‹ L'Année philosophique (volume 3)Chapitre 28 sur 73 · Crilique lie la doctrine de Kant, p. i · texte numérisé non relu

Crilique lie la doctrine de Kant, p. i

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aussi les corps qui ne seuteut rieu du tout. Dans la précédente opposition tper disparata), la condition accidentelle du concept des corps (l'odeur) restait encore, malgré le Jugement, et par conséquent elle n'était pas supprimée par ce jugement ; ce dernier n'était donc pas l'opposé contradictoire du premier.

« Quand donc je dis : Ou le monde est infini dans l'espace ou il n'est pas infini (non est iiifinttus), si la première proposition est fausse, son opposé contradictoire, à savoir que le monde n'est pas infini, doit être vrai. Je ne fais par là qu'écarter un monde infini, sans eu poser un autre, un monde fini. Mais si je dis : Le monde est ou infini ou fini non infini), ces deux propositions pourraient bien être fausses. En efïet. j'envisage alors le monde comme déterminé en soi quant à sa grandeur, puisque d;ins la proposition opposée je neme borne pas à supprimer linfinité et peut être avec elle toute sou existence propre, mais que jajoute une lielermination comme à une chose réelle en soi ; ce qui pourrait bien être faux, si eu efïet le monde ne devait pas être donné comme une chose en so/, et par conséquent comme infini ou comme fini sous le rapport de sa grandeur Quon me permette de désigner ce genre d'opposition sous le nom iVopposUion tlialeclique el celle qui consiste dans la contradiction sous celui d'opposition analijluiut'. Deux jugements dialectiquemenl "oppo.^^és 1 un à l'autre peuvent donc être faux tous deux. puis(|ue lun ne se borne pas à contredire l'autre, mais (|uil dit (|uelque ."liose de plus qu'il n'est nécessaire pour la contradiction.

« Si l'on regarde les deux propositions : Le monde est infini eu grandeur, le monde est fini en grandeur, comme contradictoir(Mnent opjxjsées, on admet alors que le monde > la série entière dos phénomènesj est une chose en soi. En elïet. il demeure, soit (jue je supprime la régression infinie ou la régression finie dans la série de ses phénomènes. .Mais, si j'écarte cette supposition ou cette apparence iranscendantale, et (juc je nie que le monde soit une chose en soi, alors l'opposition contradictoire des deux assertions se change eu une opposition purement diah'cli(jue...

« Ce (jui vient d être dit de.s premiiMcs idées cosniologiques, c'est à-dire de 1 absolue totalité de I;i grandeur d;ins le phénomène, s'appli(|ue aussi au.x autres...

« On fait donc disparaître l'antiuomie de la raison pure dans ses idées cosmulogiques, eu montrant qu'elle est pure-

ment dialectique, et qu'elle est un conflit produit par une apparence résultant de ce que Ion applique l'idée de l'absolue totalité , laquelle n'a de valeur que comme condition des choses en soi à des phénomènes qui n'existent que dans la représentation, et lorsqu'ils constituent une série, dans la régression successive, mais non pas autrement. En revanche, on peut aussi tirer de cette antinomie une véritable utilité, non pas sans doute dogmatique, mais critique et doctrinale : je veux parler de l'avantage de démontrer indirectement par ce moyen l'idéalité transcendantale des phénomènes, si par hasard la preuve directe donnée dans l'esthétique transcendantale n'avait pas paru suflisante. Cette démonstration consisterait dans ce dilemme : Si le monde est un tout existant en soi, il est ou fini ou infini. Or le premier cas aussi bien que le second sont faux (suivant les preuves, rapportées plus haut, de l'antithèse d'un côté, et de la thèse de l'autre). Il est donc faux aussi que le monde (l'ensemble de tous les phénomènes) soit un tout existant en soi. D'où il suit par conséquent que les phénomènes eu général ne sont rien en dehors de nos représentations, et c'est précisément ce que nous voulions dire en parlant de leur idéalité transcendantale ^ »

