. Le rôle des médiocres est précisément d'éliminer toute la partie géniale et personnelle de ceux qu'ils imitent, de rapetisser, par consé quenl leurs modèles, mais, en les rapetissant e1 en les réduisant, de mettre en saillie ce par quoi ils représent mit le gOÛl el les tendances de leur époque, ce par quoi ils tiennent de leur milieu Shakespeare efface Marlowe, mais Marlowe le fait comprendre.
l'ai- ce qui lui est <•( ,m m un avec Shakespeare, il souligne les traits (pie l'auteur (I7A/////.7 doil a son siècle el les i-o|e pou r a i nsi parler de ceux qu'il doit à son propre génie. Voulez-vous sermonner les fidèli dans la langue du xvu" siècle ' Ne lisez pas Bossue! : voua ne lui prendrez pas Bon style. Lise/ Bourdaloue : vous ne lui prendre/ point sa psychologie, voua lui prendrez sanB trop de
i n • .u - rappellerons que, dans l'article Leucippe, après avoir dil que les atomistes « n aval ni pa un. in-- de droil de Bupposer des atomes animés que d'en supposer d'incrééa el de leur donner la force motrice », Bayle ajoute : Je sais bien qu'en leur donnant la pensée, ils n'eussenl pas évité toutes les difflculU - : on eûl pa encore les accabler d'objections très insolubles Mais ce n'esl paa peu de chose que de paroi une partie des coup
PILLON i;i \ i I BIBLIOGR V I ■ 1 1 1 • • ' i
peine sa faç l'écrire. Il me semble «pic la question méritait un
peu plus que d'être posée < ur ou devine bien qu'ici, comme à peu près partout , il esl des distinctions nécessaires, des exceptions inévitables et donl le caractère exceptionnel doil être réduit . c'està-dire ramené bous !«• joug de la règle. Ici, telle est «lu n km n -^ notre opinion, - le problème des arts et des littératures de déca (Ici ni' se rencontrai I sur Je chemin de l'auteur. On y a touché plus d'une fois, mais d'une façon tout occasionnelle et comme entre parenthèses Pourquoi faut-il que M. Paul Gautier, au lieu de profiter <le la rencontre, Be -"il dépêché vers les lieux fréquenl depuis qu'il esl une esthétique*? Il y a retrouvé pas mal d'idé< rajeunir, mais qu'en rajeunissant il ne pouvait se flatter de rendre méconnaissables. On nous avait promis une étude sur le « Sens de l'Art ». <»n nous donne un précis d'esthétique fort agréable et finement sensé. C'est trop... à moins >\ :e ne -"il trop peu.
Nous ne pensons faire aucun tort à M. Paul Gautier en jugeant que l'une des parties les plus importantes dé son ouvrage est la Préface écrite par M. Emile Boutroux. C'est qu'aussi bien M Boutroux a dégagé les idées directrices laissées par l'auteur à l'étal de germe. J'en atteste ces lignes fécondes à l'adresse des esthètes et des amis de - l'art pour l'art . M. Boutroux leur fait la part belle, mais il condamne leur prétention à touf envahir. ■ La beauté régnant seule el illustrant le monde, c'est une transfiguration des choses, une vision mystique que dissipera le soleil de la vie réelle, mais don! le souvenir ne - effacera pas : les époques de décadence en faisant du beau leur idole, éveillent dans l'àme <|c^ puissances qui subsisteront, el qui, s'incarnanl un jour dans des génies plus largement et virilement humains, fixeront en des œuvres utiles, expressions el instruments de la vie réelle el populaire, ces flottantes nées de la libre fantai-
sie.
En d'autres termes, les artistes esthètes ne v vantque pour l'a ri B'imaginent ainsi atteindre plus sûrement au chef-d'œuvre. Ils l'atteignent, mais pour l<- dépasser, il- le rencontrent sur leur chemin pour le laisser presque aussitôt aller son chemin. Vussi ne font-ils des chefs-d'œuvre que dans la marge du vrai beau. Ils Boni parfaits dans le détail, et, dans l<- hors-d'œuvre <>u l'épisode, ils donnent l'illusion du génie. N'importe, eux .ms-i ont leur rôle et un rôle qui n'est pas médiocre, encore que ce soit pi ment celui donl ils n'ont point voulu ; ils préparent les grands chefs d'œuvre de l'avenir en assouplissant el en polissant la matière donl ces chefs d œuvre seront faits
ement d'un philosophe sur les époques «le décadence méritait d'èl re transcrit.
GAUTIER Paul). -- Le rire et la caricature. Préface par Sully Prudhomme [in-12, Hachette, 248, p. )
Je préfère infiniment cet ouvrage de M. Paul Gautier à son Sensde l'Art. Il écrit toujours un peu longuement. Peut-être fera-til bien de lutter contre ses propres tendances et de ne pas allonger en livre ce qui gagnerait à être condensé en article. Quand H saura se borner, il excellera dans les sujets où les qualités d'analyste et de psychologue ont plus de prix que les dons philosophiques proprement dits. M. Sully Prudhomme a résumé profondémenl le livre dans sa préface. Mais tout ce que condense .M. Sully Prudhomme est détaillé dans le livre cl fort utilement détaillé. M. Paul Gautier ne se contente pas de mais parler o caricature ». Il nous parle aussi < caricaturiste », en quoi il a joliment raison. Car il n'est jamais mieux a son affaire que dans les moments où il fait poser un modèle. Sur Daumier, sur Gavarni, sur Forain, sur Steinlen, il a i\^> jugements décisifs, si mm définitifs. Il sait distinguer entre le rieur et celui qui fait rire. Le dessinateur de charges dont les dessins attirent la foule et la met lent en gaieté n'est pas nécessairement dune gaieté quotidienne. H peut détester ses semblables. Il peut les aimer profondément et
les plaindre. Tout cela sans doute avait été dil des auteur- de
satires. Il restait à le dire des dessinateurs de caricatures.., à le dire el a le justifier. Et c'est pourquoi le livre de II. Paul Gautier était un livre à faire.
