OntoL, g 308 sq
l'année philosophique. i')QO
générale, à la couception wolfTieune de la connaissance philosophique. Lui aussi déclare expressément à maintes reprises que la vérité dune atrirnialion repose sur l'identité du prédicat avec le sujet, que la science est une chaîne d'alfirmationsde ce genre'. Cette conviction est même en lui si forte qu'elle donne aux innovations qu'il introduit dans la pensée de Wollï et de Baumgarten le caractère de modifications subsidiaires et quelle les empêche de développer pleinement tout leur sens original.
Il repousse d abord Tidée qu'il y ait pour toutes les vérités un principe unique, absolument premier et universel, surtout que ce principe soit le principe de contradiction. De quelque façon que l'on procède, les vérités affirmatives dépendent du principe : tou( ce qui est, est, comme les vérités négatives du principe : tout ccqui n'est pas, n'est pas. Il y a donc deux principes absolument premiers, et il faut même ajouter que le principe de contradiction, comme règle suprême, doit se subordonner au princii)e d'identité; car c'est plus qu'un paradoxe de vouloir d'une formule négative faire sortir un ensemble de vérités positives-.
Kant, en outre, rectifie l'énoncé que Wolfï a donné du principe de raison suffisante. Définir la raison suffisante ce f]ui permet de concevoir pourquoi quelque chose est plutôt que de uêlre pas. c'est, en introduisant la conjonction « pourquoi ». mêler le défini à la définition; même l'expression suffisanie est ambiguë, car elle n'indique pas à quel degré la raison invoquée peut être tenue pour suffisante; mieux vaut i)arler de raison ilrlnDiinaiilr. car déterminer, c'est poser un prédicat à l'exclusion du prédicatopposé: ce qui alors pleinement suffit pour que la chose soit conçue ainsi, et non pas autrement'.
Le propre de la raison délerminante, c'est donc avant tout le lien de nécessité qui rattache un prédicat à un sujet; et par là il semble qu'elle ne fasse ({u'exprimer la condition générale dont dépend la réduction de toutes les vérités, soit au |)rin-
i. « QiiiinilnciiiKpie iiliiitita.»; snlijcrli i!ili;r ac ppii-dicali notioiu.'.s iojjpritur. pniii().silio l's^t vna. » Seclio I, l'mp. 11. l. I, p. 389. — « Oiunis nostra raliocinalio in priTJtlicali cum sulyccto vol in se vcl in nevu spéciale idfulilaliiii «Irlff.'iiKiain ii-sulvilur. » l'rop. lll, Scholion, l. I. p. ."î'Jl. — Il Niliil l'sl in raliurinati». i|unii non liifi'il in ralionc... Reruiii. nuii' niliil commune lialiont, una non polosl rs.'io ratio allcrius... Non ampliu.s est in raliocinato quam est in rali'onr. » Sertio 11, Prop. X, l. I, p. 40(i-407.