Critique de la Raisoti pure, trail. Bariii, i. II, p
64 l'année philosophique. 190'J
La nature de l'espace, qui ne permet pas de réduire la matière à des éléments simples, peut-elle être également alléguée contre la simplicité des substances spirituelles? Les Remarques sur l'antithèse se terminent par l'examen de cette question. Kant répond que l'antithèse de la seconde antinomie s'applique à toutes les substances simples, qu'elle les bannit toutes de l'espace, et, par suite, de l'e.xpérience. La conscience, dit-il, témoigne certainement de l'unité du moi ; mais elle ne nous dit rien de plus, et rien ne prouve qu'une substance simple soit la condition nécessaire de celte représentation de l'unité du moi. D'autre part, la substance simple dont il s'agirait devrait, aussi bien que les monades physiques, suivant les lois de la représentation, être envisagée dans l'espace, comme objet de l'intuition externe; ce qui est incompatible avec la nature de l'espace :
« La seconde assertion dialectique de l'antithèse : It n'existe dans le moule absolument rien de simple, a ceci de particulier qu'elle a contre elle une assertion dogmatique qui cherche à démontrer que l'objet du sens intime, le moi qui pense, est uue substance absolument simple. Sans revenir sur ce point, je ferai seulement remarquer que, si je conçois simplement quelque chose comme objet, sans y joindre rien qui en détermine synthétiquement l'intuition (comme il arrive dans cette repiéseutation toute nue : moi), je ne puis assurément percevoir rien de divers ni aucune composition dans une représentation de ce genre. D'un autre coté, comme les prédicats au moyen desquels je conçois cet objet, ne sont que des intuitions du seus intérieur, je n'y puis rien trouver qui prouve une diversité de parties placées les unes en dehors, et par cousé(juent une composition réelle. La conscience de soi a donc cela de particulier que, i)uisque le sujet qui pense est en même temps son i)r()pre objet, il ne {jeut pas se diviser lui-même I bien qu'il i)uisse diviser les déterminations (|ui lui sont inhérentes) ; car, par rapport à lui-même, tout objet est une unité absolue. Mais il n'eu est pas moins vrai que, si ce sujet est' envisagé extérieurement, comme objet de l'intuition, il manifestera bien pourtant une composition dans le phénomène. Or c'est toujours ainsi qu'il faut l'envisager dès qu'on veut savoir s'il y a ou non (mi lui uue diversité de parties placées les unes en dehors des autres '. »