Je ne sais si je me trompe, mais il m'a paru que M. Paul Gautier avait pensé dans la direction de M. Bergson. Je ne dis point cela pour diminuer le mérite de l'auteur, mais pour le situer parmi les esthéticiens du temps présent. \ en juger par 3es deux premiers livres, on lui prédirait, croyons-nous, sans trop de chances d'erreur, une carrière d'autant plus brillante qu'il appliquerai! son talent à la critique des œuvres de l'art, plutôt qu'à l'examen des vastes problèmes. Ceux qui réussissent le mieux è ne point s \ perdre, repassent ordinairement par où chacun a passé sans assez prendre garde aux grandes lacune-- <|u il reste a remplir. M Paul Gautier parait avoir le sentiment de lacunes, < c'est pourquoi nous lui donnerions volontiers le conseil, non pas de bornerses ambitions, mais d'en limiter I objet.
GUYOl Mi m Les réminiscences de Philon le Juif chez Plotin
m 9 . I Alcm ; 92 p.
L'objet de cette étude est «le préciser la nature de l'influence exercée par Philon le Juif sur Plotin. L'auteur s'est assuré, — et
l'Il.l ON RI S I I BIBLIOCRAPIUO) I .1
c'esl ce qui r.ui I intérêt dp ^"u travail, que cette influent été directe Plotin, dit-il, .1 lu Philon, non Bculemenl chei Numénius, mais chez Philon lui même, et, - il ne le cite pas expn sèment, certains pas* le l'un Boni desi émin\ - de I autre
p 1 Ces réminiscence ni établies par le rapprochemcnl
des textes qui présentent des ressemblances de pensée et de lan- • • i|nt" la spéculation antérieure ou postérieure à Philon ne suffit pas .1 expliquer. Elles 9e rapportent à la doctrine '!«• I infinité divine, â celle des puissances intermédiaires et à celle '!<•
I extase ^1 Guyol n tre que Plotin .1 trouvé ces doctrines 1 hez
Philon et qu'il les a adoptées en les modifiant et en les développanl Nous signalerons, comme méritant une attention particulière, les pages 22 31, consacrées à la notion de l'infinité divine <-iir/. Philon et chez Plotin <>ii y voit que la personnalité vigoureuse <ln Jahvé biblique I emporte dans le souvenir de Philon sur la notion •!<■ I infinité et rej sse celle-ci . tandis que, pour Plotin, 1 autrement conséquent avec lui-même, Il n n'est rien qu'infini p 24 » ; que, par sa c :eption de la matière, Philon s'arrête .ni dualisme ■. tandis < | u«> Plotin 0 tend véritablement au monisme |» 26 . ce qui, selon M. Guyot, marque et rend I sensible le progrès accompli du premier au second p 25 ».
Ainsi Plotin avait compris la nécessité logique de choisir entre l'infinité «•! la personnalité divine et pour maintenir, pour affirmer absolument el sans contradiction la première, il ôtail la conscience ;i -"ii Premier Principe. Nous voyons, nous aussi, que l'option s'impose, et, ne pouvant appeler p le dévelop
ment donné par Plotin à la doctrine de Philon, n- "•- sacrifions sans peine l'inintelligible infinité de l'Un à la personnalité du Jahvé biblique
Gl V01 Henri). L'infinité divine depuis Philon le Juil jusqu'à
Plotin m n I \ m : \n 260 p .
Cil nii\i.i. 1 1 1 1 » • • — • - d'une Introduction el de trois parties.
Dans I Introduction, l'auteur expose I histoire de I infinité divine dans la philosophie grecqu il Philon le Juif. Cette histoire
• •^i pari n deux périodes : l'une de l'haïes .1 D où
I esprit grec hésite entre I infinité ■■! la détermination du Principe premier: l'autre de Plotin jusqu'aux Stoïciens où le Prin< premier est considéré comme déterminé.
La première partie, cons < Philon le Juif, est dh
trois chapitres, qui nous paraissent fort inL Is : I.
en soi dans /-; tradition j\ Philon /<■ Juif; II. Les j
interne dans /</ tradition j P le Jmf ; III /.
dans la ha Philon le Juif.
l'année PHILOSOPHIQUE. I90C
Dans là seconde partie, M. Guyot fait connaître en trois chapitres Jcs doctrines des néopythagoriciens sur L'infinité divine. Il étudie ces doctrines : d'abord, chez les néopythagoriciens en général [ch. i) ; puis chez Plutarque (ch. n); enfin chez Numénius rh. m .
