Ibid.. p. ;jb7-3;.s
l. Cf Sache. Leben und Feinde, j). 353, 3oo.
LE FINITISME DE DUHIUNG 117
jours procéder d'un principe qui déjà auparavant était vie et qui u"était pas le même que la commune matière ou la commune force... La matière enferme, contient tout eu soi, mais, qu'on le remarque bien, la matière totale, non pas cette partieci ou cette partie-là de la matière. Là donc où nous trouvons les éléments matériels ordinaires eu dehors des plantes et des animaux, ce serait sanctionner la foi aux enchantements et aux sorcières que d'attendre de ces éléments à eux seuls l'origine de la vie» K
Dtihriug ne fait donc pas provenir la vie ni la pensée de la matière pure entendue au sens où les matérialistes prennent ce terme.
Ce qu'on peut lui reprocher, c'est d'avoir attribué la même espèce de réalité à la matière pure qu'à la pensée et à la vfé. Mais Renouvier ne procédait-il pas d'une manière un peu analogue quand il mettait l'espace sur le même pied que le temps, et voyait dans l'un une catégorie aussi universelle que dans l'autre ?
Ce qu'on peut reprocher à Dûhring, c'est de n'avoir peutêtre pas suffisamment profité des analyses pénétrantes de la philosophie moderne depuis Descartes à travers Berkeley, Hume, Leibniz, Kant, qui, quoi qu'il en dise, rendent difficile aujourd'hui d'accorder à la matière une existence indépendante de l'esprit, et, tout en la surbordonnant à l'esprit au point de vue de la valeur (subordination qui n'est que de degré dans une même échelle), de la lui coordonner au point de vue de l'existence.
Un point sur lequel Diihring paraît plus net et plus conséquent dans sou fmitisme que Renouvier. c'est la question du premier commencement. Renouvier a été et est resté hésitant dans cette question des origines initiales. Tantôt il a posé hardiment comme uu dogme positif, déclaratif, le premier commencement de toutes les choses et de tous les êtres, y compris Dieu : Dieu a commencé. Tantôt il a posé le premier commencement comme une limite- atteinte par la pensée,'