‹ L'Année philosophique (volume 3)Chapitre 53 sur 73 · Ifjid., p. 3.>i · texte numérisé non relu

Ifjid., p. 3.>i

110 l'anxée philosophique. 1909

relie était explicitement matérialiste et uue doctrine une de la réalité était son noyau substantiel, sou contenu matériel^ »

Diihring se refuse à établir des différences de réalité, à considérer tel aspect du monde comme une traduction symbolique de tel autre aspect, un coté des choses comme étant Tapparence et un autre la vraie réalité. Pas de séparation entre de prétendus phénomènes et de prétendus noumènes. Pas de séparation entre la vie future et la vie actuelle : la vie future n'est que la vie actuelle prolongée pour d'autres êtres que pour nous. Pas d'immortalité de lame individuelle, pas de survivance de la personne, puisqu'il n'y a rien de tel actuellement dans notre monde et que d'ailleurs si on admettait l'immortalité pour les hommes, il faudrait l'admettre pour les bètes et les plantes-. Pas de séparation entre la matière et l'esprit : Duhring prend ces deux termes au sérieux, l'un aussi bien que l'autre, et leur accorde la môme réalité, — bien qu'il attribue plus de valeur à la pensée, comme aussi il accorde plus de valeur à la pensée consciente qu'à la pensée inconsciente ou subconsciente '^

Bref, Diihring ne veut pas consentir à établir plusieurs plans dans la réalité. Il met tout sur le même plan. Mais il faut remarquer qu'il maintient nettement les dilïérences spécifiques entre les choses et les êtres. Ainsi il n'admet pas l'existence de l'àme telle que l'afiirme le spiritualisme ' : mais il fait uue distinction entre les forces mécaniques qui produisent tels mouvements et la force qui produit la pensée, (|uoiquil ne semble pas faire plus de différence entre la force (jui produit la pensée et la force de la pesanteur, par exemple, qu'entre la force de la pesanteur et celle tie l'électricité. Toutes ces forces se trouvaient eusemble, mais distinctes, dans l'état primordial et eu sont sorties : toutes, ensemble, mais distinctes, collaboreront à l'état futur et y subsistenmt. Et si, pour Diihring, l'état primordial est celui de la « matière identi<|ue à elle-même», il faut enregistrer le commentaire dont lui-même accompagne ces expressions qui ne sont peut-être pas très heureuses : « La vie j)eut sans doute émerger extérieurement d'un milieu non vivant ; mais j)ourtant elle doit tou-

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