‹ L'Année philosophique (volume 3)Chapitre 11 sur 73 · Iiul. ar., 78:. I), I : T'.)8 a. i · texte numérisé non relu

Iiul. ar., 78:. I), I : T'.)8 a. i

2. In hoc Arislolelicu usu voce. ô-oxi^TOa;, Jroy.î'.fiivov, tria potissimum fjenera dislinqui possunl siqu'utein 'o ■j~oy.£'.;jLîv'iv vel est 'f, 'J^f, qi/,T delerminatur per formum vel 'f, o'j7'.ol, eut inhœrenl T.iOr,. T.»jjiji£f:iT,y.ÔTa. vel subjeclum lof/icum cui frihiiinihir prœdicula. En n'-alilti los d<'U\ dcriiirrcs ai'i'eptions se laissent aist-iiirnl raiiienor l'une à ^aul^^

que l'homme vienne s'y réaliser. Donner à la matière le nom de sujet, c'est donc seulement se placer au point de vue de la génération et quitter celui de l'être et de la logique K De la logique normale et scientifique, tout au moins. Car une logique inférieure, correspondant à nue connaissance inadéquate des choses, peut fort bien prendre la matière pour sujet. A défaut de la forme ignorée ou mal connue, on peut, en effet, énoncer la matière en marquant seulement par les expressions un, cpielque, certain, la place des déterminations et de la pensée claire absentes. Ainsi celui qui ignorerait la forme, c'est-à-dire la fin et l'usage d'une maison, la définirait : nn certain assemblage de pierres et de bois-.

Mais, cette première difficulté écartée, il s'en présente une autre, d'autant plus redoutable qu'elle peut, semble-t-il, nous opposer la conception de la science qui, héritée de Socrateet de Platon, parait être une des parties les plus profondes de l'aristotélisme. Si la réalité substantielle est toujours, d'après Aristote, le plus particulier, comment, a-t-on demandé, peut-il soutenir qu'il n'y a de science que du général ? Faudrait-il donc renoncer à croire que la science ait l'oj'^îa pour objet? Remarquons tout d'abonl que la formule : il n'y a de science que du général n'a pas pour Aristote, comme elle pouvait l'avoir aux yeux de Socrate, sinon de Platon, la valeur d'un principe. Le véritable objet de la science, d'après lui, c'est, non pas le général, mais le nécessaire, et s'il est, en même temps, général, c'est que la nécessité implique la généralité. L'universel, dans la science, n'a de valeur que parce qu'il sert à révéler un lieu nécessaire de causalité : -o y.yJiôlo'j -îaiov ô'-', ôT,Ao'. Tr,7 ixlxixv'^. Mais, dira-t-on, substituer la nécessité à la généralité dans la définition de la science, ce n'est point résoudre le problème. Il reparaîtra immédiatement sous cette

1. Part, an., U, I. 646 b, 1 : "w /pôvw ttoÔ-cOOV vf,v 'JXr,v àvayxalov îivat /.al xr,v vivjT'.v, tw Xôvfo ot '.'r^^t o'jTÎav xa'. 'r^v ïv.ii-ryj ixopor]-/. Al. Cf. Ind. ar.. 148 a. Si'.

2. Ce rôle du pronom indéfini a été nettement aperçu par Aristote au moins dans un cas : celui où ~J.^, ajouté au terme qui exprime le genre ou l'espèce, lient la place des déterminations qu'il serait nécessaire d'y adjoindre pour désigner l'individu : "zo z\ Trpoj/.îîaevov 7r»paaxaT'.xôv lix: T'^; "oj 'J7rox£'.[jLÉ.vo'j àioij.ÔTTjXo;, itaquidem ut vel significelur -.h xaO' sxajTOv vel eiooç Ti distille tum ab uni verso génère (Ind. ar., 763 a, o3).

3. An. post., I, 31, 88 a, 5. Le xaôôXo'j se fonde sur le xa6' ol'j-o [Ind. ar.. 336 b, 10) c'est-à-dire sur le nécessaire : Ta xaf)' aO-rà 'jrAoypT.x àva^xa^a toI; TrpâyiJiaj'.v (Ibid., 212 a, 16).

forme : la réalité, l'oO^îa la plus complète, est individuelle : or il n'y a pas science de l'individu.

. Pour aborder la question sous ce nouvel aspect, il faut se rappeler pourquoi il n'y a pas science de l'individu. Ce n'est pas parce qu'il est individuel ; c'est parce qu'il y a en lui de la contingence. S'il 'se trouvait des choses individuelles desquelles toute contingence fût exclue, elles seraient objets de science. En fait, il y en a : ce sont les astres ; de même aussi, l'oCKîîa suprême, quiest peut-être laseuleindividualiléabsolue, et en qui la contingence n'a aucune place. Mais il n'eu est pas de même pour les choses sensibles, pour celles du moins qui constituent le monde sublunaire. Ici, il n'y a pas de science de l'individu, parce que les caractères qui, dans l'individu sensible, viennent s'ajouter à la forme spécifique sont tous fortuits et accidentels ; en sorte que le dernier sujet qui puisse y être scientifiquement connu c'est l'espèce, dernière chose où la nécessité se manifeste. Il reste vrai qu'à mesure que la science devient plus générale et plus abstraite, elle a pour objet des substances de moins en moins substantielles, de plus en plus pauvres et qu'eu même temps, d'après Aristote, elle devient de plus eu plus exacte '. Mais cela tient, non plus aux choses en elles-mêmes, mais à notre façon de les connaître. Si, à mesure que son objet devient i)Ius simple et plus général, notre science devient plus exacle. il ne s'ensuit pas que cet objet gagne eu valeur ontologi(|uo. tout au contraire. Les mali)émali(|ues. par exem[)le, portent sur des réalités appauvries et partielles -. Seules l'astronomie ' et la théologie atteignent des choses à la fois individuelles et néces.saires.

Aristote, il est vrai, semble admettre l'iudividuation par la matière, ce qui ne serait guère compatible avec les idées que nous venons de lui attribuer. La matière serait ainsi une chose en soi, sorte de masse dont chaque substance particulière se découperait un morceau impénétrable aux autres, constituant ainsi son individualité. -Mais ce n'est là qu'une apparence. En dépit de tous les endroits où nous lisons que les choses sensibles particulières ont toutes de la matière *, il

1 . lad. (ir., 28 a, 18 ; Mêla., M, 3, 1078 a. It : "xx; 07tu or, av -zipl -potiaujv TÔ) AôyV "''•'''- â'î^Ào'jaxépiov zoao'jzi^ fxâX/ov ='/£•. -làxoipâ; (t, i-'.-jzr'i^n]).

2. rîo: xà it àoa'.piar£io; {Ind. av., 441 a. 49). La politique i|UJ est la moins cvarlr des sciences, est, on niènio teiiips, /.jp'.ioTiTr, tôj/ i-'.JTTjjJtfov (LV/i. Sic, I, I, lU'.ii a. 20 ; b, 12).

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