Eth.,\, prop. IV, t. I, p
4. C'est-à-dire en tant qu'il ne devient pas, comme cela arrive parfois, un synonyme exotérique de Pensée.
clairement et distinctement comme réel existe réellement hors de lui ; la vérité de l'idée, même si elle est telle par des propriétés intrinsèques S a cependant pour corrélatif l'être en soi de la chose. Dès lors ce que l'intellect perçoit de la substance comme constituant son essence est réel dans la substance même. La thèse d'Erdmann méconnaît donc à tort le caractère réaliste de la doctrine de Spinoza; en revanche, elle met très justement en lumière le rapport qu'a la notion d'attribut aux exigences rationnelles de l'entendement : les attributs font que Dieu n'a pas seulement une puissance absolument infinie d'exister et de produire, mais avant tout une intelligibilité absolue, qui est la source même de cette puissance.
C'est cette signification essentielle des attributs qu'a négligée Kuno Fischer lorsque, par opposition à la thèse d'Erdmann, il a soutenu que les attributs sont des puissances par lesquelles se manifeste la causalité de la substance divine-. Si l'on ne veut pas, dit Kuno Fischer, faire des attributs autant de substances les unes eu dehors des autres, ou, d'autre part, de simples expressions pour l'entendement, il ne reste qu'à les tenir pour des forces qui manifestent en tout sens l'infini pouvoir de production qu'à Dieu. De fait, dans le Premier Dialogue^, et même dans d'autres passages du Coa?-t Traité \ Spinoza emploie le mot « force » pour désigner l'étendue ou la pensée. Même dans les Lettres et dans Y Ethique, où la conception de l'attribut est définitivement fixée, ce mot reparaît çà et là, comme pour bien marquer le sens attaché par Spinoza à l'att^ibut^
Tout en prétendant à bon droit que les attributs sont réels, Kuno Fischer n'est pourtant pas fondé à les définir en euxmêmes comme des forces^ Pour Spinoza, dès le début, les
i.Elh., Il, Def. IV, p. 77.
2. Geschichte der neuern Philosophie, Bd. 2, o» édil., 1909, p. 387-392.