La troisième partie a pour objel l'étude de la notion de l'infinité divine chez Plotin. Elle comprend quatre chapitres : I. LTnfiniensoi; Il el III. L'expansion de l'infini (l'Intelligence, l'Ame, le monde sensible) : IV. L'Infini par concentration ou <
La conclusion de l'ouvrage nous semble curieuse el suggestive; elle mérite d'arrêter l'attention du lecteur, en raison des conséquences que l'on en peu! tirera l'appui des thèses métaphysiques el morales de l'idéalism< néo-criticiste, tel que nous l'entendons. Nous en citerons une partie :
" L'esprit grec étail trop positif pour qu'un Grec pût consentir à prendre l'Infinité pour le comble de La Perfection. Peut-être .inssi le terrain physique sur lequel Thaïes avail placé la spéculation empècha-t-il celle-ci de prendre de I > i « • il une idée sulfis;uiiineni haute. Philon au contraire tenail de sa race nue croyance en Dieu la plus fiévreuse <pii eùl jamais été el une imagination plus vive que claire. Un Dieu parfait, indéterminé, el l'un parce que l'autre, n'avail que pour satisfaire cette croyance el cette imagination. Plotin, espril tourmenté, lecteur de Philon el de l'exégète Numénius, dialecticien bien plus audacieux que Platon, fil le reste. Le Dieu sans qualités du Juif alexandrin devint un Dieu infini. Cependant le Dieu de Philon es! Jahvé en même temps que sans qualités. Plutarque réintroduil dans la théologie le déterminisme grec. <'.e déterminisme teinte quelquefois encore II n el le Bien chez Plotin. Surtoul Dieu demeure pour tous le Parfail — Le mélange a subsisté, si Dieu esl devenu presque uniquement infini chez Plotin et, après lui, chez un Pseudo-Denys, un Bruno, un Maimonide el un Spinoza, >;iinl Augustin, saint Thomas d'Aquin, Bossuet, Vfalebranche, Kant, nous-mêmes, enfin ne le concevons guère autrement que Philon. Dieu, pour ceux-là comme pour nous, demeure quelque chose de plus ou moins inconnaissable, el quelque chose aussi de parfail ou même de plus ■ ni m iin semblable à l'homme. La dogmatique chrétienne en effel a marqué irrésistiblement la pensée moderne. Or, c'est Philon bien plus que Plotin qui alimenta cette dogmatique. - Pourtant un p.is nouveau semble fail depuis Comte ou, si l'on veut, depuis Descartes el Kant La Science, d un côté, a commencé d'appliquer
.1 la nature raie la méthode qui lui ;i permis d'agir sur la
nature physique, et tout permet d'espérer Le succès final. D'autre part, un Monde mouvant comme le fleuve du vieil Heraclite se révèle depuis un Biècle .< notre espril stupéfait. Le jour donc où la Morale sera devenue une Physique des mœurs ; le jour surtout
l'il.i ON. — Iti.v i B BIBLIOGRAPIIIQI i
où le fleuve de la vie aura charrie jusqu'à notre rive, -il ne l'a déjà fail en quelque autre endroit, « 1 « - -^ (ormes d'esprit au supérieures •> notre propre mentalité que celle-ci l'emporte sur l.i mentalité <!<■ l'escargot, que nous restera l-il à pr< sur
h m î Que restera-t-il de ce que is <'n aurons prof( n ' Dieu
alors sera vraiment l'Infini, non plus m remenl le Parfait,
car l'identificati les deux n a été < ] u< • le détour le pin- subtil el
comme désespéré du dogmatisme, - mais Perfection ou Imperf
lion radicale selon le -'-ni une ni qui le < • vra p 251 el suiv,
• qui \)<>m^ parall important dans c< tte conclusi I ce <|n il
en faut, selon nous, retenir, ce n esl pas la foi naïve d< M Guyol ;, 1,1 Science avec S majuscule . à la Science qui doil remplacer la Morale par la Physique des moeurs el au Mouvemenl de la vie qui doil produire dans le monde des formes d espril prodigieuse menl supérieures à notre mentalité; c'esl l'opposition qu'elle constate, dans l'histoire de la phih sophie gr< cque, entre les deux concepts d'infini el de parfait appliqués à Di< u . c'esl la né qu'elle fail comprendre de dissocier ces deux concepts, donl le mélange, conservé par la tradition, a subsisté jusqu'ici; c'esl le rapport qu'elle conduit en fin de compte à établir entre !«• concept d'infini et l'athéisme, entre le théisme el le concept de parfait.
HUFFDING ll\r.\ Histoire de la philosophie moderne, trad .
par /'. ': . t • ■ 1 1 « « * second (in-8°, Bibliothèque il<- philosophie
contemporaine, F. Ucan : 620 p
Nous avons parlé du premier volume de cel important ouvi dans I '" de 1905, p. 288. Le 9econd volume i
divisé en cinq livres VI, VII, VIII, IX X tt suite aux cinq
premiers livres que renferme le tome premier.
Le livre VI esl la philosophie allemande des lum
el .i Lessing. Le livre \ll fail connaître la philosophie de Kanl théorie de la connaissance, éthique, philosophie <l<- la religion, idées spéculatives ■> base esthétique <-l biologique II se termine par deux chapitres, l'un sur les advei de la philosophie i
tique Hamann, Herder, Jacobi), l'autre sur I oppement
de la philosophie cril que lleinhold, Maimon, Schilli
Le livre VIII, qui a pour titn I lu romantisi
prend quai re secl ions : \ l i intisme
thé (I ichte, Schellin n . n ier
mâcher) B. /. •■ philosophi ,/<• la Schopenhaui r) ; C. I la phil
i i -. Herbert, Beneke ; D /'
n| rauss . I eui : bach).
Le livre l\ renferme trois sections \ La ,
pendant la première moitié du siècle (Cabanis, Destutt de Tracy, Biran, ampère, Cousin, Saint>Simon) et Auguste Comte\ B. La philosophie en Angleterre avant 4840 [Bentham, James Mill, Coleridge ; Carlyle, Hamilton) et John Stuart Mill; C. La philosophie évolulionniste Charles Darwin, Herbert Spencer).
Le livre \ et dernier a pour objet le mouvement philosophique en Allemagne de 1850 à 1880 (Roberl Mayer, Moleschott, Karl Vogt, Louis Buchner, Czolbe, Haeckel, Lotze, Fechner, Hartmann, Lange, Duhring .
On peut juger, par cette lal>le des matières, du grand intérêt que présentent les cinq livres dont se compose ce second volume. Nous tenons à appeler particulièrement l'attention du lecteur sur les dernières pages du livre X, où esl expo»''!' la doctrine philosophique de Duhring Cette doctrine, qui est. croyons-nous, peu connue en France, car aucun des ouvrages de Duhring n'a encore été traduit dans notre langue, — s'accorde complètement, sur un point fondamental, la loidu nombre, avec le néo-criticisme. « Pour Dûbring, dit M. Boffding, chaque chose réellement donnée chaque résultat de fait est limité et présente un certain nombre de parties dans l'espace et dans le temps. L'infini el l'illimité ne signifient que la possibilité de continuer, possibilité qui n'est pas toujours réellement justifiée. Et là où la continuation se produit réellement, elle s'accomplit par la juxtaposition successive d-'éléments part iculiers déterminés...