Ce passage, que j'ai tenu à rappeler, montre que, selon Kant, les propositions antinomiques sont également fausses, malgré les preuves sur lesquelles elles s'appuient, fausses comme s'appliquaut, l'une et l'autre, à un sujet qui n'existe pas en soi, c'est-à-dire en dehors et indépendamment de notre sensibilité. L'opposition quelles expriment est, dit-il, dialectique, et non analytique, comme celle qui oblige à opter entre les deux propositions d'un dilemme. Reuouvier na pas fait attention, me semble-t il, que, dans le criticisme kautiste, la dialectique transcendantale est étroitement liée à l'esthétique transcendantale, comme l'indiquenl les dernières lignes dn passage cité. D'une part, les antinomies se fondent sur 1 idéalité ou subjectivité des deux formes de la sensibilité, l'espace et le temps; d'autre part, elles confirment cette idéalité, à laquelle conclut l'esthétique transcendantale, par les arguments (juelles invoquent, et qui, paraissant à la raison d'égale valeur, s'annulent mutuellement.

1. Critique de la Baison pure, trad. Barni, t. II, p. 109 ol suiv.

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Je ne sais si Ion a remarqué autant qu'il convient la force avec laquelle Kant insiste sur le rapport (lui existe, dans sa doctrine, entre les antinomies et l'idéalité ou subjectivité de l'espace et du temps. On peut dire que ce rapport caractérise vraiment l'idéalisme transcendantal. en le séparant de l'idéalisme ordinaire (de l'immalérialisme de Berkeley et de l'idéalisme monadiste de Leibniz). Pourquoi les antinomies se fondent-elles sur l'idéalité ou subjectivité de l'espace et du temps? Parce que cette idéalité ou subjectivité entraîne celle de tous les phénomènes et ne permet d'appliquer les antinomies à aucun objet qui ne soit dans l'espace et dans le temps, qui ne dépende de l'espace et du temps, qui ne soit donc subjectif comme l'espace et le temps. C'est bien l'explication que le pliilosoi)be donne lui-même de son idéalisme transcendantal, en un passage où il semble répondre d'avance aux observations critifiues de Renouvier.

« Ce serait bien mal nous comprendre, que de nous attribuer cet idéalisme empirique, depuis longtemps si décrié, qui, tout en admettant la réalité propre de l'espace, nie ou du moins trouve douteuse l'existence des êtres étendus dans l'espace, et qui n'admet point à cet égard entre le rêve et la vérité de dilïéi-cncj^ qu'on puisse suirisamment ])rouver. Pour ce qui est des j)hénoménes du sens intime dans le temps, ce système ne trouve aucune dilliculté à les admettre comme des choses réelles ; il soutient mème'fiue cette expérience iolérieure prouve seule snllisamment l'existence de son objet (en soi, y compi'is toute cette détermination de temps;.

« Notre idéalisme transcendantal accorde, au coniraire. que les objnts de l'intuition extérieure existent réellement comme ils sont représentés dans res|)ace. et tous les cbaugemenls dans le bmips comme les représente le sens intérieur. Kn elîet, puis(|ne l'espace est lui-même une forme de cette intuition que nous nouMUons extérieure, el qu(> sans objets dans l'espace il n'y aurait |)oint de représentation empirique, m)us pouvons et nous devons y admettre comme réels des êtres étendus, et il en est de même du temps. .Mais cet espace même et ce temps, el tous les phénomènes avec eux, ne sont |)Ourtant pas des choses en soi ; ce ne sont rien (\ue des repré- .sentatious, et ils ne sauraient exister eu dehors de notre

AMIXÛJIIKS DK KANT ET DILEMMES DE liEXOUVIER 43

esprit. L'intuition intérieure et sensible de notre esprit même (comme duu objet de la couscieuce), dont la détermination est représentée par la succession de divers états dans le temps, n'est pas non plus proprement le moi, tel qu'il existe en soi, ou le sujet trauscendantal, mais seulement une manifestation donnée à la sensibilité de cet être qui nous est inconnu. L'existence de ce phénomène intérieur, comme chose existante en soi, ne peut être admise, puisqu'elle a pour condition le temps » et que le temps ne peut être une détermination de quelque chose en soi. Mais la vérité empirique des phénomènes dans l'espace et le temps est assez assurée, et elle se distingue sufTisamment du rêve, dès que ces deux sortes de phénomènes s'accordent exactement et complètement, suivant des lois empiriques, au sein d'une expérience...

