‹ L'Année philosophique (volume 3)Chapitre 12 sur 73 · hïd.ur.. 19 h · texte numérisé non relu

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n'est Dullement paradoxal de soutenir qu'Aristote admet bien plutôt l'individuation par la forme. La matière, c'est, en effet, nous pouvons ici encore le maintenir, la puissance de se déterminer dans l'une ou l'autre de deux directions opposées, le genre auquel les différences contraires s'ajoutent pour constituer les espèces. Dire que toutes les choses sensibles particulières out de la matière, c'est doue affirmer que nulle d'entre elles n'est jamais tout ce qu'elle peut être, qu'elles sont toutes et toujours susceptibles de recevoir des déterminations ultérieures, bref qu'elles ne sont pas des indixidualités parfaites ^ Il n'existe au monde qu'un seul individu véritable, qu'une seule oiaix complète ; c'est l'acte pur. Les choses soumises au devenir se font de ^lus en plus individuelles, précisément dans la mesure où leur devenir réalise les déterminations qu'elles conteuaient en puissance, et que leur matière, en s'actualisaut. s'épuise et s'extéuue de plus en plus. Mais pour qu'elles parvinssent à l'individualité absolue, il faudrait qu'il ne restât plus en elles aucune trace de cette matière et, partant, aucun devenir.

Mais la matière est aussi le fondement de la contingence, du mal, des monstruosités. Ce sont encore là des conséquences du devenir : une pluralité de directions possibles s'offrent à la tendance encore indéterminée qui tend à la détermination. Pourtant cette contingence môme, cette spontanéité de la matière, semblent bien, cette fois, nous obliger à y voir une réalité en soi. Elle n'est plus quelque chose de purement formel et intelligible, mais une sorte de volonté et de tendance douée d'une activité propre. Il se peut qu'il reste, en effet, à cet égard, dans le système d'Aristote un fond irréductible de dualisme, qu'il n'aurait pu éliminer qu'en aboutissant, chose bien difficile pour un ancien, à une philosophie voisine de celle de Leibniz.

Mais, si grave que soit l'inconséquence, il nous semble que c'est la^eule qui subsiste de toutes celles qu'on a reprochées à sa théorie de la substance, et qu'il n'était pas sans intérêt de le faire voir.

G. RODIKR.

1. Mêla., r, o, 1010 a. 3 : èv xol; alaOr^ToT; -oÀXt, y, to^ 'àop(a-ou o'^stc;.

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