«... En astronomie, les grandeurs données déterminées sont en opposition avec la possibilité illimitée de création <\<-± mathématiques pures. En chimie, les chiffres atomiques sont des exemples de la loi du nombre déterminé. Mais tous les nombres et toutes les grandeurs données sont finis : il y a un nombre déter miné de corps célestes dan- l'espace, un certain nombre d'atomes dans la matière; à chaque instant, un nombre absolument déterminé de parties du temps esl écoulé; la terre a tourné un certain nombre de fois autour «lu soleil : la succession causale des phénomènes se compose d'un nombre fini de termes (p. 580 .
M. Hôffding aurait pu faire remarquer, en passant, • il y avait là un rapprochement naturel, que cette loidu nombre esl le principe auquel Renouvier, dans son Premier Essai de Critique
générale, publié en 1854, a demandé la solution des antin :S
kanl iennes el la réforme >\u cril icisme.
I VNSS1 NS La Philosophie et lApologctique de Pascal
. 12, I". Alcan : ki-393 p
i eci n'est pas un livre, dit M Janssens, mais une série de mémoires Bur Pascal Avani P î, p. \ . Il ajoute qu'entre c< -
PILLON — 1:1 \ i i: BIBLIOGRAPHIQI I
idées il > a un 1 i • • 1 1 organique el qu'il faul les lire dans l'ordre où elles ont été placées. Voici cet ordre: La méth /' al en phy-
sique; l.' problème »/" /»/'/" I / \
logie {Problème de Thomnu i le part \ Solution
,iu problèmi : /.</ philosophie de Pascal; La démonstration apologétique de Pascal et hi théologie janséniste ', L'utilisation delà méthi apologétique de Pascal.
De ces études, celles qui nous paraissenl offrir le plus d'inléi -■Mit celle où l'auteur montre dans la philosophie de Pascal une doctrine des antinomies, où il en explique les origines ••! en apprécie les caractères el les principes généraux p >i : et
«elle .m il indique comment il convient d'adapter aux exis de notre temps l'apologétique de Pascal p. 33
M Janssens s'applique à déterminer avec précision ce qui caractérise la philosophie de Pascal :
1 esl dit-il, le dualisme des deux infinis de grandeur el de petitesse, '!'•- premiers principes <•! de leurs corollaires lointains, de l'espril <!<• géomél rie et de l'esprit de finess* I vérité se définit : le |>"inl de conciliation de deux erreurs extrêmes el la délimita
tion de deux juge nts absolus; la vertu : l'intermédiaire entre
deux vi'-'-- contraires. Nous sommes divisés par l'opposition de notre tendance au vrai, au bien, à la justice sociale, au bonheur rt de notre impuissance à atteindre ces objets vers lesquels va notre élan. La considération <l<' la grandeur de notre nature ou de >;i bassesse nous précipite dans l'orgueil ou dans le désespoir, fait naître les sectes philosophiques, opposées en couples irrécon ciliables p l i9
M. Janssens tienl que ces antinomi< - sont bien réelles que Pas< <l les a tn>|> accentuées |>. 270 . Kl il critique définitions pascaliennes du vrai el «lu bien, en faisan) remarquer qu'elles n'expriment pas l'élément foncier el constitutif de I un el de l'autre :
s il esl réel que la vérité se trouve dans le tempérament de deux absolus contraires, est-ce à dire que c'en est la fondamt ut-ii*
i ne proposition est-elle vraie p |u'elle unil dans une
Bynthcse supérieure les deux contraires, trop absolus, entre l< quels «-II'' prend pi Oui, mais telle n'est pas la première
question que l'espril se pose relativement à l< i formelle
l,i vérité. On peut -<• demander encore : pourquoi donc la liation, dans un jugement particulier, des deux doctrines op
s, esl elle \i réj se que I 'on obtient à cette nouv<
question esl la suivante : cette conciliation i est conforme à laréalitè Sur imp l'intelligence i
n. 'ni représente fidèlement ce qui est, il i -i bien là, en dernière analyse, c< que le mot recouvn
o Cette pensée, commune à Aristote et Pascal, est juste: la ii ae se trouve pas dans les extrêmes : in medio virtus. Est-ce à dire que c'en esl [a caractéristique fondamentale? Est-ce la la notion première el propre que nous nous formons de Pacte bon.' Non point. Contrairement à ce que Pascal affirme, nous avons une idée positive du bien : nous savons ce qu'il faut faire pour obéir à la loi morale, nous savons aussi quelles actions, sans revêtir un caractère nécessairement obligatoire, sont louables el bonnes p. 273 el suiv.
Celle critique esl juste, mais insuffisante et, selon nous, trop favorable aux antinomies pascaliennes. M. Janssens lui accorde unevaleur philosophique que l'on peu! el que l'un doil contester au nom <le la logique, de la psychologie el de la morale.
LACOMBE Paul . - La psychologie des individus et des sociétés chez Taine, historien des littératures [in-8°, Bibliothèque de philosophie contemporaine, F. Alcan; [1-342 p.).
L'objet de ce! ouvrage esl de soumettre a un examen critique les vues de laine sur la philosophie de l'histoire littéraire. Par le-- thèses qui y son! combattues el par celles qui y sont développées, il l'ail suite a ceux (pie l'auteur a publiés antérieurement sous ces litre- : hr l'histoire considérée comme ' 14 el Intro-
duction à l histoire littéraire 1898 ' Il comprend dix chapitres, tous intéressant - el suggesl ifs.
Les six premier- contiennent la critique des théories bien connues concernant la race, le milieu el le moment, une critique qui paraîtra, croyons-nous, solide el décish e à tous ceux qui les liront. laine avait appliqué ces théories générales a l'histoire de la littérature anglaise, qui lui avait paru les confirmer. M. I'. Lacombe montre 1res bien qu'elles onl été construites par l'imagination el n ont pas île \ aleur scient ifique.
Dans le chapitre vu, il reconnaît que laine .. a assez bien marqui parfois l'effet sollicitant du milieu a l'égard de l'individu mai- d lin reproche, avec raison, de n'avoir pas indique avec pré cision la réaction de l'individu sur le milieu, de n'avoir pas vu cette chose si importante, l'individu cause et point «le dépari des d ions littéraires p. I 78) ».