« Rien ne nous est réellement donné que la perception et la progression empirique de cette perception à d'autres perceptions possibles. Car en eux-mêmes les phénomènes ne sont réels que dans la perception, laquelle n'est dans le fait autre chose que la réalité d'une représentation empirique, c'est-àdire un phénomène. Nommer objet réel un phénomène avant la perception, c'est dire que nous devons rencontrer cette perception dans le cours de l'expérience, -ou c'est ne rien dire du tout....

;< La faculté d'intuition sensible n'est proprement qu'une capacité d'être affecté d'une certaine manière par des représentations dont la relation réciproque est une intuition pure de l'espace et du temps (simples formes de notre sensibilité), et qui s'appellent objets, en tant que dans ce rapport (l'espace et le temps) elles sont liées et détermiuables suivant des lois de l'unité de l'expérience. La cause non sensible de ces représentations nous est entièrement inconnue, et nous ne saurions l'apercevoir comme objet; car un objet de cette nature ne pourrait être représenté ni dans l'espace ni dans le temps (Comme conditions de la représentation sensible), et sans ces conditions nous ne saurions concevoir aucune intuition ^ »

La pensée exprimée un peu confusément dans le passage que l'on vient de lire n'est pas difficile à comprendre. Elle pourrait être présentée aux lecteurs de notre temps à peu près dans les termes suivants, qui. en lui donnant plus de précision, en montreraient mieux la portée :

1. Critique de la Raison pure, trad. Baïui, t. Il, p. 'J'J et suiv.

L'idéalisme des philosophes antérieurs à Kant ne conteste ni la réalité objective de l'espace, ni celle du temps, ni celle des substances spirituelles, ni celle des événemeuts psychiques successifs. Il se borne à nier celle des substances matérielles ou étendues. L'idéalisme transcendantal n'admet pas que l'on distingue ainsi entre l'espace et les corps qu'il renferme, entre les corps et les esprits. Il tient que l'étendue des corps, avec les chaugements qu'elle présente, n'est ni plus ni moins réelle que l'esprit et les changements qui se produisent dans les pensées, les sentiments, les volitions. L'idéalisme ordinaire ou immatérialisme est superliciel et inconséquent. Il ne saccorde ùi avec les exigences de la science proprement dite, qui u'entend passe laisser enlever l'étendue corporelle, ni avec celles de la théorie philosophique de la connaissance, qui, ne pouvant saccommoder que d'un idéalisme logiquement approfondi, refuse l'existence en soi, la réalité objective vraie, d'abord, à l'espace et au temps, puis, par une extension nécessaire, à tout ce qui est donné dans l'espace et dans le temps, à tout ce qui est de nature spatiale et temporelle, à tout ce qui est corporel ou psychique, c'est-à dire à tous les phénomènes et à tous leurs rapports : à tous les phénomènes, parce qu'ils ont tous leur source dans la sensibilité extérieure et dans la sensibilité intérieure ; à tous leurs rapports, parce qu'ils sont tons régis par les concepts de l'entendement, lesquels supposent nécessairement les deux formes de la sensibilité, sont nécessairement subordonnés à ces deux formes.

Ainsi l'idéalité ou subjectivité de l'espace et du temps s'étend à la représentation tout entière et n'en laisse rien hors de son empire. Le représentatif lui-même, le moi conscient, le moi qui se représente lui même à lui-môme, avec la succession de ses idées, ne peut y échapper. Cette extension universelle de l'idéalisme est établie, imposée par rassimilation du temps à res|)ace et par la subordination des concepts de l'entendement, notamment du nombre, à l'espace et au temps. El il n'y a plus (|u'à en tirer les conséquences dans la théorie des antinomies.

