I. CrUii/ue (le la doclrinc de Kaiil. p. o
±. Schoponhauer a bien vu. — ce qui a échappé aux autres successeur.^; et disciples allemands de Kani, — que celte théorie d'illusionisme radical est impliquée par l'analyse kantiste de la représentation et se déduit très logi(iucment de la Critique cle la Raison pure. 11 Ten a Lin'-e cl l'a iVanchenienl, hardirucnl adoptée, en la développant et la poussant à toutes ses conséquences.
imagination. Telle est la théorie de Spinoza, qui, mieux qu'aucun autre, s'est expliqué sur la nécessité logique de soustraire les phénomènes à l'application de la loi de numération, et dout l'objet essentiel était de justifier ainsi la doctrine de l'unité universelle et de la solidarité absolue. On peut prouver par la correspondance de Leibniz que sa solution du problème logique était la même que celle de Spinoza, quoique l'exposition en fût gênée chez lui par le respect de la théologie orthodoxe. Elle est, au fond, une sorte d'absorption, si l'on peut ainsi parler, de l'infini numérique, irréalisable, par ï'unum totum où rien n'est plus sujet au nombre. Des panthéistes plus hardis, et C.iordano Bruno principalement, avaient déjà professé l'idenlité mystique du point avec l'immensité et de l'instant avec l'éternité, la rencontre de linfiniment petit et de linfiiiiment grand, dans l'unité où les nombres s'abîment. Le commun des infiiiitistes, aujourd'hui si nombreux en philosopiiie et ailleurs, ne se rend pas compte de l'impossibilité de iraiment concevoir que des êtres soient présents dans l'espace sans bornes en des nombres qui n'auraient pas plus de limites que l'idée de nombre n'en a dans notre esprit, et que cependant ils soient là. donnés simultanément, de manière à former un ensemble déterminé, sans pourtant former un nombre déterminé. Mais les penseurs rationnels, plus conséquents dans leurs vues, ont compris qu'ils ne pouvaient se représenter un monde phénoménal sous une telle condition que comme un système d'apparences et d'illusions, nous sommes forcés de le dire, puis(|u'on ap|)elle illusion une apparence à laquelle manque un fondement de réalité. Du nombre de ces penseurs est Kaut. en dépit de luimôme, lui qui a pourtant attaché beaucoup d'importance à passer pour un vénlinle ei)>])iri<itn\ en même temps que pour un idddlislc transcciiiUmldl '. >->
Voilà, dirai-je, qui s'accorde complètemenl avec mes réilexions précédentes et leur apporte une précieuse confirmation. Si, conséquent avec son esthétique transcendantale, Kant n'a pu voir dans le monde pliénoménal (lu'un système d'apparences, il a dA naturellement i)eiiser qu'appli([uées à
1. Critique (/e la ilocirine de KiuU. p. 87. — C'est pn5ciscmcn(. scmlilc-lil (!n rai.son <li' riHcmliui ri de la iirdrondour de son idi'-alisnie. et pour 1(> si'ïparcr ilc l'idi'alismc ordinaire, <]«o Kant a pu altacln;!' de l'iniporlanee à passer p(înr rénUste empirique. Son idéalisme lianscendanlal laissait subsister enlièrement sans rien changer aux rapports quil jjrésente à l'esprit, le naonde do l'expérience et de la seience proprement dite
UD tel monde, la thèse (nombre fini) et lantithèse ^nombre infini) étaient illusoires, lune et l'autre, comme leur objet ; qu'elles étaient aussi éloignées l'une que l'autre de la vérité sur le monde réel ; et donc que la première antinomie ne pouvait, ne devait nullement être considérée comme un dilemme.