Dans le- chapitres vm, i\ et \, il expose ses idée- personnel!) a notre aens for! judicieuses, sur le- causes et principe- explicatifs réels «L - phénomènes littéraires. La méthode qu'il préconise
i Nous avons parli mier de ces ouvrages dans l'Année philoso'
phique de 1894 (p î'i nd dans l'Année philosophique de I
Ni.i.'iV - - i;i.\ i i: BIBLIOGRAPHIE
nous semble fondée sur une ti icte analyse psychologique.
Voici le jugement qu'il porte, en conclusion, 3ur l'aine h i des littératures, el auquel nous sous Quanl .1 la méthode de l i qu'il a
allég onl <'ii contestation. Les parties <i<- son œuvr i
il ;i prétendu expliquer les phénomènes liii<
duques au jugement de beaucoup d esprits philosophiqi - Dans
les parties, au contraire, où il s'esl borné à exprimer l'impression
personnelle subjective <|n il avail reç les œuvres littéraii
Bon ascendant persiste, raine continue à communiqué liin ) admirations; il entraine, il maîtrise souvenl s<
teurs. Il apparaît là un historien des plus éloquents qu'on ail vus, mais, destinée singulière pour un homme «pii s'esl tant efforcé vers l'histoire-science, il n'est plus, .1 le prendre ainsi, que le plus grand des critiques impressionnistes p. 3 8
LANSON G —Voltaire in-12, Collection des grands écrivains français, Hachette : 223 p .
J'ai tâché dans ce petit ouvrage de parler de Voltaire exactement, historiquement, sans apothéose el sans caricature, sans regarder les préoccupations ni l'actualité contemporain rapportant toujours I idée ou l'expression de Voltaire aux chos
<lr SOn l«'iii|i-.
1 ces termes que M. G. Lanson présente ^>!i livre public. Il en a le droit, car on ne saurait, croj - . parler
des actes el des œuvres de Voltaire avec plus d'intellq . de
eonscience el d'impartialité.
L( volume comprend onze chapitres qui sont tous, de la preniit 1 la dernière page, d un -1 grand intérêt qu'on ne l<-
ferme |>.i- avant d'en avoir achevé la lecture : 1 / \ e ; 11. Vo lia \ l
\ ; vu. 1 D I
vin. L'art de 1 l ci
Ferney ; x, J I
t la moi t ; xi. L'infl I
Parmi ces chapil ux que noua rement
goûtés el que no der aux lecte
pil re m, mu \| 1 les art icl< al i-'l- de l 1 m
que Voltaire appliquait .1 la métaphysique ; le cl trouve une appréciation aussi juste que spirituelle \ ol taire entendait par le 1 le chapil re vi, q
naître les travaux historiques de Yoltain
Pou» \
2ii8
qui constituent ce qu'on peut appeler sa philosophie de l'histoire : Le chapitre xi sur l'influence que Voltaire a exercée en France et dans les autres pays de l'Europe, au xvm" et au xixe siècles.
Nous citerons le passage suivant sur ['affaiblissement de l'influence voltairienne en France à partir de 1850 :
« Par la Révolution, Voltaire avait perdu la noblesse. La loi Falloux, la peur du socialisme, en ramenanl la bourgeoisie à la religion, lui oient au xiv siècle les lecteurs qui le sentaient le mieux, et pour qui il était exactement l'ait. Plus l'anticléricalisme descend de la bourgeoisie dans le peuple, moins il devienl capable de s'alimenter dans Voltaire et de s'armer de l'esprit voltairien : il lui faut une nourriture moins fine et des armes plus brutales. « Mémo dans la classe lettrée que l'Église n'a pas reprise, Voltaire a perdu du terrain. La riche et forte litttérature du \iv siècle nous a donné des besoins de goùl et un idéal d'art que Voltaire ne satisfail plus; son influence sur nos esprits a diminué de toutes les prises qu'ont le romantisme, le Parnasse, le symbolisme, et les écrivains d'aujourd'hui. .Mais surtout un homme ins t in i t de nos jours et qui sait les conditions «le la recherche de la vérité, ne se muni) plus de connaissances chez Voltaire, outre les inadvertances el leserreurs matérielles auxquelles nos méthodes exigeantes ne pardonnent plus, le progrès «les sciences philosophiques el historiques, celui de la psychologie et de l'exégèse religieuse en particulier, ont fail apparaître des aspects des questions que Voltaire n'a pas soupçonnés. Si Renan, qui le remplaçait, le déclassai! déjà, à pins forte raison ne pouvons-nous plus considérer comme il le faisait le phénomène de la croyance et l'histoire des religions, el non- ne pouvons plus en parler comme il faisait. Ainsi, toul en nous rendant compte que nous continuons Voltaire, que nous faisons en noire temps ce qu'il a fait danslesien, non- ne voyons plus dans toute sa polémique
antichrétie s, arguments el forme, qu'un musée historique. Gela
pouvait servir a c battre l'Eglise en 1770 : cela n'a plus guère
d'usage en 1906
I. Eglise, d'ailleurs, n'es! plus ce qu'elle était alors, s rga-
nisation a changé. Ses positions ne sont plus les mêmes ; elle a, dans une certaine mesure, renouvelé son apologétique, abandonné certaines thèses, réformé son érudition. Même contre les théologiens conservateurs, ceux qui, par exemple, défendent encore l'authenticité du Pentateuque, il faut autre chose .pie la polémique voltairienne p. 2tti el suiv.
Nous terminerons cel article par une brève remarque En lisant les chapitres m. v, vi, on se rend compte «pie le /...,/ sens de Voltaire elaii, en métaphysique, en philosophie morale et sociale, en philosophie de l'histoire politique et religieuse, aussi étroil el .m — i superficiel que -"i, hn„ goût eu littérature «•! en poésie. C est
PILL0N. — Kl. VI i: BIBLIOGRAPRIl
pourquoi l'influence «!<• ce bon sens, comme celle « l « - ce bon goût, sur les Français instruits devait ^'affaiblir de plus en |>lii>: <-i il n'y a v raimenl pas lieu de le regretter.
