Ibid.. p
4. Sache. Leben''und Feinde, p,o20. Cf. p. 87.-92. a. Ibid., p. Ho.
102 l'année PHILO:>OPIIinUE. 190'J
A travers toute lliistoire de la philoso|>hie, déjà depuis les Eléates. se traîue péuiblemeutelse perpétue uue contradictiou à laquelle les penseurs les plus hardis et les plus puissants se sont toujours heurtés, sans découvrir véritablement et mettre en pleine et décisive lumière la pierre de scandale. Duhring pense avoir réussi à dévoiler et écarter celte contradiction fondamentale en posant dès le début de son activité philosophique, déjà dans sa Dialectique ntitiireUe, la loi du nonibre déterminé, qui n'est ni simplement logique, ni simplement mathématique au seus ancieu de ces désignations, mais qui, combinant la logique et les mathématiciues dans une union profonde, fournit un point de départ nouveau, un point de vue fécond et toute une méthode ^
Diihring croit à la valeur absolue du nombre. Avec ceux qui se font fort d'affirmer que le nombre est une illusion et n'existe [)as. il ne « veut pas disputer : ils donnent son congé à l'intelligence - ». Il ne se lasse pas de repousser la philosophie critique ce à la façon du professeur Kant »; il ne peut accepter que l'on proclame l'incognoscibililé de la chose eu soi, sous prétexte que notre connaissance serait déterminée, non seulement par la nature des choses, mais encore par notre propre nature'. Il voit dans une telle conception une accommodation hypocrite des résultats de la pensée à ce que réclame le besoin religieux ou pseudo-religieux dadmettre un au-delà. Lr nombre est pour lui un exemple des concepts (jui expriment l'existence de telle sorte qu'entre la réalité et le concept, entre l'objet et le sujet, il ne se produit aucune interpolation venant de la nature du moi. Lorsqu'on se place immédiatemeni sur le terrain du nombre, on rend impossible la dilTérence de ce qui este en soi » et de ce qui n'est pas « en soi »; le nombre introduit dans une sphère de la connaissance, à l'intérieur de laquelle le sul)jeclif et l'objectif sont un et unis, et même dans un certain sens coïncident identi(}uementv Dans le nombre, le subjectif et l'objectif se recouvrent immédiatement. Il y a
). Sache, lA'hen itnd Feintle, p. 2.'J8.
'2. Wirfilichlteilsphilosophie. \t. ii-Ci.
;î. Cf. Sache. Lehen uiul Feinde, p. 321.