De l'existence en soi, de la réalité objective du monde et de ce qu'il renferme, nous ne savons rien, nous ne pouvous rien dire ; attendu que notre connaissance n'a et ne peut avoir d'objet (|ue le inonde de la re|)résentalion. Nous ne savons rien (jue par les formes de la sensibilité et par les concepts de l'entendement. Nous ne savons donc pas, nous ne pouvons

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pas dire si le monde qui existe en soi, qui est étranger aux formes de la sensibilité et par suite aux concepts de l'entendement, est d'une grandeur finie ou infinie. Appliqués à un tel monde, les mots finiel infini sont vides de sens, parce que d'après la subordination nécessaire des concepts à l'espace et au temps, la grandeur mathématique ou quantité qu'ils expriment ne peut convenir qu'aux phénomènes subjectifs dont notre double sensibilité est la source, ne peut avoir de place que dans le monde de la représentation, et ne peut donc elle-même être considérée que comme subjective.

Telle est la doctrine de Kant. La distinction et le genre de rapport qu'elle établit entre les formes de la sensibilité et les concepts de l'entendement expliquent la théorie des antinomies. Tout autre est la théorie des dilemmes, qui, dans la doctrine de Reuouvier, s'explique précisément par la négation de cette distinction et de ce rapport, et par la place que donne l'auteur des Essais à l'idée du nombre en tète des principes constitutifs de la représentation. Son finitisme néo criticiste se présente ainsi comme nettement opposé à l'idéalisme transcendantal et, je puis même ajouter, à toute espèce d'idéalisme^.

Kant, rappelons-le, distingue entre la quantité et le nombre. La quantité, selon lui, est donnée tout d'abord à l'intuition, avec le continu spatial et temporel, mais indéterminée. Le nombre est un concept, formé ensuite par l'entendement, pour la déterminer, Ja mesurer, en mettant dans ce continu des divisions et des limites. <c L'image pure de toutes les quan-

1. Dans sa piemièrp criti([ue des antinomies kantiennes, Renouvier s'exprime comme s'il n'y avait, à ses yeux, aucune dillërence entre I idéalisme transcendantal et l'idéalisme ordinaire. « En quoi, 1 idéalisme transcendantal diflere-t-il de l'autre idéalisme .' Il serait diflicile de le dire, et des gens très clairvoyants ne l'ont pas vu... Le inonde, dit Kant, n'existe point du lotit en soi. Il est vrai que nous ne connaissons rien en soi, que rien n'est en soi de ce qui est dans la représentation ; mais alors c'est précisément sur la représentation que nous avons à prononcer; c'est s'iir le monde tel qu'il est dans la représentation et sur les questions qui s'y ratlachent et qui sont en elle aussi que nous devons porter un jugement. Trocéder autrement, c'est au contraire admettre la chimère d'une chose en soi, laquelle n'aurait nul rapport au monde ([ui nous est représenté, et ne voir en celui-ci que matière à illusions. Or, tel est bien le caract re de l'idéalisme. Une chose en soi, afhrmée ou niée, et dont on ne peut rien dire quand on ne la nie pas. no change rien à ce résultat : le réaliste, en

parlant du monde représenté, parle du monde qu'il connaît et (]ui le touche: mais l'idéalislc distingue entre la réalité et l'apparence de ce monde; il nie la première, ou la cherche ailleurs et ne la trouve pas. » [Premier Essai de Crilique f/énérale, l^'édit . p. 614; 2" édit.. t. Il[, p. 31.)

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tilés ((juanloruni), dit-il, est l'espace pour le sens extérieur, et celle de tous les sens en géurral est le temps. Mais le schéma pur de la quantité ujunulitutis), considérée comme concept de l'entendement, est le nombre, lequel est une représentation embrassantl'addition successived'unà unfhomogèue au premier). Le nombre n'est donc autre chose que l'unité de la synthèse que j'opère entre les diverses parties d'une intuition homogène en général, en introduisant le temps lui-même dans lappréhension de l'intuition K »