MII.IIU I» G.). -Etudes sur la pensée scientifique chez les Grecs et chez les modernes m 12, Société Française d'imprimerii de librairie : 273 p .
1 volume ;i pour introduction un travail ('■«•rit pour le < onj de Genève sur 1/ nce Les études qui y on! été réunies,
el '|ui avaient été antérieurement publiées en diverses revi sont au nombre de neuf: i. La comme
œuvre personnelle du génie grec : n. Platon :le géomètre et le métaphyii : m. Aristote el 1rs mathématiques; iv. Le h h : Aristot
1 urnot; \ La raison ch I not;\i. Les préoccupations scientiflqi s Kant; vil. La connaissance mathématique et l'idéalisme trans-
lental chez Kant; vm. \uguste Comte et le prog xi. S
D is la première étude, l'auteur montre comment les Grecs ont fondé la géométrie spéculative en dégageant des données de la perception des concepts, des idées claires et précises, ■• des notions faites pour l'intelligence et la raison p 61 . el en appliquant à ces notions leur méthode démonstrative de logiciens et de raisonneurs à outrance. I onde étude esl consai r< •• à
Platon, au rapport de 9a philosophie el d< lométrie >■{ ,i l'in-
fluence de l'une el de l'aul re.
D ts la troisième, M Milhaud examine et critique les conceptions et les raisonnements mathématiques d'Aristote, notamment ceux qui se rapportent .i l'infini de quantité. Dans la quatrième, il compare la théorie aristotélicienne du hasard à celle de irnot, ce qui le conduit à rapprocher la philosophie <l<- Cournol de celle d'Aristote. Dans la cinquième il fait connaître le rôle que Cournol attribuait à la raison de juger des idées par le retentissement fécond qu'elle en reçoit dans son amour de l'ordre el de la coordination parfaite p i " ■
I s travaux scientifiques de Kant, notamment / sont l'objet « J « - la sixième étude. La septième a pour objet d'expliquer comm -ut l'idée que Kant - le de la science mathématique l'a conduit à l'esthétique transcendentale el â la distinction de-- trois espèces de jug< ment. La huitième appelle l'attention sur « la tendance particulière de la philosophie scientifique il \ ('.«unir ,i enserrer constamment dans des limites assez étroites le domaine de la connaissance future p. 221 . <■! montre l'origine de cette tendance dans la fonction que le philosophi i la science de fonder, par les méthodes où elle parvenue el par
vérités qu'elle énonce, <• un pouvoir spirituel, qui réalise l'ordre intellectuel el l'unité morale (p. 230
Dans la neuvième et dernière, M. Milhaud discute el réfute l'opinion de ceux qui soutiennent que la science grecque n'a pu développer, ■■ condamnée d'avance par les tendances de la pensée grecque »,el que le moyen âge aserviâ corriger l'espril dans le sens favorable à l'édification <!<• la science moderne (p. 236 . Il s'élève, ;i ce sujet, avec une grande force, —en quoi nous remarquons avec plaisir que sa philosophie de l'histoire s'accorde avec relie du néo-criticisme, —contre l'idée < d'un perfectionnement continu el régulièremenl prog ssif . contre la notion « cTune sorte «le marche fatale, de détermination passive vers un mieux toujours plus accentué1 ». <• .Nous pensons, avec Renouvier, dit-il, que l'abandon de soi-même, l'abaissement du caractère, l'indifférence a l'é^ai-d des superstitions et de tout ce qui risque de dégrader notre aine, auraient vite fait de changer le sens du progrès, et qu'en ions cas pour le passé rien n'assure que milles circonstances dépendant de la volonté humaine n'auraient pu assurer autrement une marche infiniment plus rapide vers l'étal actuel de la société p. 272). »
PIAT (Clodius). - Platon in-8 .
Collection des Grands Philosophes, F. Alcan, 382 p.).
Cet <>u\ rage, <>u M. C. Piat a exposé la philosophie de Platon, en mettant à profil les publications historiques, doctrinales el philologiques dont Platon a été l'objet depuis quelques années, se compose de huil chapitres : \. Les Dialogues; II. La méthode; III Les id IV. La nature; V. Dieu; VI. L'âme humaine; VII. Le bien moral; VIII. La cité.
Le chapitre qui nous paraît offrir le plus d'intérêt est celui où l'auteur fait connaître el s'applique à justifier ses vues sur la manière dont Platon a conçu les idées, les rapports qu'elles ont entre elle-, leni' rapport avec la pensée et leur rapport avec la nature Lesconclu de ce chapitre sur la théorie platonicienne
de- idées -"ni résumées dans les ternies suivant
p* 11 y à des idées, c'est -à-dire des réalités universelles, immuables el parfai
Les id< i ûe sonl pas séparées les unes des autres ; elle
l Ci Lie id ■ du prog es Linu pi a re dominai) les doctrines historiques d'esuril panthéiste qui étaient .i la i le au On nous
permettra d er que nous l'avons combattue dans l'Année philosophique de 1867 \ •■■ n l'étude qui a pour titre : Les doclr
historiques au ■ ntié </« A/A
PILLON — i:i\ i i BIM IOGRAPHIQI B
mëlangenl el vont, comme par dej dentifier dans I
d'être : elles aboutissent i l'unité.
I Les idées ne sonl »n plus ■- de la |>«-: Dès le
i • de leur apparition, l'âme, considi i elle-même, noua
donnée comme étant de leur famille; el cette croyance se maintien! jusqu'au I i avec des variantes qui viennenl de la diver-
des points «!«• Vue, maia qui n'en détruisent pas l'identité.
Platon a fait place croissante aux considérations psycholo
ques.à mesure qu il s'est avancé en âge; il n'ajamaia donné le pas à la pensée sur lea idées. D après lui, i es deux choses onl toujours procédé l'une el l autre el au même titre d'un principe supérieur qui esl le bien, el tiré de là toute leur réalité; ce sonl comme deux courants qui sortent de la même source. Par Buite, l'esprit possède les idées <-i lea découvre; il ne les fail paa Le conceptualisme «1rs dernières années «le Platon esl le roman «lu Platonisme.
