‹ L'Année philosophique (volume 3)Chapitre 44 sur 73 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

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même espèce que ce que nous connaissons, a son commencement. La vie a son commencement; la conscience n'a pas toujours été. Tous les événements successifs discernables ne sont jusqu'à aujourd'hui accumulés qu'en nombre déterminé et non pas en infinité. Les révolutions de la terre jusqu'à aujourd'hui ont leur nombre, et, si nous reculons jusque derrière l'origine du système solaire ou de tous les systèmes solaires, tous les actes qui se sont succédé comme indépendants et discernables sont numérables. L'idée déréglée, que l'accumulation de ces actes discernables pourrait n'être pas un nombre, appartient à l'antiquité, et par suite à l'enfance de la pensée ou plutôt de l'imagination, qui pose comme infini tout ce où elle ne voit pas de près la fin et qui se comporte avec l'univers comme avec une nappe d'eau pour laquelle elle n'aperçoit aucune rive de l'autre côté et que dès lors, superficiellement, sans réflexion plus approfondie et sans remarquer le contresens, elle pose comme infinie '... La somme des unités, jusqu'au point du temps présent considéré sans extension, doit être une somme finie, et cela implique, en outre, que la série doit être issue d'une première unité et pour ainsi dire d'un premier nombre. Le nombre des événements indépendants et conçus comme discrets est un nombre déterminé et a un commencement-. »

Il y a encore ici une nécessité qui s'impose absolument à la pensée, qu'il s'agisse de rêve ou de réalité, de réalisme ou d'idéalisme. Que les événements se succèdent vraiment en fait, en réalité, ou qu'ils se succèdent seulement dans notre représentation, notre idée, ils ne peuvent pas, lorsiju ils se sont succédé, ne pas former une série qui a commencé et qui comprend un nombre fini de termes. « L'intelligence humaine aura par là la satisfaction d'apprendre et de se confirmer qu'elle ne s'est pas niée elle-même jadis déjà dans les temps i)riniitifs, lorsqu'elle a sup|)()sé que le monde proprement dit avait un commencement ■. Ce n'est que la spéculation postérieure (jui la désorientée, en ramenant à confondre l'être sans origine avec le monde qui a eu une origine. Il y a une haute satisfaction à |)ouvoir finalement triompher de ces déviations avec une claire conscience et à renvoyer ces doctrines

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