Seciio II, l'rop. IV, t. I. p. 3'.t
cipe de contradiclion si elles sont uégatives, soit au principe d'identité si elles sont positives. Mais Kant soumet cette idée de raison déterminante à une distinction qui en varie le rôle selon la nature des objets à connaître et les moyens de les connaître. Il va. dit-il, la raison antécédemment déterminante, qui est celle dont la notion précède le déterminé et sans laquelle le déterminé n'est pas intelligible; et il y a la raison conséquemment déterminante, qui est celle qui ne serait pas posée, s'il n'était pas posé déjà par ailleurs une notion qui grâce à ce rapport peut être déterminée. La première de ces raisons est ratio essendi velfiendi. ou encore ratio genetica ; la seconde est ratio cognoscendi. Selon l'exemple que donne Kant, les éclipses des satellites de Jupiter sont la ratio cognoscendi de la vitesse de propagation de la lumière dans un temps assignable: quant à la ratio fiendi, c'est-à-dire à la raison qui fait que le mouvement de la lumière s'accomplit dans un temps assignable, on la cherchera, si l'on suit les idées que Kant attribue assez inexactement à Descartes, dans l'élasticité des petites boules de lair. On voit par cet exemple que le mouvement de la lumière ne dépend point de la façon de le connaître; car il n'en existerait pas moins tel qu'il est, s'il n'y avait pas de satellites de Jupiter sujets à des éclipses. La raison conséquemment déterminante ne produit pas la vérité; elle fournit seulement le moyen de l'atteindre ^
A côté de cette distinction, Kant en introduit une autre qui, malgré les apparences et quelque confusion dans les formules-, n'y correspond pas exactement : c'est la distinction entre la raison de la vérité et la raison de l'existence. Pour l'atfirmation de la vérité, il n'est pas besoin de la raison antécédemment déterminante; il suffit que soit reconnue l'identité du prédicat avec le sujet. 11 en est tout autrement quand il s'agit des êtres existants, tout au moins des êtres contingents; leur existence suppose toujours une raison antécédemment déterminante qui la précède, c'est-à-dire une cause'; car la cause d'une chose, c'est proprement la raison de l'existence de cette chose'. En revanche, pour l'Etre nécessaire, il est absurde de