, Par contre, les idées sont séparées des cho isibles, soit
mse de leur unité, soil à cause le leur fixité, soit ;i cause de leur absolue perfection . Il n'existe pas moins une certaine
participation de l;i nature aux idées ; el cette participai :on-
i ce que les intelligibles contiennent à la fois le modèle, la cause finale el la première cause efficiente «lu monde visible.
Lea id il subsistantes; car chacune d'elles esl une
détermination essentielle de l'être, un aspecl particulier de l'être, ou, -i l'on veut, l'être encore inadéquatemenl aperçu.
6 Platon, vers la fin de sa vie, a «lit des qu'elles étaient
des nombres; mais ces nombresn'onl jamais étédea abstr mathématiques; ils onl toujours enveloppé un élémenl <|u.ilitatif ; c'est de l'être éternellement arithmélisé i> 116
Telles -..ut, sur la question capitale des idées platonicien les propositions qui, aux yeux «le M l . Piat, sont établies . l'étude des textes Quelques unes de ces propositions ne sonl p.i>. il non- semble, éno n tenue- suffisamment clairs. si l "ii ne
peul pas admettre, <• >. le reconnaît notre auteur, que Platon
ail - onvertirses esseï -impie- modes de la pen
divine p II îuffit-il pour exclure cetb ersion de dire que
l'esprit possède lea idées, mais ne les fail paa p 1 1 : • ' Philon, lea néo-platoniciens el lea Pèresde I I auxqu< Isest dû cechan*
gemenl dea idées-substances en notions divines, auraient ti bien pu tenir le même 1 : Dieu ne fail pas les idées, m
lea possède éternellement en lui-même Nous ajouterona
pour ne laisser aucu tquivoque sur la naturedes idées p
ciennes, M. Pial aurai! dû faire remarquer le lien logique qui existe, dans la philosophie de Platon, entre les th« de la réminiscence el de la préexistence. Il nous p irait enfin que le rôle de première i ause efficiente >, que le platonisme, selon
lui. attribuerait aux idées, et qui, d'après la critique d'Aristote, est inconciliable ;ivec leur nature, avait grand besoin d'être éclairai et appelait un examen sérieux.
RENAN (Esnest). — Cahiers de jeunesse, 1845-1846 (in-8°, Galmann Lévy; 42* p.).
Ces Cahiers sont le premier ouvrage sorti de la plume de Renan; ils précèdent dedeuxans à peu près VAvenirdela Science Ils cons- I i t uent un véritable journal où Renan, alors âgé de vingt-trois ans, écrivait en toute liberté et sincérité se- pensées sur les divers sujets qui arrêtaient son attention.
En lisant, dans ces Cahiers, ce quise rapporte aux questions philosophiques, nous remarquons que Renan était, ;i cette époque, singulièrement préoccupé de l'idée de .substance. Nous citerons quelques passages qui peuvent, croyons-nous, intéresser les lecteurs :
«Je suppose un corps; est-ce une substance 1 Non, car je le conçois cou pé en deux: cela ferait doue deux substances au lieu d'une, ce qui est absurde. Je prends l'atome physique supposé étendu: est-ce une substance ? Non, cdr Dieu pourrait le couperea deux de la même manière, par un miracle philosophique. — Donc rien de ce qui est étendu et partant divisible n'es! une substance; -ans doute un doit dire : Il y a là-dessous de la substance. Mais ce n'est pas une substance individuelle. Donc, toute substance individuelle est simple. Donc, si l'on veut conserver dans la matière différentes substances individuelles distinctes, il faut eu venir a des éléments simples et réellement existants. Seulement, je prétends qu'on ne les trouvera qu'au bout de la division a l'infini (élément infinitésimal . car au bout d'un nombre Qni de divisions on n'arrivera jamais a zéro... Ce seraient doue ces élément- infinitésimaux, qui sont zéro par rapport a nous, mais non m soi, que je ferai les substances des corps... l'ourlant tout cela
s'explique mieux par l'unité île la substance, au moins de la -ul>s-
tance matérielle, on y retombe, par ion- les côtés, «•! en vérité, je «roi- qu'il faut y venir, si Ion veut se former une idée mm eml radictoire de la substance |>. 26 . »
i ai trouvé qu'il n'\ a de substances m11'' '''- substances -
tendues; je viens de trouver qu'il n'y a de forces que les forces libres. Toutes lesautres sont des causes occasionnelles. L'homme
est u anse efficiente, une force réelle : mai- la force matérielle
n'est qu'un àpi »po« de quoi Dieu agit. Essayez de la concevoir autrement, vous serez forcé de In concevoir libre appliquez cela au système dynamique Bur la constitution «le- corps. Il faut alors opter, en eo système, i ntre ces deux partis, ou faire les centres
PILLON. m .vi l. BIBLI06RAPHIQI B
dynamiques des ètre9 libres : c'est alors la pure monadologie de Leibniz; ou les faire pures eau ionnelles, à prop
[uelies, autour desquelles la force de la nature (l'efficient <l«^ lois, Dieu attire : alors il n'es! |>as nécessaire <l<- faire de • centres des substances . il suffil d'en faire des points mathématiques, des positions dans I espace, autour desquelles s'exerce [la force de la nature. Le corps n'est alors qu'un pur phénomène, el il n'y a réellemenl nulle substance matérielle, ce qui bouleversée! mène au scepticisme. Donc, la monadologie n'es! passi absurde. 0 Dieu ! quand pourrai-je éclaircir mes vues Burtoul cela .' Là esl la clef du monde Les mots substance el force p 71 .
Il n'y a pas de milieu : ou faites l'atomi nnelle,el
alors il n'y a plus de substance matérielle : ou faites-le cause efficiente» et alors c'esl la pure monade de Leibniz. Or, la première hypol hèse me semble inadmisible...