Pour Henouvier. l'espace et le temps doivent èlre mis au nombre des catégories ; on ne doit pas les consitlérer comme une classe spéciale de principes, auxquels, en raison de leur caractère d'intuition, leulendemeut et les catégories seraient subordonnés. Celte prétendue subordination, qui mène à ne voir dans le monde que des apparences, ne saurait être prise au sérieux. Des unités naturelles et réelles, avec les nombres réels et nécessairement finis qu'elles forment, sont données directement à la représentation, en même temps riue le continu spatial et temporel, où elles sont en rappoit rapport de position, rapport de succession) les unes avec les autres. La réalité de l'espace et du temps n'est pas contestable ; mais il faut comprendre qu'elle consiste uniquement en celle de la double espèce de rapports qu'ils déterminent entre les unités représentées. Ces unités qui sont le premier et essentiel objet de la pensée, |)euvent être envisagées en dehors et indépendamment des rap|)(His (pii les lient, tandis (jue les rapports, supposant les unités, n'existeraient |)as sans elles et ne sont rien en dehors d'elles. Ce sont ces unités réelles, avec leurs rapports rr/r'/s de position et de succession, (|ui ((instituent le monde, le vrai monde, le seul monde connaissable. Le monde an soi de l'idéalisme kantiste est une chimère.

ni

LA i'Ki;.M ii:hi: antino.mii, Ou a \ u pins haut comment sont formulées la thèse et l'auli-

1. Crilii/iK' ili' lu lidisiiii jnnc. (liiii. Biiriii. t. I. j). :iO:'>. — M. \. Fouillci' iiic j)iiiail avoir ilomiii «luii.s la lieiue />liiluiio/iliii/ue tii" dt^ iixilli-l ISS^t). mu; iiiliT|iir'l,ali"n Ires i-.xactc de cl' jius.>jik<' iIi- Kaiil sur la disliiiclion (h; la <|tiuiililo cl ilu iKiiiihre. l'A il duit naluri'l i|u'il l'o|>|iOïiàl au liiiilisiiKi de Henouvier. Mais lo liuilisiiic peul se dérendre sans peini; contre celle ohjcH-liou (liiiil la railjle.sse nesl vraimeul pas dinicile à voii- (voyez i'.l«nee />/«-

h)s,,i,iti<iiic i\c r.io:;, p. ioi-!04i.

thèse de la première antinomie ; et il est inutile de rappeler que la preuve de la thèse se tire de l'impossibilité dune série infinie et cependant donnée ; donnée, c'est-à-dire, quant au temps, écoulée, et, quant à l'espace, nombrable. Quant à l'antithèse, Kant la démontre dans les termes suivants :

« Admettons que le monde ait un commencement : comme le commencement est une existence précédée d'un temps où la chose n'est pas, il doit y avoir eu un temps antérieur où le monde n'était pas, c'est-à-dire un temps vide. Or, dans un temps vide il n'y a pas de naissance possible de quelque chose, puisqu'aueune partie de ce temps ne contient plutôt qu'une autre une condition distiuctive de l'existence qui l'emporte sur celle de la non-existeuce (soit que l'on suppose que cette coudiliou naisse d'elle-même, ou par une autre cause). Donc, il peut y avoir dans le monde des séries des choses qui commencent, mais le monde lui-même ne saurait avoir de commencement, et par conséquent il est infini par rapport au temps écoulé.

(( Pour ce qui est du second point, si l'on admet la thèse contraire, à savoir que le monde est fini et limité dans l'espace, il se trouve dans un espace vide qui n'est pas limité. Il n'y aurait point seulement par conséquent uu rapport des choses dans l'espace, mais encore uu rapport des choses à l'espace. Or, comme le moude est uu tout absolu en dehors duquel il n'y a pas d'objet d'intuition, et par conséquent pas de corrélatif avec lequel il soit eu rapport, le rapport du moude à l'espace vide ne serait pas uu rapport à un objet. Mais un rapport de ce genre n'est rieu, et par conséquent aussi la limitation du monde par l'espace vide. Le inonde n'est donc pas limité dans l'espace, c'est-à-dire qu'il est infini en éteudue '. »

Cette démonstratioQ est complétée et éclaircie par une note qui a son importance :

« L'espace est simplement la forme de l'intuition extérieure (une intuition formelle), et non une chose réelle qui puisse être l'objet d'une intuition extérieure. L'espace, avant toutes les choses qui le déterminent (le remplissent ou le limitent , ou plutôt qui donnent une intuition empirique en harmonie avec sa forme, ou ce qu'on nomme l'espace absolu, n'est pas autre chose que la simple possibilité de phénomènes extérieurs, eu tant qu'ils peuvent ou exister par eux-mêmes ou

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