‹ L'Année philosophique (volume 3)Chapitre 58 sur 73 · lùid., p · texte numérisé non relu

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2. Diihiing reconnaît que réternité de la répétition de la vie actuelle uu d'une vie semblable n'est pas logiquenient inconcevable. (5/^f(7>p. Leben iind Feinde, p. 3.o4.)

science suprême, décidée à promouvoir le bien dans le monde et à le conduire à un état de perfection et de bonheur, ne serait pas de trop pour donner une assiette solide à ce vague et incertain optimisme. Décidément le postulat kantien d'un Dieu garant de la réalisation du souverain bien ne se montre pas si inutile que le croit Dûhring.

Mais d'autres fois je ne vois plus bien ce que la pensée de l'état primitif et de l'état futur viennent faire dans l'optimisme de Dûhring. Car il lui arrive de soutenir' qu'à chaque instant il y a en fait une compensation pour tout le mal que nous apercevons dans le monde. Nous pouvons ne pas voir cette compensation, mais elle existe et a toujours existé. L'état futur ne sera pas meilleur en ce qu'il réalisera une compensation qui n'existerait pas encore ohjoctiteiiient, mais simplement en ce qu'il fera connaître snhjccùrement aux hommes qui souffrent cette compensation qui existe déjà en soi. Et, pour expliquer l'existence objective de cette compensation, Dûhring a recours à une conception mystique de l'unité de l'être qu'il expose parfois en des termes voisins des expressions substantialistes de penseurs tels que Secrétan-. Seulement si d'ores et déjà tout est bien, si la seule chose qui nous manque, c'est de le constater et de le voir, je ne saisis pas comment nous éviterons de retomber dans l'optimisme de Leibniz, contre lequel Dûhring avait pourtant su gré à Schopenhauer d'avoir réagi.

Nous aurions atteint notre but si, par l'exposé, si insuffisant soit-il, qui précède et que nous reprendrons peut-être un jour, nous avions produit dans l'esprit des lecteurs cette conviction que la philosophie de Dûhring mérite d'être étudiée de près. Intéressante et suggestive, elle lest, à coup sur, et à bien des titres : soit à cause de la forte et curieuse personnalité qui s'y révèle, soit à cause des vues originales qu'on y rencontre, soit à cause de ses ressemblances et de ses dilTéreuces avec le uéo-criticisme français, soit enfin parce qu'elle montre la nécessité de corriger et d(^ préciser sur certains points le Renouviérisme orthodoxe — comme Schopenhauer montre à sa façon la nécessité df reviser certaines doctrines de Kant. Hk.mu Bois.

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