En somme, je trouve le système de Leibniz plus probable; il tant faire \ \\ re el agir l'atome II y a des perceptions el des volitions obscures ettoutes spontanées, comme l'embryon dans le sein de sa mère Cela change toutes les idées que je me m'étais faites sur la forcée! la cause dans le monde physique. J'imaginais toul lephysique cause occasionnelle, el la cause (extra-naturelle en dehors .. Maintenant je vois la force, la cause dans toul atome ( p. 7 '■ el "i i
« Exemple de la cire de Descartes pour faire comprendre la permanence de la substance sous le llux <!«• la qualité. Mais en vérité, en «miI.mhI.iiiI la substance comme Des - pourquoi
dire que la cire fondi si la même substance que la cire solide J
Je coupe une pierre en deux, cela fail deux substances pour lui, «-l ma cire fondue, si je la mettais en deux vases, cela ferai! deux substances. 0 inintelligibilité I s.- peut-il qu'un homme qui réfléchi! ne voie pas cela du premier coup p. 10"Î
Voici en somme comme je conçois le monde. Us milons la
substance universelle f iière ;i l'espace, supposons l'espace
découpé par de petites cloisons <|m > forment d'innombrables petits espaces cubiques remplis tous par cette substance, "<i Bi
ts voulez, assimilez la à la mer, el Bupposi ompartiments
pleins d'eau : alor9 il n'y aura qu'un espace el une mer, el pourtant il j aura des in livi tus, limitant une partie de la substance, la déterminant, et lui faisant dire: M I est l'idée de Spino .
la bouteille dans la hum- [p i »'.' .
Peu - .ut de la psychologie el du pauvre spiritualisme de
l'école de Cousin, l'esprit de Renan, au premier éveil de la réflexion philosophique, allait droit aux grandes questions; l'un voit quelles difficultés lui présentaient les idées de matière v\ de force, de cause el <!<■ substance. Il se tournait, pour <mi chercher la solution, -"il vers !<• monadisme infinitiste de Leib-
niz. soit, vers le panthéisme spihoziste. Nous regrettons de ne pouvoir indiquer ici, même brièvement, comment l'idéalisme néocriticiste les résoul clairement, à ootre sens; par la négation de l'infini, la subjectivité du continu el la réduction de l'idée de .substance à celle de conscience.
RIVA II) (Albert). - - Les notions d'essence et d'existence dans la philosophie de Spinoza (in-8°, Bibliothèque de philosophie con temporaine, F. Alcan; vin-216 p.).
L'objet de cette étude est de réunir les textes de Spinoza relatifs à la distinction de l'essence et de l'existence, et d'en fournir un commentaire explicatif. De l'examen de ces textes, l'auteur con eliii : que, par l'espèce de rapports qu'il établit entre l'essence el l'existence, Spinoza adopte une solution Intermédiaire entre un panthéisme radical et la réintégration dans sa philosophie du Dieu personne] de ses contemporains, chrétiens ou Juifs; qu'il évite ainsi, d'une part, de diviniser la nature, en développant jus qu'en ses conséquences dernières l'idée de cause immanente, et, d'autre part, de l'aire dépendre le monde des choses créées de la volonté divine : que cette solution intermédiaire maintient la distinction du nde idéal el du monde sensible, tout en cessant de
les opposer, <l une opposition irréductible.
Nous citerons un passage du dernier chapitre, où celle solution, qui - n'esl pas claire - M. Rivand le reconnaît, — nous semble résumée aussi bien qu'elle peul l'être :
« La distinction du monde idéal el du monde sensible esl maintenue. Car, en aucune chose sensible, l'existence, théoriquement, ue se confond avec l essence. Car chaque être possède, à côté de sou existence sensible, une existence éternelle. Elle n'esl pas absolue. Car le passage de l'essence â l'existence s'accomplit, non pas par un acte arbitraire de la volonté divine, mais par l'action inévitable des causes. Immédiate en Dieu, dans les attributs, dans les modes éternels, celle action s'exerce, pour les choses finies, par l'opératien de l'intellect infini en acte, grâce â la Pactes totius universi, grâce à l'idée de Dieu dans la pensée. L'existence d'un être dépend ainsi de son essence, el non de la volonté divine. Mais, par un artifice ingénieux, Spinoza transporte la réalité el la force <lr ['essence au système donl elle esl une pièce, au toul infini qui l'enveloppe el la déterminé, en sorte que la force qui maintien! chaque existence el chaque essence esl la force divine donl le sys truie toul entier esl l'expression immédiate. La distinction de I 'essence el de l'existence se ramène ainsi â la distinction des deux modes (le l'action divine. Cette action esl présente dans chaque essence directement. Elle esl présente en chaque exie-
PILLON. — itl\ UE BIBLIOGRAPHIQ1 i
leur.' changeante, par le système qui la détermine el la limite, i deux causalités, donl l'um tternelle tandis que l'autre
la dur.'.', restent distinctes, mais elles ~<»nt un
comme deux expressions d'une même vie el d'i même for
te action B'exerce par l'intermédiaire des modes éternels el infinis, el surtout, par l'intellect absolument infini, en ce <|ui touche les essences, par l'intellect infini en acte en ce qui touche les existences, '•! ces deux intellects sont ilrux formes «I un iui-'l-
lecl unique, mode éternel de la pens livine |». 19 I
- ne 9 mrions voir dans la doctrine spinoziste une solution que l'on puisse dire intermédiaire entre le panthéisme el le théisme
créati ste. D'après les rapports que cette doctrine établit entre
Les notions d'essence el d'existence, el précisément en raison de
ces rapports, aucun terme ne convient mieux | ' la caractériser,
aucun ne s'y applique plus exactement, <|iir relui de pant pris .m sens propre, nous allions dire religieux, et dans tout for<
RIVAUD (Ai un ■. - Le problème du devenir et la notion de la ma tière dans la philosophie grecque, depuis les origines jusqu à Théophraste in-8°, Collection historique d< ids philosophi