‹ L'Année philosophique (volume 3)Chapitre 20 sur 73 · Der einzig inôi/lic/ie Beweisgnuu/A. II, p. 8b · texte numérisé non relu

Der einzig inôi/lic/ie Beweisgnuu/A. II, p. 8b

2. (;r Paulsfd, Versitck einer Enlvcicklungsgeschichle (1er Kanlinclien Erkennlmsslheorie, 1873. p. 64-(>6.

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elle-même ; le signe — dont on la fait précéder ue veut donc pas dire qu'elle est négative en soi, mais qu'elle oppose à une autre quantité positive la quantité également positive qu'elle est. Si l'on eût observé que cette notion de quantité négative pouvait être généralisée, on se fût épargné dans la philosophie naturelle, dans la psychologie et dans la morale bien des méprises qui viennent de ce que, par un abus du principe de contradiction, on destitue de toute valeur réelle des termes opposés à d'autres termes acceptés d'abord comme positi'fs ; ainsi de la force de répulsion opposée à la force d'attraction, de la douleur opposée au plaisir, du démérite opposé à la vertu. Les règles de l'opposition réelle sont donc tout autres que celles de la contradiction logique ; elles relèvent de cette idée que dans l'opposition réelle il n'y a pas exclusion d'un terme par l'autre, mais une mise en rapport, potentielle ou virtuelle, des deux termes, de telle façon que ce rapport exprime ce que l'un des deux termes retranche de l'autre ^

A la différence entre l'opposition réelle et l'opposition logique correspond la différence entre la dérivation réelle et la dérivation logique ; mais l'établissement de cette différence, loin d'être une solution, fait, de part et d'autre, surgir le même difficile problème. Le rapport de principe à conséquence selon la règle de l'identité est parfaitement clair, puisque c'est l'analyse des concepts qui découvre la conséquence contenue dans le principe ; mais comment se peut-il qu'une chose dérive d'une autre, sans que ce soit selon la règle de l'identité? Une telle relation, observe Kant, « fait bien partie de nos concepts vrais ; mais sur la façon dont elle a lieu ou ne peut porter aucun jugement-». Voici donc la forme simple sous laquelle le problème peut être posé : « Comment dois-je comprendre que, parce que quelque chose est. quelque autre chose est ^ ? » Par exemple, la volonté de Dieu contient le principe réel de l'existence du monde ; mais le monde existant est une tout autre chose que la volonté divine. Un corps A est en mouvement ; un autre corps B est en repos sur la même ligne

1. Versuch der Begriff den negaliven Grossen in die Weltireisheit einzu* fuhren, 1763, l. II, p. 171 sq.

i. Ibid., p. 202.

3. Je ne décide pas si c'est dans la position de ce problème que se manifeste Tinfluencc exercée par Hume sm- Kant : la question de l'époque d« la nature et de la portée de cette influence est une question très complexe et qui appelle un examen spécial.

droite. Le mouvement de A est une chose, le mouvement de B en est une autre : le second est cependant posé par le premier. Or l'analyse est incapable d'expliquer dans ces cas-là le lien qui unit la condition et le coiiditiomié. Ce n"est pas résoudre le problème que d'introduire les mots de cause, de force, d'action ; car, si le principe d'identité peut sulFire pour développer le sens des idées qu'expriment ces mots, c'est que dans ces idées mômes a été enveloppé le principe de dérivation réelle dont il s'agit de rendre compte. Et un i)roblème tout pareil surgit dès que l'on veut tenter d'éclaircir la nature de l'opposition réelle: comment, parce quelque chose est, quelque autre chose vient-il à être supprimé ? « J'ai réiléchi, conclut Kant, sur la nature de notre connaissance à l'égard de nos jugements de principes et de conséquences, et j'exposerai un jour en détail le résultat de ces considérations. Il comporte ceci, que la relation d'un principe réel à ([iielque chose qui a été posé ou supprimé par lui ne peut en aucune façon être exprimée par un jugement [Urtheil), mais simplement par un concept {Begii/ft que l'on peut bien sans doute par analyse ramener à des concepts plus simples de principes réels, mais de telle sorte cependant qu'à la lin toutes nos connaissances de cette relation se terminent à des concepts simples et inaualysables de principes réels dont le rapport à la conséquence ne peut aucunement être éclairci '. »

Kant. malgré sa promesse, ne nous a pas l'ait connaître eu détail le résultat de ses réilexions d'alors sur la nature et la portée des principes de la dérivation réelle comme de l'opposition réelle, et les indications qui terminent son Essiti sont passablement énigmatiques. Ce qui s'en dégage de plus clair, c'est la dilTérence radicale qu'il établit là entre le juiiemenl lUrlli('il)e[ le concept {lii'{irl/l). Cette dilTérence est exprimée de même dans l'une de ses « Héllexions » publiées pai- Honno Erdmann. <■ Ee raî)|)()rlde la raison logi(|ue à la c<nisé(|uence est un jugement. Le rapport de la raison réelle à la conséquence est un concept. Divers concepts primitifs de raisons réelles. La possibilité d'une liaison réelle dans les principes

1 Versuch den Deffvi/f dev nef/ative» ilrOssèn in die Welliveisheit einziifiihren, t. II, p. i'03-20l.

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premiers ne peut être ratiounellement aperçue'. » Quelles que soient la nature, la signification exacte et la provenance de ces concepts, s'ils s'opposent aux jugements proprement dits, c'est que les jugements comportent l'identité au moins partielle du prédicat avec le sujet, tandis qu'en eux-mêmes les concepts s'opposent à ce que le principe et la conséquence soient regardés comme ne faisant qu'un -. En d'autres termes, pour employer un peu par avance le langage que Kant consacrera, tout jugement, quel qu'il soit, est analytique, et, si les concepts sont radicalement distincts des jugements par le caractère synthétique des rapports qu'ils posent ou qu'ils expliquent, c'est qu'encore, aux yeux de Kant, la notion de jugement synthétique serait une notion contradictoire dans les ternies ^

De toute façon le caractère extra-logique de la philosophie comme science du réel ressort encore fortement de VEtiule sur récidence des principes de la théologie naturelle et de la morale. Cet écrit est destiné surtout à montrer la différence qu'il y a entre la méthode des mathématiques et la méthode de la philosophie, par suite à frapper d'un discrédit définitif les tentatives d'imitation de la première par la seconde. La mathématique part de définitions qu'elle obtient par voie de synthèse, par des liaisons de concept opérées à son gré ; de plus, dans les analyses et les démonstrations qu'elle poursuit, elle représente l'universel par des signes in concreto: enfin, elle ne s'appuie que sur un petit nombre de propositions fondamentales indémontrables, telles que : le Tout est égal à la somme de ses parties ; entre deux points il n'f a qu'une seule ligne droite possible. Au contraire, la philosophie ne peut obtenir ses définitions qu'au terme de ses recherches et que par voie d'analyse ; elle part du concept d'une chose, concept déjà donné, mais d'une manière confuse et insuffisamment déterminée; elle doit le décomposer, en découvrir les

1. Bonne» Erdmann, Reflexionen Kants zitr kriHschen P/nlosophie, II, Î10 486, p. 133.

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