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104 l'année PHILOSOI'HIUUE. VJO'J
comme pour le réalisme, pour le rêve comme pour la réalité. Aucune fantaisie, aucune imaiij^ination, aucun songe ne peuvent se dérober à sa juridiction. Elle vaut, comme la logique elle-même, dans tous les cas, dans le domaine de ce qui est simplement représenté comme dans celui qui est proprement et en soi réel. « Supposé donc que quelqu'un se plaise à imaginer que tout n'est qu'un songe, les événements et les images isolés de ce songe total ne pourraient toujours être pensés que dans un nombre déterminé, c'est-à-dire qui demeure fini. Ouand bien même l'existence entière, n partir de tout le passé jusqu'à aujourd'iiui, ne serait qu'un songe qui se développe, et quand bien même les êtres isolés ne seraient que des pièces de ce rêve universel, aucune puissance pourtant ne pourrait faire que ces êtres et ces pièces soient présents en nombre infini. Une continuation de choses de ce genre peut aller à 1 illimité, mais l'achevé et le passé ont leur nombre déterminé d'unités séparées, quoiqu'on ne connaisse pas toujours ce nombre. J/infinité achevée est dans tous les cas exclue comme contraire à la pensée^ »
Diihring ne se lasse pas de proclamer la valeur absolue de sa loi du nombre déterminé : « En face du nombre, il n'y a, en ce qui concerne notre thèse fondamentale, aucune antithèse, donc aucune prétendue antinomie. Aucun scepticisme, aucun point de vue criti(|ue faussement ainsi nommé, par exemple à la fai^on d'un K;int. ne seraient en état de produire par magie une thèse contraire avec convenance et droit et sans se rendre coupable dune absolue contradiction à la pensée ou absurdité. En particulier, la thèse qu'il pourrait y avoir une infinité comptée d'unités discernables, serait la couronne de tout contre sens qui ait jamais été apporté sur le marché... Ne pas connaître le principe et s'y heurter, cela trahit seulement un manque de réflexion dans une direction tout à fait déterminée; le connaître et ne jias le reconnaître pour vrai, cela indique une lacune dans la capacité de réiléchir : le contredire par une thèse opposée, c'est montrer qu'on a l'esprit faux-. »
Le principe du nombre déterminé peut et doit être employé comme fil conducteur pour connaître de plus près tout l'être réel et i)ensable et pour exclure les représentations déréglées.